-.- Accès rapide aux rubriques -.-




________________________________________________________________________________________________________________
_

Cycle Ciné-collection - les 30, 31 mars et 1er avril 2012

--
Le bal. (Italie, France) 

Film de Ettore SCOLA - (1h52)
Produit en 1983
Avec : 
Christophe Allwright, le beau jeune homme de banlieue
Aziz Arbia, le jeune ouvrier
Marc Berman, l'aristo/le planqué/le collaborationiste
Régis Bouquet, le patron de la salle/le paysan
Chantal Capron, le mannequin
Martine Chauvin, la jeune fleuriste/l'étudiante
Francesco de Rosa, (Toni le jeune serveur
Liliane Delval, la fille aux cheveux longs/l'alcoolique
 Anita Picchiarini, l'amie de l'ouvrière
Geneviève Rey-Penchenat, l'aristo
Genre : comédie sociale.
Version originale sous-titrée

3 César remportés dont celui du meilleur film en 1984   

Scénario 
1983. Une grande salle de dancing, le soir. Les femmes arrivent les premières, les unes après les autres : cela va de la dame d'une quarantaine d'années, très classique, avec un chignon et son tailleur noir bien cintré, à la blonde pulpeuse et incendiaire qui fait comme si elle avait toujours 20 ans... Et puis, c'est le ballet des hommes : ils prennent place au bar. Parmi eux, un individu plein de tics qui ne cesse de croquer des bonbons, un homme d'âge mûr mais toujours bien de sa personne; un grand timide avec un air apeuré et une raie au milieu; un bon gros du style content de lui, qui mâchonne toujours des cacahuètes...
Et c'était déjà pareil en 1936, à l'époque du Front Populaire - à part la musique, car on dansait alors sur des airs de java. Puis, après l'entracte de la guerre et de l'occupation allemande, où la salle de bal servait d'abri, arrive l'explosion de la Libération et de la musique américaine, façon Glen Miller.
Un peu plus tard, c'est le rock, puis les années soixante, puis Mai 68. La boucle est bouclée. Le bal 1983 se termine mélancoliquement.

Décor unique pour cinquante ans de danse de salon en France : le Front populaire, la Guerre, l'arrivée du jazz et du rock, Mai 68, le disco. Et toujours les couples silencieux se font et se défont au gré de l'histoire et de la musique. [extrait : CinéClub de Caen]


Analyse
Au début des années 80, Ettore Scola tente d’élargir son registre en s’attaquant à des cadres et des types de récits moins spécifiquement associés à l’Italie. La Nuit de Varenne en 1982 donnait dans le film historique en relatant la fuite et l’arrestation de Louis XVI et Marie Antoinette, tout comme (dans une veine plus romanesque) Le Voyage du Capitaine Fracasse en 1990 qui adaptait le livre de Théophile Gautier. Le Bal fait donc partie des œuvres entrant dans les nouvelles dispositions de Scola et sera un de ses films les plus acclamés.

A l’origine, Le Bal est tout d’abord une pièce de théâtre partie d’une idée du metteur en scène Jean-Claude Penchenat. Ce dernier, passionné par le langage corporel et ses formes d’expression selon les époques et contextes, eut l’idée d’appliquer ces questionnements au théâtre. Entre fanfaronnade, timidité, hardiesse ou maladresse sur la piste, le bal populaire semble un cadre particulièrement approprié pour mettre en pratique ces idées. Penchenat, aidé par une troupe de comédiens non professionnels, va donc créer un spectacle unique en son genre où une salle de bal va faire office de machine à voyager dans le temps. Les différentes périodes traversées s’illustreront par les transformations du décor, mais surtout par le jeu des comédiens qui créent une galerie de personnages bien typée dont les caractéristiques évoluent selon la toile de fond historique en cours. Financé par Penchenat lui-même après le refus de divers producteurs effrayés par l’aspect inédit et novateur de l’entreprise, la pièce une fois lancée remporte finalement un succès immense, commercial et critique. [Extrait : chroniqueducinephilestakhanoviste]

Ettore Scola 

E. Scola suit des études de droit avant de se consacrer au journalisme. Ses premiers contacts avec le cinéma se font à travers les scénarios qu'il écrit pour le réalisateur Dino Risi comme Le Fanfaron (1962) ou Les Monstres (1963). Il passe finalement derrière la caméra en 1964 avec Parlons femmes où il dirige Vittorio Gassman.

S'il excelle avant tout dans la comédie, il adopte un ton plus mélancolique dans Nous nous sommes tant aimes (1974) avec Vittorio Gassman où il dépeint l'évolution contemporaine de l'Italie. Cinéaste engagé, il se pose en défenseur des petites gens et des marginaux, dans les bidonvilles autour de Rome dans Affreux, sales et méchants  (Prix de la mise en scène à Cannes -
1976). En 1977, il dénonce également la persécution des homosexuels dans Une journée particulière avec Sophia Loren.

Ettore Scola tisse également des liens étroits avec la France puisqu'il évoque la Révolution française dans La Nuit de Varennes et tourne Le Bal qui lui vaut le César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1994. Il a également l'occasion de travailler avec bon nombre de comédiens français comme Fanny Ardant, Vincent Perez, Emmanuelle Béart, etc.

A partir des années 90, le public suit toutefois moins malgré Le Roman d'un jeune homme pauvre (Lion d'Or à Venise en 1995). Poursuivant des films aux castings prestigieux, il revient une nouvelle fois à Rome en 2004 pour y tourner Gente di Roma. [d'après Allo-ciné]