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Ciné-Collection - 03, 04 et 05 septembre 2010

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Marathon man. (U.S.A)

Réalisation : John SCHLESINGER
USA – 2h05 – Sorti en 1976.
Scénariste : William Goldman

Acteurs: Dustin Hoffman, Laurence Olivier, Roy Scheider, William Devane, Marthe Keller etc.
Genre : thriller.

Scénario : Traumatisé par la chasse aux sorcières qui eut raison de son père dans les années 50, Thomas Babington Levy - alias Babe - est un jeune étudiant juif new-yorkais, solitaire introverti qui oublie les blessures du passé dans les études et la course à pied. A force d’acharnement, il convainc une jeune universitaire suisse dont il est tombé amoureux de partager sa vie. Leur idylle est le début d’une longue et douloureuse descente aux enfers qui verra Babe croiser un frère aux mystérieux desseins, un tortionnaire nazi, d’obscurs agents secrets américains et le vent nauséabond de l’Histoire …

John SCHLESINGER : réalisateur, scénariste, producteur, comédien, né le 16 février 1926 à Londres et décédé le 25 juillet 2003. Il a acquis la célébrité pour son film Macadam Cowboy (1969), avec Jon Voight et Dustin Hoffman, qui lui a valu les Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation.


Parmi sa filmographie, on retiendra aussi des films tels que Un dimanche comme les autres (1971), Marathon man (1976), Yanks (1979), Les Envoûtés (1987) et Madame Sousatzka (1988). Plus récemment, il nous a livré Fenêtre sur Pacifique (1990), Au-delà des lois (1996) et Un couple presque parfait (2000) mettant en scène la chanteuse Madonna et Rupert Everett.

Marathon man, le thriller qui a terrifié le monde…

Au début des années soixante, John Schlesinger est l’un des jeunes gens en colère du cinéma anglais, une des figures du "free cinema", l’équivalent de la "nouvelle vague" française. Ce mouvement, qui réunit des réalisateurs comme Lindsay Anderson, Karl Reisz et Tony Richardson, défend un cinéma engagé présentant avec une force quasi documentaire la vie quotidienne anglaise. Grâce à trois films, Billy Le Menteur (où il révèle Julie Christie), Darling, portrait désabusé d’une jeune bourgeoise anglaise (un rôle qui vaut à Julie Christie une nomination aux Oscars) et Far From The Madding Crowd, John Schlesinger est happé par Hollywood, depuis toujours assoiffé de jeunes talents anglais. Il tourne alors Macadam Cow-boy, l’histoire saisissante de deux paumés perdus sur le trottoir new-yorkais, qui révèle Jon Voight, mythifie Dustin Hoffman et remporte au passage l’Oscar du meilleur film.

Mais Schlesinger, malgré ce premier triomphe, veut s’attaquer à un genre qu’il considère comme authentiquement américain et y apporter sa touche : le thriller. Il attendra 1975 pour se lancer dans l’adaptation de Marathon Man, le roman de William Goldman, et c’est avec lui qu’il construira un thriller en forme de puzzle dont les pièces éparses s’assembleront progressivement. Pour le rôle de Babe Levy, il choisit Dustin Hoffman (qu’il surnomme son "porte-bonheur" depuis Macadam Cow-boy) et l’oppose au géant Laurence Olivier qui refusera d’abord le rôle de Christian Szell, craignant la réaction des Anglais en le voyant dans la peau d’un ancien criminel nazi. C’est pour cette même raison qu’il avait refusé en 1976 le rôle de Don Corleone dans Le Parrain ! Face à eux, Marthe Keller fera ici ses débuts américains. Dans la mise en scène, Schlesinger multipliera les clins d’œil à deux de ses maîtres : Hitchcock, mais aussi Stanley Donen "chorégraphiant" certains plans comme l’aurait fait ce maître de la comédie musicale.

[ D'après Commeaucinema.com]


« Mieux vaut avoir le coeur solide comme Babe, car le suspense, savamment entretenu, est constant. Au début, les faits sont obscurs, s'enchaînent très vite, sans liens apparents. A l'instar de Babe, innocent béat auquel on s'identifie, on a du mal à piger ce qui se trame. Puis, le puzzle prend forme et un sentiment de terreur grandit à mesure que l'ombre du nazisme s'installe. John Schlesinger fait preuve d'une grande efficacité dramatique en misant sur le réalisme des situations et des décors, propices à la parano. Il filme New York comme une ville tentaculaire où tout peut arriver, même l'impensable. A l'image de cette scène terrible où l'ancien criminel nazi qui sillonne le quartier des diamantaires est soudainement reconnu par l'une de ses victimes. Traumatisant. »
Jacques Morice, Télérama - samedi 25 octobre 2008