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Cycle Ciné-Collection - du 18 au 28 octobre


Five easy pieces

Film de Bob RAFELSON   -  1h38  - VO
Produit en 1971
Avec : Jack Nicholson, Karen Black, Billy Green Bush.
Genre: drame.

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Scénario
Un jeune fils de bonne famille, musicien au grand avenir, a renoncé à sa carrière pour devenir ouvrier et épouser une serveuse de bar. Il retourne au foyer voir son père malade, vit une brève aventure avec la petite amie de son frère et finit par tout abandonner en partant sur la route....

- projections pendant 2 semaines -

Analyse critique 
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De l’aveu unanime de Bertrand Tavernier et Samuel Blumenfeld,  Five Easy Pieces surpasse l’« insignifiant » Easy Rider et constitue une des véritables entrées dans le Nouvel Hollywood. Que la première réalisation de Rafelson fasse partie des multiples œuvres qui ont engendré, à l’orée des années 70, un renouvellement du cinéma états-unien, soit. Qu’elle soit meilleure que le film de Dennis Hopper (que Rafelson a, par ailleurs, aidé à produire), c’est moins sûr. Et l’adoration de Françoise Fabian et de Christopher Thompson ne suffit pas à s’en persuader.

Five Easy Pieces jouit de quelques mérites. Il éclaire Jack Nicholson sous un jour moins anecdotique que Dennis Hopper (l’acteur s’en tirera d’ailleurs avec une nomination pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin). Rafelson prête à voir ce dont Nicholson regorge de plus florissant et accuse rétrospectivement tout le progrès qui lui reste à accomplir avant d’atteindre le sommet (Shining). Autre grand mérite, l’intrigue construit sa structure dramatique sur ce qui est au fondement du Nouvel Hollywood : le dialogue accidenté entre la culture populaire et le grand art classique. Bob Dupea, le personnage de Nicholson, est employé sur un chantier de forage. Enamouré d’une serveuse (Karen Black, aussi joyeusement sotte que la Susan Tyrrell de Fat City), il fuit un jour son travail pour rejoindre sa maison natale où sa famille bourgeoise est rassemblée autour du vieux père loqueteux, rescapé de deux attaques. Ce ressort narratif, qui écarte le personnage entre sa liberté plébéienne et son carcan bourgeois, est à la base des principes esthétiques du Nouvel Hollywood. De Palma en est l’auteur le plus symptomatique, son cinéma se situant entre le « grand Art » et la culture pop.


Karen Black
Jack Nicholson
Pourtant Five Easy Pieces, embrouillé dans un récit qui peine à clarifier ses enjeux dramatiques et qui soulève des problèmes de faible ampleur pour les personnages, se résumerait volontiers à du sous-Martin Ritt. Bien que le film ne soit pas dépourvu de profonds instants tragiques (telle la scène où Bob Dupea, dans un champ désert, s’excuse auprès de son père d’être un mauvais fils), il n’atteint pas la perspective cosmique d’Easy Rider. Plus que cela, si Easy Rider est plus grand que Five Easy Pieces, cela tient à ce que le premier est une aventure d’ordre formel, qui expérimente tant sur le mode de mise en scène que sur les figures qui en découle alors que le second ne repose encore que sur la bonne vieille histoire et son sempiternel personnage à double fond.
[Extrait de : findeseance.com] 

Commentaire
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"Si "Five Easy Pieces" est l'un des fleurons du Nouvel Hollywood, il est heureusement bien plus que cela : l'un des plus beaux films qui soient, avec un personnage incroyable incarné par un acteur de génie (Jack Nicholson)" Les Inrocks
"Plus désabusée qu'"Easy Rider", donc plus actuelle, l'errance existentielle de ce fils de bonne famille n'a pas pris une ride. Rayonnant, Jack Nicholson porte le film sur ses jeunes épaules [...]." Paris-Match  
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