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Cycle Ciné-Collection - les 28, 29 et 30 octobre 2011

 Film de Mario MONICELLI (1h51) – Produit en 1958 – 
Avec : Vittorio Gassman (Peppe il pantera), Claudia Cardinale (Carmelina), Renato Salvatori (Mario Angeletti), Memmo Carotenuto (Cosimo), Rosanna Rory (Norma), Carla Gravina (Nicoletta),  Carlo Pisacane (Capannelle).

Genre : comédie à l'italienne.

Scénario.

Une bande de petits délinquants se forme pour monter un hold-up : Peppe, boxeur amateur, Mario, vendeur de maïs grillé, Cosimo, gangster minable, Capannelle, ex-jokey, Feribotte, sicilien féru d'honneur, Tiberio, photographe de rue, Cruciani, crocheteur... par correspondance, Carmelina, soeur surveillée de Feribotte, Nicoletta, amoureuse de Peppe, Norma, pupille de religieuses, amoureuse volage de Cosimo...

Après avoir subi les leçons du "professeur" Cruciani, et minutieusement préparé leur coup, dans la banlieue miséreuse de Rome, la bande se dirige, avec quel équipement ! vers la maison voisine de celle où se trouve le fameux coffre-fort visé. Et l'on se met au travail, un travail dur, pénible, celui de percer un mur. Hélas ils ont mal calculé le coup, et au lieu de déboucher dans la salle du coffre, ils arrivent dans la cuisine pour y voler une marmite de spaghettis. Bref, Cosimo, le chef de bande, se fait arrêter par la police alors qu'il tente de dérober une voiture. Pour sortir de prison plus rapidement, il demande à ses complices extérieurs de lui trouver un "pigeon", quelqu'un qui prendra sa place derrière les barreaux. C'est Pepe, boxeur à la manque, qui se présente au directeur de la prison pour clamer sa culpabilité. Abusé par une ruse, Cosimo révèle à Pepe les détails de son prochain coup, infaillible, qu'il se réserve pour sa sortie. Mais Pepe sort plus tôt que prévu et organise le casse avec les complices de Cosimo...

Critique.

Reprise en avril 2011, cette comédie culte de la belle époque italienne est un mets de choix à déguster sans modération. Sorte de Touchez pas au grisbi transalpin, le film met en scène une fricassée d’italiens à la petite semaine dont le but est de remporter le pactole en organisant un menu fric-frac. Malheureusement, en bons amateurs indécrottables, le gang bigarré doit faire face à des embûches conséquentes, des conseillers maladroits et un anti-professionnalisme constant. Le pigeon en question est d’abord ce remplaçant de fortune que les Mario, Michele et consorts cherchent à tout prix à recruter pour sauver des geôles le malheureux Cosimo, pris plus tôt la main (et la manche) dans le sac. Ce sera le boxeur Peppe qui passera par cette case tandis que Cosimo, lui, y restera. Une infortune crasse que la suite du film ne fera qu’infirmer et que les minables gangsters, dans leurs humbles manigances, appelleront aussi.
Le Pigeon pose les bases de la comédie italienne. Derrière sa toile de fond populaire où se rencontrent des personnages gouailleurs et bons vivants, il distille un mélange d’humour pittoresque et de théâtralité débonnaire. Si le genre repose essentiellement sur des gueules d’acteurs prêt à toutes sortes de cabotinage, le film de Monicelli se démarque par son casting de choix. Ainsi, l’on pourra savourer la tchatche de Vittorio Gassman, être une fois encore séduit par la beauté généreuse de Claudia Cardinale (ou de Mastroianni) et goûter à un large choix de répliques savoureusement lancées. Des superpositions de voix canailles lorsque l’on se chamaille, aux bons mots (« Tu pourrais crier doucement ? », « La vie est comme une longue fleur qui ne s’ouvre qu’une fois ») jusqu’aux piteux préparatifs d’un casse que Woody Allen exportera dans un sketch fameux [Prends l’oseille et tire-toi], Le Pigeon fonctionne tout du long. Même les cartons (ironiques à souhait) seront contaminés par la fièvre drolatique de l’entreprise. Enfin, la réitération d’un idéal de braquage (« Faire les choses scientifiquement ») opposé dans les faits à des ustensiles de bazar, instruit sur les mécanismes du rire tendre et moqueur de la comédie à l’italienne. Toujours alimentées par d’improbables perturbations (la scène de la clé) qui enrayent continuellement la machine, les situations du Pigeon ne font qu’enregistrer le cadre précaire de ces existences en marge pour ensuite les embellir en un rire noble et franc. Romain Genissel [Critikat.com]


Mario MONICELLI

Fils d'un journaliste et critique de théâtre, il étudie l'histoire et la philosophie à l'université de Pise et de Milan. Il fait ses débuts comme critique en 1932 et en 1934, il co-réalise deux films "Il Cuore rivelatore" et "I ragazzi della via Paal". Il est ensuite l'assistant de différents réalisateurs (Gustav Machaty, Pietro Germi, Giacomo Gentilomo, Mario Camerini, Mario Bonnard, etc). En 1937, il réalise "Pioggia d'estate" (La Pluie d'été) sous le pseudonyme de Michele Badiek. De 1939 à 1949, il se consacre principalement à l'écriture de scénarios et au métier d'assistant-réalisateur. Il revient ensuite à la réalisation de petits films comiques, en collaboration avec Stefano Vanzina : ils réaliseront alors ensemble de nombreux films avec l'acteur Totò. 

À partir de 1953, il réalise sous son propre nom ses films tout en poursuivant son activité de scénariste. Il remporte deux bons succès comiques avec "Le Pigeon" et "La Grande Guerre". À la fin de l'année 1974, son ami Pietro Germi lui confie la réalisation de "Mes chers amis", étant lui-même en trop mauvaise santé pour participer au tournage. Le film remporte un grand succès en Italie et Monicelli reçoit son premier David Di Donatello de meilleur réalisateur.

Monicelle se suicide le 29 novembre 2010 en sautant par la fenêtre de sa chambre d'hôpital à Rome, où il était soigné pour un cancer. Il était âgé de 95 ans. (D'après Wikipédia)