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Ciné-Collection - les 20 et 21 mai 2011


Les monstres. (France, Italie) – Produit en 1963


Film de Dino RISI (1h55)
Avec : Ugo Tognazzi, Marino Mase, Vittorio Gassman, etc.
Genre : comédie.
Cycle CINÉ-COLLECTION

Dix-neuf sketches, souvent féroces, sur les petites bassesses de tous les jours interprétés avec vigueur par Vittorio Gassman et Hugo Tognazzi.

« Dino Risi réalise avec Les Monstres un autre chef d’œuvre de la comédie à l’italienne. Le film dresse une satire mordante de la société italienne. Il s’agit certainement d’un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma. » Critikat.com « Un grand film italien dans le style de la comédie, dirigé par l'un des maîtres de ce cinéma : Dino Risi...Une armée de bons comédiens et la beauté de Michèle Mercier. Que du bonheur ! Sourire et rire au programme pour un long métrage qui est entré en Panthéon du 7ème art. » Première.fr « N'a pas perdu une ride de sa férocité sociale, épinglant en une quinzaine de sketchs les petites veuleries et grandes trahisons du quotidien. » Libération


Les Monstres     Italie  1963   
115 minutes    noir et blanc

  • Réalisation: Dino Risi
  • Scénario: Gino Valentino e Ertamino Giovane
  • Musique : Armando Trovajoli
  • Image: Alfio Contini
  • Décors: Arrigo Breschi
L’année suivant le sublime Fanfaron (1962), immense succès au box-office, Dino Risi réalise avec Les Monstres un autre chef d’œuvre de la comédie à l’italienne. Film à sketches mettant en scène un Ugo Tognazzi et un Vittorio Gassman éblouissants, Les Monstres dresse une satire mordante de la société italienne. Il s’agit certainement d’un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma.

Les Monstres est sans aucun doute une des plus belles satires de la société italienne, croquée en une vingtaine de sketches avec un sens du détail et une maîtrise de la pointe assassine rarement égalée. Rien n’échappe à l’œil lucide et démystificateur de Dino Risi, et l’utilisation fréquente du zoom apparaît comme une signature, indiquant la présence de cet œil traquant la réalité sous le jeu des apparences, perçant le mensonge dans les détails. Qui sont ces « monstres » épinglés par le cinéaste ? De petits monstres, des monstres du quotidien, ceux que l’on rencontre dans la vie de tous les jours… et, pourquoi pas, nous-mêmes… Ni Berlusconi, ni Bossi, que Dino Risi aurait aimé, pourtant, passer sous la lame de son ironie dévastatrice. La politique, la religion, le cinéma, le foot, l’éducation, tout y passe, dans ce florilège des travers de la société italienne. De fait, c’est bien l’Italie et les Italiens qui sont ici sous le regard tendre et impitoyable de Dino Risi : les réalisateurs des meilleures comédies à l’italienne ont toujours su saisir avec acuité les vices et les qualités de leurs compatriotes, les spécificités du contexte socio-économique ou de la vie politique de l’Italie de l’après-guerre et du boom économique. Mais il y a toujours aussi un peu de l’humanité tout entière derrière le particulier ainsi mis en scène.

À partir d’un thème commun large – la monstruosité au quotidien, banale – le film joue la diversité avec virtuosité. Chaque sketch possède son rythme propre, fait éclater le comique en un bref tableau ou laisse à l’ironie le temps d’éclore dans un scénario plus développé. Selon les besoins de l’effet comique, la mise en scène joue sur le hors-champ pour préserver l’élément comique le plus longtemps possible, ou sur le zoom pour nous le projeter sous les yeux. La longueur des plans sert parfaitement le comique : Dino Risi tire ainsi remarquablement parti du plan séquence dans « La Victime ». Que Gassman et Tognazzi se donnent la réplique ou occupent l’espace seuls, le spectateur a sans cesse le sentiment que le sketch se crée sous ses yeux, dans un mouvement totalement libre et presque improvisé. L’on sait que Dino Risi travaillait très précisément ses scénarios avec ses collaborateurs (rien de moins, ici, que le tandem Age-Scarpelli, Eli Petri, Ettore Scola et Ruggero Maccari), mais il donnait aussi aux acteurs une réelle liberté de jeu qui, dans un film à sketches comme Les Monstres, est extrêmement féconde : l’émulation et la réelle amitié qui existaient entre Gassman et Tognazzi est sensible dans chaque sketch. À bien des égards, « Le Noble Art », dernier sketch du film, différent des autres, par sa tonalité et sa longueur, rend hommage à la complicité des deux acteurs. Dans les magnifiques derniers plans du film, Gassman, ancien boxeur retombé en enfance, s’extasie devant un cerf-volant manié par Tognazzi, désormais responsable de son ancien ami. Les deux acteurs, en plan général sur une plage déserte, semblent avoir lié leur destin.

Dino RISI

Fils de médecin, il commence une carrière de médecin psychiatre tout en s'adonnant à la critique cinématographique, ainsi qu'à l'écriture de nouvelles et de scénarios. C'est en 1940 que Dino Risi effectue ses premiers pas dans le cinéma en tant qu'assistant de Mario Soldati pour le film Le Mariage de minuit et de Alberto Lattuada dans Giacomo l'idealista. À partir des années 1950, il devient l'un des grands réalisateurs de comédies à l'italienne. Son succès débute en 1957 avec la farce critique Pauvres mais beaux et confirme son talent en 1960 avec l'Homme aux cent visages où débute un de ses acteurs fétiches: Vittorio Gassmann qui dans Parfum de femme obtient le prix d'interprétation masculine au festival de Cannes de 1975. Ses autres acteurs préférés sont Nino Manfredi, Ugo Tognazzi, Alberto Sordi et Marcello Mastroianni. Il excelle dans le film à sketches comme la série Les Monstres, mais aussi dans les drames (Le Fanfaron) ou Fantôme d'amour avec Romy Schneider en 1981. Souvent nommé mais jamais récompensé au Festival de Cannes, ce dernier par reconnaissance, finit par organiser une rétrospective de quinze de ses films en 1993.En 2002, le cinéaste avait reçu un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière au Festival du film de Venise. Une ovation debout avait accompagné ce moment.Dino Risi est l'un des derniers monstres de l'âge d'or du cinéma italien. Travailleur infatigable, il a réalisé plus d'une cinquantaine de films.Il est le père de Marco Risi, lui aussi réalisateur de films.


* Boucle magnétique pour malentendants -- Salles climatisées