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Ciné-Collection - les 29 et 30 avril - le 1er mai 2011


Film de Terrence MALICK (1h35). Produit en 1979
Avec : Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, etc.
Genre : drame, romance.
Version originale sous-titrée

1916, près de Chicago. Bill doit fuir l'usine où il a eu une altercation avec un contremaitre. Il prend la direction du Texas en compagnie de sa sœur Linda âgée d'une douzaine d'années et de sa petite amie Abby qu'il fait passer pour sa sœur aînée.

Au terme du voyage, le trio est engagé pour la durée de la moisson dans une grande ferme dont le jeune et riche propriétaire, Chuck, s'éprend d'Abby qu'il demande en mariage. Bill accepte, par calcul, une union dont il pense qu'elle sera de courte durée. En effet, il a surpris une conversation au cours de laquelle Chuck a appris de son médecin qu'il n'avait guère plus d'une année à vivre.

Le plan de Bill est simple : Abby épouse Chuck et en hérite un an plus tard. La jeune femme, tout en continuant à aimer, bien peu fraternellement, son prétendu frère, s'attache insensiblement à ce mari généreux et tendre dont la mort tarde d'ailleurs à se produire.

Le contremaitre de la ferme comprend le manège des jeunes gens que Chuck surprend un jour dans une étreinte sans équivoque. C'est en combattant une invasion de sauterelles que le fermier déclenche un gigantesque incendie à la faveur duquel il tente de se débarrasser de Bill. Linda, Abby et Bill s'enfuient. La police les rejoint et abat le jeune homme. Linda poursuit son chemin et Abby se prostitue.
Trente-deux ans après sa sortie au cinéma, les moissons du ciel, deuxième film de Terrence Malick, fait son retour dans les salles obscures. Quelle joie ! C’est un tel plaisir de redécouvrir ce film, dans une version numérisée. 
 
Malick nous y livre une démonstration de son génie. Des images d’un Texas d’un autre temps, dont les immenses étendues de blé jouxtent un ciel magnifiquement dégagé, aux plans dignes de microcosmos, il régale nos sens. Il filme avec talent un incendie merveilleux d’intensité, les paysages toujours plus divers d’une Amérique encore sauvage et les débuts du machinisme. Une bande-son sans reproche complète cette succession de tableaux. Nous comprenons d’ailleurs l’oscar 1978 de la meilleure photographie.
L’histoire sert de prétexte à cette démonstration. Les quatre personnages, coupés du monde, profitent pour quelque temps d’insouciance de ce petit coin de paradis. Et nous n’avons qu’une envie : les retrouver, et vivre avec eux ces « days of heaven ». Richard Gere, encore brun, Sam Shepard et Brooke Adams constituent un casting parfait, tout comme la Jeune Linda Manz.
C’est une vision pessimiste de l’American dream que nous offre Malick, qui décrit également le désespoir d’un homme bafoué, servie par des images à véritablement couper le soufflé.
Si l’on peut se demander la raison pour laquelle Bill fait passer Abby pour sa soeur, l’ensemble n’en demeure pas moins un pur, et incontestable, bonheur. Attention : chef-d'œuvre ! [d'après nord-cinema.com]

Terrence Malick
Parmi les légendes vivantes du cinéma américain, s'il en est une qui conjugue parfaitement talent et singularité, c'est bien Terrence Malick. Sa volonté de contrôler son image, comme son perfectionnisme dans la réalisation, frôlent l'obsession, et la vie du maître reste très mystérieuse. Une enfance passée entre les champs de blé et les puits de pétrole du Texas, à côtoyer agriculteurs et travailleurs saisonniers lui donne le goût des grands espaces : un thème récurrent dans son oeuvre. Après de brillantes études à Harvard, il débute comme journaliste chez 'Life' puis au 'New Yorker', avant d'entrer à l'American Film Institut. A 28 ans, Terrence Malick se lance dans la réalisation. Son premier film, 'La Balade sauvage' sort en 1974. Inspiré d'une histoire vraie, le film retrace l'équipée sanglante de deux adolescents, amoureux envers et contre tous. Il est récompensé par le prix du Meilleur film au Festival de San Sebastian. Quatre ans plus tard, sort 'Les Moissons du ciel', une ode à la nature qui révèle Richard Gere et permet à Malick d'obtenir le prix du Meilleur réalisateur à Cannes. Suivent vingt ans pendant lesquels le cinéaste se fait presque oublier. Il revient en 1999 avec l'extatique 'La Ligne rouge', un film sur la bataille de Guadalcanal. Au générique, une pléiade d'acteurs tels que Sean Penn, George Clooney, Adrien Brody, Nick Nolte, John Travolta et Jim Caviezel. Il faut attendre 2006 pour retrouver Terrence Malick avec la fresque historique 'Le Nouveau Monde'. 'The Tree of life', film ambitieux avec Sean Penn et Brad Pitt, se fait attendre plusieurs années. Après un faux bond en 2010 car encore incomplet, le film est en compétition au 64e festival de Cannes en 2011. [evene.fr]