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Cycle Ciné-collection - les 1, 2, 3 et 4 mars

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Produit en 1945 – Film de David LEAN - (1h25) 
Titre original : Brief Encounter
Avec : Celia Johnson, Trevor Howard, Cyril Raymond, Stanley Holloway, Joyce Carey, Everley Gregg, etc. 
Genre : drame, romance.   
Grand prix au Festival de Cannes 1946.

Version originale sous-titrée

Synopsis
Laura Jesson, une femme mariée, se rend tous les jeudis à Milford, dans la banlieue londonienne, pour effectuer quelques achats. Elle rencontre Alec Harvey, un médecin marié également. Tous deux vont s'éprendre l'un de l'autre et vivre une folle passion...

David Lean 
 Revoir Brève Rencontre permet de rétablir, si besoin était, quelques vérités au sujet de David Lean. Aujourd’hui unanimement célébré pour ses grandes fresques épiques comme Lawrence D’Arabie ou Le Pont de la rivière Kwai, on en oublie parfois le grand cinéaste de l’intime qu’il fut. Les cadres grandioses de ses épopées ne servent au final qu’à dresser des portraits fins d’hommes et de femmes pris dans le tourbillon de la grande Histoire. Parmi ses films les plus romanesques, La Fille de Ryan et Docteur Jivago abordaient en partie un des thèmes fondamentaux de Brève Rencontre : l’adultère. Ce dernier est le premier film qui fit la renommée internationale du réalisateur. Dans un cadre plus modeste et avec des personnages plus « ordinaires », Lean y déployait déjà toute la puissance dramatique qui allait faire la réussite de ses futurs projets monumentaux.

Critique 
Le film est adapté d’une pièce de Noel Coward, dramaturge. Il transpose lui-même son œuvre pour le grand écran, tout en conservant nombre d’idées typiquement littéraires. Associées à la maestria visuelle de David Lean, l’ensemble va offrir un des plus beaux portraits de femme qui soient. Passé le premier quart d’heure où la voix off de Laura est progressivement introduite, l’histoire fonctionne en flashback sous forme de confession imaginaire de l’héroïne à son mari. Les pensées les plus intimes de Laura nous seront ainsi dévoilées, par un subtil équilibre entre la poignante prestation de Clelia Johnson, les mots de Noel Coward et leur illustration par David Lean. Le résultat est frappant sur de nombreuses scènes, créant un décalage étonnant.

La censure anglaise, déjà bien vivace à l’époque, ne permet pas de traduire la situation d’adultère de manière trop explicite. Cependant, David Lean va contourner cette contrainte en inscrivant l'interdit dans la thématique même du film. Chaque entrevue des amants se voit troublée et écourtée par un élément extérieur, quand ce n’est pas la crainte d’être aperçus par une connaissance qui gâche ces rares instants de bonheur. Ces interruptions malheureuses contribuent progressivement à la séparation du couple adultère.

L’unité de lieu représentée par le buffet de la gare (et sa truculente tenancière) illustre le sentiment de claustrophobie des amants, en montrant la limite de leurs lieux de rencontres. Il est aussi symbole de douleur, puisqu'il est le cadre des multiples séparations jalonnant le récit. La gare est également à l'image de leur relation : un endroit de passage où l’on ne s’attarde pas, un lieu de brève rencontre… Le Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov, boucle musicale du film, souligne ainsi le côté répétitif et inéluctable du destin des personnages. Tous ces éléments tendent à souligner le caractère banal de ce qui nous est raconté, une histoire d’adultère parmi tant d’autres. C’est justement cet aspect qui rend au contraire déchirante l’ultime entrevue des amants, chacun se préparant à retourner à son existence ordinaire après cette passion aussi intense qu'éphémère.
Matrice de certaines futures grandes œuvres de David Lean, Brève Rencontre est un modèle auxquels nombre de cinéastes devront se confronter, lorsqu'ils aborderont le mélodrame. Sa puissance dramatique reste intacte.   (D'après Ilétaitunefoislecinéma.com)