-.- Accès rapide aux rubriques -.-




________________________________________________________________________________________________________________
_

Cycle Ciné-Collection - les 30 septembre, 1 et 2 octobre 2011

--
A l’est d’Eden. (U.S.A)

Film de Elia KAZAN (1h55) - produit en 1955
Avec : James Dean, Julie Harris, Raymond Massey, etc.
Musique : Leonard Rosenman
Genre : drame.

D’après le roman éponyme de John Steinbeck publié en 1952
    Récompenses : 
    - Golden Globe 1956  du meilleur film dramatique 
    - Oscar du second rôle féminin pour la prestation de Jo Van Fleet en mère déchue.

    Synopsis : en 1917, à Salinas Valley, Cal Trask pense que son père ne l’aime pas et lui préfère son frère cadet Aaron. Les deux frères sont persuadés que leur mère est morte alors qu’ils n’étaient qu’enfants, mais un jour, Cal apprend que celle-ci est bien vivante et qu’elle est tenancière d’une maison close. Dès lors, les rapports familiaux deviennent de plus en plus tendus.


    Cette adaptation du roman de John Steinbeck est importante à plus d’un titre. Tout d’abord, l’adaptation a été réalisée par Elia Kazan, un des meilleurs réalisateurs des années 50, sortant tout juste des succès de Un tramway nommé Désir (1951), Viva Zapata (1952) et Sur les quais (1954) qui révélèrent le talent de Marlon Brando. Pour son adaptation, Kazan décide de s’entourer de jeunes acteurs inconnus du grand public. Il fait passer des essais à de nombreux comédiens prometteurs dont un certain Paul Newman. Pourtant, c’est un jeune homme peu sûr de lui qui obtient le rôle et qui, sans le savoir, entre dans la légende. Il s’agit de James Dean, acteur de théâtre prometteur, utilisant la méthode révolutionnaire de l’Actors Studio, tout comme Marlon Brando à qui on le compare alors. Véritable révélation du film, James Dean vole la quasi totalité des scènes à ses partenaires et impose d’emblée une présence incroyable et un don extraordinaire pour jouer des personnages d’écorchés vifs. Son interprétation de Cal est touchante car il réussit à faire ressentir les moindres doutes de ce jeune homme en manque d’amour paternel. La révolte du personnage est moins générationnelle - comme cela sera le cas dans La fureur de vivre (1955) - que personnelle. Le thème du vilain petit canard, gauche et mal aimé, en manque de reconnaissance, est ici évident, de même que la métaphore biblique liée à Caïn et Abel. Mais ce qui marque encore de nos jours, c’est l’incroyable modernité de l’ensemble. Les adolescents sont vus pour la première fois comme des êtres humains qui souffrent, les relations familiales sont complexes et difficiles, tandis que le personnage de la mère a le droit à un traitement particulièrement moderne et audacieux pour l’époque (femme d’affaire libérée des contraintes machistes et du mariage). Finalement, c’est l’émotion qui finit par l’emporter dans cette tragédie familiale lors de deux scènes mémorables : celle de l’anniversaire du père et la scène finale. Deux bonnes raisons de voir ou de revoir cette œuvre toujours magnifique, malgré le temps qui passe. [D’après àVoir àLire.com]


    Elia Kazan

    Elia Kazan est né à Istanbul en 1909 sous le nom Elia Kazanjoglous. Ce Grec d'origine émigre aux États-Unis en 1913. Il fait ses études à Yale avant de se consacrer à la mise en scène. En 1947, il participe à la création de l'Actor's Studio où Marlon Brando deviendra son acteur fétiche. L'adaptation d''Un tramway nommé désir ' constitue le fruit de cette collaboration. Ses premiers films dénoncent des injustices :'Le Mur invisible' évoque l'antisémitisme ou 'L’héritage de la chair', le racisme anti-noirs. Membre du Parti communiste américain, il est interrogé pendant la Chasse aux sorcières. Il dénonce alors d'anciens 'camarades'. Il n'aura de cesse de justifier cet acte de délation, notamment dans 'Viva Zapata !' (1952), et 'Sur les quais' (1954). L'ensemble de son œuvre, plus qu'une critique de 'l'american way of life', est une description désabusée des grands mythes américains. On peut retenir 'A l'est d'Eden' (1955) et 'Un homme dans la foule' (1957). Avec 'America, America' (1963), il signe son œuvre la plus personnelle, s'inspirant de sa propre expérience de jeune immigré. Il dénonce ensuite la guerre du Vietnam avec 'Les Visiteurs'. Il consacrera la fin de sa vie à la littérature avant de décéder à New-York en 2003.

    * Boucle magnétique pour malentendants -- Salles climatisées