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Cycle Ciné-collection - les 25 et 26 avril 2012



Film de Jean RENOIR - (1h54)
 Produit en 1937  
Avec : Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay, etc.
Genre : drame, guerre.  Cycle Ciné Collection
Prix du meilleur ensemble artistique à la Mostra de Venise 1937

La grande illusion est le récit des aventures d'officiers français durant la Première Guerre mondiale. Lors d'un vol de reconnaissance, le capitaine de Boieldieu et le lieutenant maréchal sont abattus à bord de leur avion. Ils sont donc transférés aux camps de prisonniers pour officiers d'Hallbach où ils partagent leur chambrée avec quatre autres prisonniers de milieux sociaux divers. Ils tentent en vain de s'échapper, puis sont détenus dans une nouvelle prison, une forteresse allemande. Ils entretiennent des rapports courtois avec l'officier commandant Von Rauffenstein. Malgré le respect mutuel, la guerre leurs imposera sa triste réalité.
Scénario
Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Ils sont emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d'amitié avec Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion. grande illusion est le récit des aventures d'officiers français durant la Première Guerre mondiale. Lors d'un vol de reconnaissance, le capitaine de Boieldieu et le lieutenant maréchal sont abattus à bord de leur avion. Ils sont donc transférés aux camps de prisonniers pour officiers d'Hallbach où ils partagent leur chambrée avec quatre autres prisonniers de milieux sociaux divers. Ils tentent en vain de s'échapper, puis sont détenus dans une nouvelle prison, une forteresse allemande. Ils entretiennent des rapports courtois avec l'officier commandant Von Rauffenstein. Malgré le respect mutuel, la guerre leurs imposera sa triste réalité.
La grande illusion, un hymne à la fraternité

En 1958, un jury international plaçait La grande illusion parmi les 12 meilleurs films du monde. Prix spécial du jury international de Venise en 1938, il fut reconnu meilleur film étranger à Hollywood la même année.

Un hymne à l’égalité et à la fraternité : En 1916, sur le front allemand, les deux officiers français, -Boïeldieu (Pierre Fresnay), et Maréchal (Jean Gabin) se retrouvent prisonniers avec un compagnon instituteur (Jean Dasté), un acteur (Carette) et un Juif, Rosenthal (Dalio). Les différences de classe sont oubliées et la vie s’organise de manière plus agréable, grâce à la tolérance des geôliers. Tous ne rêvent pourtant que de liberté. 

Rosenthal et les deux officiers sont transférés dans une forteresse, commandée par Rauffenstein, un aristocrate de vieille souche. Ce dernier traite avec un égard particulier son homologue français, tout en faisant régner une stricte discipline. Maréchal et Rosenthal parviendront pourtant à s’évader, grâce à la complicité active de De Boïeldieu, qui commettra un acte désespéré afin de sauver les siens. Rauffenstein se verra alors contraint de l’abattre. Les fuyards, à bout de forces, seront hébergés quelques jours par une paysanne allemande, avant de franchir la frontière suisse. 

Pour ce film sur la guerre, Renoir réunit des acteurs aussi prestigieux que Jean Gabin, Pierre Fresnay, Marcel Dalio, et Erich Von Stroheim, et des interprètes à l’image de leurs personnages : radicalement différents par leur nationalité comme par leur personnalité, mais unis par un projet commun. Le premier plan est celui d’un disque qui tourne, avec Gabin qui chante Frou-Frou, puis ce sont des Allemands qui écoutent une valse de Strauss, qui remplace le chant français. Si les deux univers sont d’abord confrontés et mis en parallèle, ils ne cesseront ensuite de se croiser. Ici, l’uniforme unit des hommes de toutes origines sociales, mais il semble néanmoins que cette origine sociale et la complicité qu’elle crée dépassent les frontières.

Le film dépasse le simple récit de prisonniers préparant une évasion, pour montrer qu’au-delà des frontières, la fraternité entre les hommes ne relève pas d’une quelconque utopie, que les idées du Front populaire n’étaient pas si illusoires. « Les frontières sont une invention des hommes, la nature s’en fout », dit l’un des personnages. La grande illusion frappe en effet par l’attention accordée aux individus, et cela, quelle que soit leur nationalité. En outre, chacun témoigne d’un profond respect pour l’ennemi, les Allemands sont gentiment moqués, ils ne sont jamais considérés comme tortionnaires. Les officiers de carrière allemands et français font assaut de courtoisie et d’estime réciproques. Quant aux simples soldats, ils entretiennent les meilleures relations amicales avec leurs geôliers. 
Le patriotisme reprend néanmoins le dessus quand les soldats français et leurs alliés britanniques chantent la Marseillaise. Les différents personnages cherchent à exprimer leur croyance profonde dans l’égalité et la fraternité, par-delà les clivages sociaux et les luttes fratricides, et à montrer que « même en temps de guerre les combattants peuvent rester des hommes  ». Pour certains, cette fraternité préfigurait celle de la Résistance. 

Le titre suggère pourtant que ces espoirs ne sont qu’illusoires, et la gaieté qui émane parfois du film devient alors une dérision mélancolique. Richesse, et ambivalence idéologique. Si Roosevelt déclara : « Tous les démocrates du monde devraient voir ce film », en revanche Goebbels le désigna comme «  l’ennemi cinématographique numéro un », et l’Italie de Mussolini le fit interdire. En France, il figura parmi les meilleures recettes de 1937. 

Le titre donnera lieu à trois interprétations différentes. La première interprétation est nationale, Renoir se montrerait patriote. La seconde lecture serait pacifiste : les prisonniers sont correctement traités, les geôliers se montrent sensibles, les gardes-frontières ne tirent pas sur les deux évadés qui viennent de passer en Suisse et dans ce contexte un Français et une Allemande peuvent s’aimer. Enfin, la dernière approche est idéologique : certes, tous les personnages sont sympathiques et valorisés, mais la lutte des classes n’en est pas démentie pour autant. Boeldieu est plus proche de Rauffenstein que de l’ouvrier Maréchal ou du banquier Rosenthal. Celui-ci va pourtant au Fouquet’s ou chez Maxim’s, mais il reste du monde des affaires, étranger à l’aristocratie. La guerre peut rapprocher des individus que tout séparait, mais provisoirement. 

Le film fut applaudi, de l’Humanité à l’Action française, et il fut accepté à gauche et à droite comme un chef d’œuvre, par le public et par la critique. La grande illusion est alors celle selon laquelle la fraternité des combats signifierait la fin des antagonismes sociaux. 

Renoir, en se souvenant de son passé d’ancien combattant, a avant tout voulu nourrir l’œuvre de son pacifisme. À l’aube de la seconde guerre mondiale, cette œuvre idéaliste est apparue comme une mise en garde. On retrouve dans le film toute l’ambivalence de la période de l’entre-deux guerres. L’habileté du réalisateur est d’avoir confié les rôles principaux aux acteurs emblématiques du moment, particulièrement bien définis et dirigés. 
[extraits tirés de agoravox.fr]