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Ciné-Collection - les 31 mars, 1er, 2 et 3 avril 2011

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Réalisation : Louis Malle  -  1h50 – Sorti en 1963
Scénario, dialogues : Louis Malle. Inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu La Rochelle et de la vie de Jacques Rigaut 
Musique : Erik Satie
Acteurs: Maurice Ronet , Léna Skerla, Yvonne Clech, Bernard Noël, Alain Mottet, Jeanne Moreau, etc.
Genre : drame
Récompenses : Prix spécial du Jury à Venise

Scénario : Alain Leroy a quitté New York pour subir une cure de désintoxication alcoolique dans une clinique de Versailles. Sa femme, Dorothy, est restée aux États-Unis. Son traitement vient de s'achever. Il est guéri mais éprouve un profond dégoût face à la vie qui ne lui procure plus aucun des plaisirs d'antan.
Il rencontre Lydia, une très jolie femme, amie de sa femme Dorothy, qui souhaite le sauver. Mais Alain ne peut l'écouter et, après un ultime rendez-vous amoureux, la quitte. Il va vivre ses dernières quarante-huit heures. Il décide de se suicider. Avant, il va à la banque toucher un chèque remis pas Lydia puis décide de retourner à Paris pour revoir une dernière fois ses anciens compagnons de débauche. Chacune de ses rencontres est pour lui une nouvelle déception qui le renforce un peu plus dans sa volonté de mourir.

Jacques Rigaut : 

Ecrivain dadaïste français né en 1898 et mort suicidé en 1929. Le dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques.

Malgré la Première Guerre mondiale, il connut une rapide propagation internationale.
Ce mouvement a mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions, le rejet de la raison et de la logique, l'extravagance, la dérision et l'humour. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé comme celles du présent qui perduraient. Ils recherchaient la plus grande liberté de créativité, pour laquelle ils utilisèrent tous les matériaux et formes disponibles. Ils recherchaient également cette liberté dans le langage, qu'ils aimaient lyrique et hétéroclite.

Critiques :  

"Le Feu Follet est le premier film à me satisfaire totalement" Louis Malle

« C'est déjà un cinéaste renommé, qui va signer son 5eme film. Pourtant, en 1962, il est au creux de la vague et deux de ses amis (dont Roger Nimier, le scénariste d'Ascenseur pour l'échafaud) meurent brutalement. Le réalisateur de Zazie dans le métro vient d'avoir trente ans et la pilule ne passe pas : le cinéaste voit arriver l'âge adulte avec angoisse et désillusion "ce qui est beau, ce qui est grave, c'est la jeunesse [...] de la jeunesse à la mort, on ne fait que se dégrader, on devient quelque chose de dégoûtant".
Pour Drieu la Rochelle, le suicide est "l'acte de ceux qui n'ont pu en accomplir d'autres" ('Le feu follet'). Dans le film, Alain se lance ce défi de la mort, seule et unique chose qu'il peut encore accomplir avec succès, après une vie ratée, brûlée. Le suicide efface les défauts, comble les lacunes. Il rachète jusqu'au manque de talent. Pour l'auteur du livre, le suicide est l'acte noble par excellence : "la dernière noblesse qui me reste est de disparaître", ce que réfute totalement Malle. Drieu cherchait la solitude, Malle à la fuir. Ce thème traité du rapport à la mort, à la vie, a pour certains un lien avec un long séjour de Louis Malle en Inde.
Le roman de Drieu La Rochelle, si intime, s'impose alors violemment à lui. Et ce sera la première fois qu'une œuvre de cet auteur sulfureux (qui se suicidera également, mais pour des raisons plus politiques) sera adapté au cinéma. Louis Malle signe là une adaptation exemplaire en suivant au plus près les sinuosités du chef d'œuvre de Drieu La Rochelle. » Wikipedia

