Une journée particulière – Canada, Italie –
Titre original : Una Giornata Particolare Sorti en 1977 -1h45 -
Réalisation : Ettore SCOLA
Acteurs : Sophia Loren, Marcello Matroianni, John Vernon, Françoise Berd, Patrizia Basso, Tiziano de Persio, Maurizio di Paolantonio, Antonio Garibaldi, Vittorio Guerrieri, Alessandra Mussolini, Nicole Magny, etc. Genre : comédie dramatique.
Le 8 mai 1938, venu en visite officielle, le Führer rencontre le Duce. Et toutes les maisons de Rome se vident pour assister à la parade. Malgré son admiration pour Mussolini, Antonietta est contrainte, afin de vaquer aux occupations ménagères que lui imposent la présence de son mari et celle de ses six enfants de rester seule dans son immeuble. Seule ou presque : en bas, la concierge écoute la radio qui diffuse l'événement, et en face, un homme est assis à sa table. C'est chez lui qu'Antonietta sonne, confuse, à la recherche de son oiseau qui s'est échappé…Ettore Scola : Après une enfance paisible dans son village natal, Ettore Scola s'installe à Rome peu après la Seconde Guerre mondiale pour y faire des études de droit. Mais l'Italien préfère l'écriture aux textes de loi. A partir des années 1950, Scola devient scénariste, tout en conservant son activité d'illustrateur. En 1964, Scola devient réalisateur, son premier film 'Parlons femmes' rencontre une bonne critique. 'Drame de la jalousie', 'Nous nous sommes tant aimés', 'Une journée particulière'. Le succès est grandissant, et ce jusqu'à la fin des années 1970. Marcello Mastroianni ou Sophia Loren sont deux illustres exemples d'acteurs qui ont joué sous la direction de Scola. Ses films pénètrent des thèmes très variés. Inspiré de Rossellini ou Fellini, Scola dépeint les faits sociaux et populaires en y ajoutant des questionnements politiques, humains, profonds. 'Le Roman d'un jeune homme pauvre' en 1995 reçoit un Lion d'or au festival de Venise. En 2003, son dernier film 'Gente di Roma' traite de l'évolution de la capitale italienne, très chère aux yeux du réalisateur. [Evene.fr]
Une journée particulière n'a pas pris une ride sous le fard de sa magnifique et indémodable couleur sépia. «Le thème de la solitude dont il traite est éternel" selon le réalisateur ; "il dépasse la période fasciste… On vit toujours plus ou moins dans des régimes totalitaires qui décident de la mentalité générale. Les homosexuels ont toujours sur eux ces regards suspicieux. Quant à la femme, elle a, bien sûr, beaucoup gagné en liberté depuis la guerre mais ses droits ne sont pas encore les mêmes que ceux des hommes.»
Ettore Scola est un homme désabusé mais sauvé par sa faculté de voir derrière toute situation dramatique la part de bouffonnerie. «Je suis incapable de faire des choses purement tragiques ; je verse inlassablement du côté tendrement amusant», dit-il … Ses films les plus graves sont toujours emplis d'ironie malicieuse.-«Vous savez, j'ai commencé à écrire dans des journaux satiriques. La comédie italienne est la fille du néoréalisme. Elle raconte l'Italie, c'est-à-dire qu'elle raconte un pays contradictoire, un pays à la fois tragique et clownesque.»
Le réalisateur d'Affreux, sales et méchants n'a plus tourné depuis un documentaire, Gente di Roma, sorti en 2004. Il se refuse désormais de passer derrière la caméra tant que Berlusconi sera aux manettes de son pays.
Quand on lui dit que le président du Conseil vaut bien une comédie, il répond que cette image pathétique du héros politique «est une tragédie sans espoir» et il se met à rire en toussant. Tout Scola est là : un rire dans la nuitla nuit. «Pour le moment, la situation est sans issue, poursuit-il, car plus de la moitié des Italiens admire cette façon vulgaire de se comporter, aime cet esprit malin, ce côté fourbe, cynique, et toutes ces belles femmes, etc.»
Scola s'est réfugié dans les livres, a abandonné son projet de film avec Depardieu. «J'écris des essais, je lis beaucoup, je suis devenu une sorte de lecteur professionnel…». Une sorte de sage héroïque.
(D’après une interview du Figaro datée du 26 juin 2009).
Quand on lui dit que le président du Conseil vaut bien une comédie, il répond que cette image pathétique du héros politique «est une tragédie sans espoir» et il se met à rire en toussant. Tout Scola est là : un rire dans la nuitla nuit. «Pour le moment, la situation est sans issue, poursuit-il, car plus de la moitié des Italiens admire cette façon vulgaire de se comporter, aime cet esprit malin, ce côté fourbe, cynique, et toutes ces belles femmes, etc.»
Scola s'est réfugié dans les livres, a abandonné son projet de film avec Depardieu. «J'écris des essais, je lis beaucoup, je suis devenu une sorte de lecteur professionnel…». Une sorte de sage héroïque.
(D’après une interview du Figaro datée du 26 juin 2009).









