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Cycle Ciné-collection - les 1, 2, 3 et 4 décembre 2011

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Film de Roman POLANSKI (2h16) –Produit en 1968 –
Avec : Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon, etc.
Genre : fantastique, drame, épouvante-horreur. 
Version originale sous-titrée

Synopsis : Un couple de jeunes mariés, Rosemary et Guy Woodhouse, un comédien, s'installe dans un vieil immeuble de New-York. Leur ami, Hutch, les a prévenus que cette maison a la réputation d'être maléfique. Les voisins du couple, extrêmement serviables,  provoquent cependant en Rosemary un certain malaise, tandis que Guy est subjugué. Terry, une jeune fille que Rosemary a prise en affection, se suicide en se jetant par une fenêtre. Après un cauchemar étrange, Rosemary s'aperçoit qu'elle est enceinte.

Sur les conseils de la voisine, elle consulte mais un médicament déclenche chez elle de terribles douleurs. Rosemary se dispute avec son mari, elle maigrit et son inquiétude devient de l'angoisse. Hutch, qui a dû être transporté d'urgence à l'hôpital, est mort en lui laissant un livre "Ils sont tous Sorciers" et un message : "Le nom est un anagramme". Rosemary tient la preuve qu'elle est le jouet de sorciers ... Elle va se réfugier dans la clinique du docteur Hill, puis revient à la maison où elle accouche d'un enfant mort. La nuit, Rosemary croit entendre les cris d'un nouveau-né provenant de l'appartement des voisins. Elle y pénètre, armée d'un couteau, et découvre un berceau. Regardant à l'intérieur, elle hurle de terreur à la vue du bébé qui s'y trouve. Puis Rosemary s'approche à nouveau pour chanter doucement une berceuse...

Critique : 
"Souvent citée parmi les œuvres les plus effrayantes de l’histoire du cinéma, Rosemary’s baby n’est pourtant pas un "choc" d’horreur et d’angoisse : nous sommes ici en présence d’un drame psychologique teinté de fantastique. Comme souvent chez Polanski, l’auteur installe son histoire et ses personnages doucement, calmement, prenant soin de ne jamais tomber dans la surenchère gore mais au contraire d’ancrer l’action dans un quotidien terriblement banal. À travers une mise en scène d’une sobriété exemplaire, et en distillant les indices comme autant de petites graines, Roman Polanski brouille les cartes : Rosemary est-elle vraiment possédée ou complètement parano ? Quelle est la part de vérité dans l’histoire ? En proie au doute, on s’identifie aisément à l’héroïne du film (Mia Farrow, mignonne comme un cœur) et l’on souffre à ses côtés. Rosemary’s baby est aussi une réflexion sur la parentalité et l’émancipation (hasard ou coïncidence, c’est seulement après avoir coupé ses cheveux façon garçon que Rosemary s’affirme pour de bon), portée par des acteurs au sommet de leur talent, notamment les "diaboliques" Ruth Gordon et Sidney Blackmer. La musique d’ouverture et de fermeture, berceuse douce et sordide à la fois, symbolise à elle seule cette œuvre fortement déconseillée aux futures mamans !

Un jeu d’acteurs parfait : John Cassavetes en mari, pas si idéal que ça, "au poil" et énigmatique, et des voisins sortis tout droit d’une autre planète, Minnie Castevet en tête (Ruth Gordon reçu d’ailleurs l’oscar pour ce rôle), entre sorcière diabolique et vamp sur-maquillée ! Enfin, Mia Farrow excelle, bien que son personnage angélique et nunuche au départ (qui évoluera de fort belle manière par la suite) puisse en énerver plus d’un… Une mise en scène virtuose : plans serrés et caméra qui bouge sans cesse, instaurant une tierce personne et un véritable malaise, certaines scènes étant particulièrement intenses (la poursuite dans l’ascenseur, la révélation au scrabble, la cabine téléphonique…). Rosemary’s baby s’apparente presque au huis clos parfait, où Polanski permet une double lecture permanente, entre cauchemar et réalité : "Ro" a-t-elle perdu la tête, ou est-elle véritablement sous l’emprise d’un complot ? Le cinéaste distille des indices ça et là -nous lançant sur une piste- pour ensuite nous en faire douter avec malice." [ingoruptibles.com]


Roman Polanski  
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Il est né en 1933 à Paris et vit son enfance en Pologne. Il entre en 1954 à l'Ecole nationale des hautes études cinématographiques et théâtrales de Lodz. Durant ses années il interprète des petits rôles dans des longs métrages et des pièces de théâtre.
Il débute sa carrière de cinéaste en réalisant quelques courts métrages. Sa première oeuvre pour le grand écran, Le Couteau dans l'eau (1962), observe l'évolution de trois personnages dans le huis-clos d'un bateau. Ce film lui vaut d'être nommé pour l'Oscar du meilleur film étranger. Le cinéaste, se sentant à l'étroit dans son pays, entreprend alors une carrière internationale. Il se rend d'abord en France, où il tourne le sketch Les Plus belles escroqueries du monde (1963), puis en Grande-Bretagne où il réalise Répulsion (1964) et Cul-de-sac (1965). Ces deux films traitent de l'enfermement, de la régression sexuelle et de l'échec. Le premier, brillamment servi par Catherine Deneuve, aborde la schizophrénie. Dans Le Bal des vampires (1967), une parodie du film d'épouvante, le réalisateur cultive son goût pour la bouffonnerie. Cette dérision ne l'empêche pas de dépeindre l'angoisse dans la plupart de ses films. Ses personnages sont souvent victimes de situations pénibles et inhabituelles. Le film le plus terrifiant du réalisateur, Rosemary's Baby (1968), voit Mia Farrow engrossée par le diable. En hommage au film noir de la grande époque, le cinéaste réalise ensuite Chinatown (1974), avec Jack Nicholson et Faye Dunaway. En 1978, il tourne Tess, une adaptation d'un livre de Thomas Hardy : Tess d'Uberville. Incarnée par Nastasia Kinski, Tess essaie d'échapper aux diverses formes de subordination auxquelles on tente de la soumettre dans l'Angleterre du XIXe siècle. L'angoisse est de nouveau au rendez-vous avec La Jeune fille et la mort (1994) où Sigourney Weaver séquestre un homme qui l'a torturée et violée. Dans l'esprit de Rosemary's Baby , La Neuvième porte (1998) laisse la part belle au fantastique. Il renoue avec le succès grâce à son film Le Pianiste (2002) qui remporte la palme d'or du festival de Cannes ainsi que sept Césars. Film qui évoque ses racines à travers l'occupation de la Pologne et le ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale. Il adapte en 2005 le roman de Charles Dickens "Oliver Twist".

Roman Polanski a joué dans de nombreux films, notamment dans Trois récits (Konrad Nalecki, 1953), Pokolenie (Andrzej Wajda, 1955), Lotna (Andrzej Wajda, 1959), Zezowate szczescie (Andrzej Munk, 1960), Les Innocents charmeurs (Andrzej Wajda, 1960). Il a produit certains de ses films : La Neuvième porte (1999), Le Pianiste (2000), il est également acteur et metteur en scène de théâtre.
[Extrait de : cinémathèque française]