« Ayant plannifié son suicide, un jeune dandy fait une introspection sur sa vie pour, en quelque sorte, justifier son acte. Si Le Feu Follet est un film profondément déprimant, il est remarquable dans sa forme car Louis Malle parvient à donner une grande puissance à ses images sans utiliser aucun artifice, seulement en jouant avec les éclairages, les décors, les gros plans. A noter aussi, une merveilleuse utilisation de la musique d’Erik Satie. » LeMonde.fr

Louis Malle :
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Cinéaste français, né à Thumeries dans le Nord en 1932, Louis Malle est issu d'une grande famille d'industriels du sucre. Il grandit dans le milieu de la grande bourgeoisie et traverse l'Occupation dans différents internats catholiques. Dès l'âge de 14 ans, il s'initie à la réalisation avec la caméra 8mm de son père. Il pense étudier les sciences politiques à l'Université de Paris, mais c'est à ce moment que se décide sa carrière de cinéaste. Il s'inscrit donc à l'IDHEC.

Jacques-Yves Cousteau recherche alors un assistant pour réaliser un documentaire sur les fonds marins; il choisit Malle. Plusieurs mois de travail sur la Calypso aboutissent au Monde du Silence (1955), récompensé par la Palme d'or à Cannes (premier film documentaire à en être lauréat et encore aujourd'hui le seul avec Fahrenheit 9/11 de Michael Moore).
Il réalise son premier long métrage de fiction à 25 ans, Ascenseur pour l'échafaud (1957), histoire d'assassinat avec Jeanne Moreau et Maurice Ronet qui joue sur les codes du film noir et remet en cause la dramaturgie du cinéma classique. La bande originale est réalisée par Miles Davis. Elle montre l'intérêt de Malle pour le jazz[]. Dans Les Amants (toujours avec Jeanne Moreau), il s'attaque à l'hypocrisie de la société bourgeoise à travers le récit d'une relation adultère. Suit l'adaptation légère, ludique et enthousiaste d'un roman de Raymond Queneau, Zazie dans le métro (1960).
Dans Lacombe Lucien (1974) il décrit la lente progression d'un jeune homme désœuvré dans la collaboration après qu'il a tenté d'intégrer sans succès la Résistance. Malle ne porte aucun jugement, et montre un individu dont l'engagement est essentiellement dû au hasard des circonstances. Même si une partie de la critique salue le film comme un chef d'œuvre, une autre partie accuse alors le réalisateur de tous les maux…

Cette polémique le décide à s'expatrier aux États-Unis. Il tourne entre autres à La Nouvelle-Orléans un drame sur la prostitution infantile, La Petite, avec la jeune Brooke Shields puis part à Hollywood pour réaliser Atlantic City (1980), avec Burt Lancaster et Susan Sarandon, film qui raconte les mésaventures d'un truand à la retraite et de sa voisine dans la ville des casinos de la Côte Est.

Lorsqu'il revient en France en 1987 c'est pour s'attacher au thème qui l'avait fait partir : l'occupation. Ce sera alors la consécration de sa carrière avec Au revoir les enfants : dans un collège catholique sous l'occupation, un garçon issu de la bourgeoisie découvre qu'un de ses camarades est juif. Une amitié se construit entre les deux mais ne pourra pas empêcher une fin tragique.
Dans ce film, Louis Malle montre ce dont il se souvient de la guerre. L'histoire est en partie autobiographique, il a été témoin d'une situation similaire lors de son enfance… Il dira d'ailleurs que ce thème le hantait depuis toujours et que c'est cette histoire tragique qui l'avait amené au cinéma.
Cette œuvre, considérée comme la plus personnelle de sa carrière, reçoit un triomphe critique et public puis obtient plusieurs récompenses en 1987 : le Lion d'or à Venise, le Prix Louis-Delluc et sept Césars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Suivront la comédie Milou en mai puis Fatale et enfin l'adaptation de la pièce d'Anton Tchekhov Vanya, 42e rue (1994).
Il meurt le 23 novembre 1995 à Los Angeles.