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Cycle Ciné-collection - les 6, 7 et 8 janvier 2012

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Produit en 1970 – Film de Jerzy SKOLIMOWSKI (1h30)
Avec : Jane ASHER , John MOULDER-BROWN , Diana DORS , Michael VOGLER
Christopher SANDFORD , Louise MARTINI , Erica BEER , Anita LOCHNER , Anne-Marie KUSTER

Version originale sous-titrée

Synopsis :   Mike, jeune garçon de bains dans un vieil établissement de la banlieue de Londres, est aux prises avec l'intéret "particulier" que lui portent certaines clientes. Il aime de son coté une jeune collègue, Suzan, qui est fiancée à un autre homme, ce que Mike supporte difficilement...

Critiques :
« Skolimowski trouve un équilibre miraculeux entre justesse psychologique et poésie visuelle, entre humour et tragédie. Il est tentant d’évoquer les précédentes activités du réalisateur (il a été boxeur, acteur, poète et peintre) pour expliquer l’énergie de sa mise en scène, la justesse de ses choix et de sa direction d’acteurs, son aisance à manier les symboles et les métaphores, tout comme sa maîtrise picturale, notamment dans l’utilisation des couleurs vives. Quarante ans après, le film n’a pas pris une ride. » Première
« Sous ses apparences de comédie outrancière ou de joyeux bizutage, Deep End dissimule un drame cruel de l’adolescence qui navigue entre thriller psychologique et tragédie romantique. Avec un sens ahurissant de la composition plastique, Jerzy Skolimowski suit la déambulation d’un garçon hanté par l’image d’un amour insaisissable. Cette oeuvre au ton instable est une plongée frénétique dans l’East End, négatif sinistre du Swinging London qui invoque les ambiances de Répulsion (Roman Polanski) ou de Blow-Up (Michelangelo Antonioni). Traversé par la musique des seventies, de la folk-pop de Cat Stevens au rock expérimental du Groupe Can, Deep End est l’un des films emblématiques du cinéma indépendant.. » Institutpolonais.fr


Swinging London est à l'origine un titre de Time magazine de 1966. Il fut utilisé par les journalistes américains pour expliquer pourquoi Londres était devenue la capitale de la culture pop et de la mode pour le monde entier. On se précipitait alors à Londres pour les boutiques, les clubs ou les galeries d'art. Soho et Carnaby Street où régnait Mary Quant, qui imposa la minijupe au monde entier, fixaient les tendances. La ville semblait aussi alors offrir la possibilité d'une société plus ouverte, comme on la rêvait alors. Les classes supérieures bohèmes fréquentaient les prolétaires embourgeoisés grâce à leurs succès artistiques : le coiffeur Vidal Sassoon ou le photographe David Bailey. Les grands mannequins vedettes d'alors comme Twiggy ou the Shrimp faisaient carrière à Londres.
La série "Chapeau melon et bottes de cuir" est caractéristique de ce Swinging London ; Steed représente la classe supérieure décadente et Mme Peel, femme libérée, est artiste et a une origine sociale plus populaire. Les Beatles, James Bond (créé par Ian Fleming), les mods, sont caractéristiques de cette « Belle Époque » ou l'Angleterre pouvait enfin se lancer dans le consumérisme après des années de guerre et d'austérité.



Jerzy Skolimowski

Nationalité polonaise. Naissance en 1938
À peine sorti de l'université, il publie des recueils de nouvelles et de poèmes et écrit avec Andrzej Wajda le scénario des Innocents charmeurs (1959). Il se lie avec Roman Polanski et dirige un moyen métrage qu'il interprète : Boxer, et plusieurs courts métrages. Il s'impose internationalement avec son premier long métrage : Signe particulier : néant (Rysopis, 1964), dont il est aussi scénariste, décorateur, monteur et principal interprète.

Après la Barrière (Bariera, 1966) et le Départ (BEL, 1967), il entreprend une virulente satire : Haut les mains ! (Rece do gory), qui, interdite par les autorités, ne sera achevée et distribuée que près de quinze ans plus tard, et pour seulement quelques mois. À partir de 1968, il se partage entre la Grande-Bretagne et la Pologne et commence la plus cosmopolite des carrières : Dialog 20-40-60 (un sketch, TCH, 1968), les Aventures du brigadier Gérard (The Adventures of Gerard, GB-IT-SUI, 1970) d'après Conan Doyle, Deep End (id., ALL-US, id.), Roi, dame, valet (Herzbube / King, Queen, Knave, ALL-US, 1972), le Cri du sorcier (The Shout, GB, 1978), Travail au noir (Moonlighting, GB, 1982).

Au décousu délibéré des premiers films succède, dans cette seconde phase de sa carrière, une rigueur de plus en plus exigeante qui parvient à préserver, dans les meilleurs cas (Deep End, Travail au noir), l'illusion de l'improvisation tout en en élaguant les facilités. Errance ou désarroi de l'adolescence, plongée dans la folie, incapacité de communiquer, expatriation : le dénominateur commun des films majeurs de Skolimowski est bien l'isolement qui fait de l'homme, où qu'il soit, un étranger au monde. Mais si le réalisateur propose à sa manière métaphorique une vision à la fois fataliste et tragique de la société contemporaine, il le fait sur un ton très personnel, oscillant entre un pathétique et un comique toujours décalés, qui dément narquoisement l'ambition de ses intentions : commentaire évident de la situation polonaise contemporaine, Travail au noir est aussi un tableau incisivement drôle de la société anglaise en même temps qu'un autoportrait sans complaisance de Skolimowski lui-même, autoportrait qu'il tente de peaufiner, mais avec moins d'efficacité, dans le Succès à tout prix (Success Is the Best Revenge, 1984). En 1985, le cinéaste tourne un brillant huis clos maritime qui est aussi un suspense policier, proche des oeuvres de John Huston : le Bateau-phare (The Lightship) avec Robert Duvall et Klaus-Maria Brandauer. En 1991 il signe Ferdydurke. L'emploi restreint du dialogue, l'utilisation mesurée de la caméra subjective et un travail constant sur les correspondances chromatiques caractérisent formellement une oeuvre singulière et forte, toujours sur le point de basculer dans l'absurde surréel, profondément polonaise dans son apparent manque d'identité culturelle, qui pose sur le monde le regard de l'éternel étranger.