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Cycle Ciné-Collection - du 9 au 15 janvier

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La garçonnière. (U.S.A.)  Cycle Ciné Collection
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Produit en 1960
Film de Billy Wilder - (V.O. - 2h05)
Avec :Jack Lemmon, Shirley MacLaine, Fred MacMurray 
Genre : comédie dramatique, romance. 
 Scénario
C.C. Baxter est employé à la Sauvegarde, grande compagnie d'assurance. Dans l'espoir d'un avancement il prête souvent son appartement à ses supérieurs qui y emmènent leurs petites amies. Un jour le chef du personnel le convoque et lui apprend qu'il sait tout et lui demande aussi sa clé. Baxter est enfin promu. Mais ce qu'il ignorait c'est que le chef du personnel emmenait dans son appartement la femme dont il était amoureux. 
Analyse

Le premier mouvement est celui d’un brillant vaudeville accumulant les quiproquos : C.C. Baxter (Jack Lemmon), employé d’une grande compagnie, prête les clefs de son appartement où ses supérieurs vont accomplir des cabrioles avec leurs maîtresses. Par ce biais, il connaît une fulgurante ascension professionnelle au sein de l’entreprise. Mais cet élan initial est rompu par le fait que Baxter tombe amoureux de Fran (Shirley MacLaine), liftière et maîtresse délaissée par le chef du personnel (Sheldrake interprété par Fred MacMurray), et donc habituée de la « garçonnière ».

Shirley MacLaine et Jack Lemmon
Le film glisse alors vers une évocation déchirante de la solitude des villes modernes, une sorte de mélodrame très cru, sans miel ni guimauve. En témoigne cette nuit de réveillon de Noël où Baxter, de dépit, s’enivre et s’agrège à une pétroleuse également désespérée. Il la ramène chez lui où il trouve Fran inanimée, sous l’emprise des somnifères qu’elle a avalés après avoir appris que Sheldrake ne quittera pas sa femme comme il le lui avait promis.

Cet épisode finit d’imposer la mélancolie qui sourdait depuis le début, notamment dans les nuits d’errance de Baxter, attendant que ces « locataires » aient fini leur œuvre, seul dans la rue froide et sombre, engoncé dans son imperméable, sous ses propres fenêtres.

Ceci figure un exil par lequel Wilder, natif de Galicie (province orientale de l’Empire austro-hongrois d’alors), semble faire référence à ses origines alors qu’une partie de sa famille a péri dans les camps nazis. Le docteur Dreyfuss, voisin de Baxter au fort accent yiddish, est une autre formulation de l’exil et du déracinement.

La Garçonnière est ainsi remarquable par son amplitude puisque cette question de la solitude dialogue de façon très fluide avec une satire sociale des États-Unis pour le moins virulente. Le film débute par des plans « documentaires » de la skyline de New York avec, en voix-off, Baxter débitant des données absurdes. Le mouvement de focalisation nous entraîne ensuite dans le lieu où officie Baxter : une inquiétante enfilade de bureaux avec des lignes de fuites très marquées.

Le miroir brisé, scène clé du film
L’effet est saisissant et confère une dimension véritablement kafkaïenne à cette « vision » où l’individu se trouve noyé. La Garçonnière s’attaque ainsi bille en tête aux fondements des États-Unis. Et Baxter ne doit son élévation qu’à des moyens bien peu moraux. On peut ainsi considérer qu’il couche, par procuration, pour réussir.

Les sacro-saints principes du mérite, de l’effort et de l’esprit d’entreprise sont donc bien loin. Le moteur de la réussite réside dans une forme d’acceptation du cynisme, lorsque l’employé le refuse, sa déchéance professionnelle devient inéluctable, mais rend possible un épanouissement amoureux. Bref, la jouissive impertinence d’un brillant moraliste – jamais moralisateur – règne sur le film, elle a rarement été aussi corrosive. [Extraits de  www.critikat.com/La-Garconniere.html]

Billy Wilder

Samuel Wilder -surnommé Billy,par la fascination de sa mère pour Billy the kid - est né en 1606 en Autriche-Hongrie (Pologne aujourd'hui). D'abord journaliste à Vienne, il rédige des critiques de spectacles et de films. Le cinéma l'intéresse et travaille pour des scénaristes à Berlin. L'histoire le conduit à l'exil d'abord à Paris où il réalise un premier film. Il s'embarque aux Etats-Unis où il travaille pour divers scénarios avec les cinéastes, Brackett, Lubitsch, puis devient réalisateur. Il tourne pendant une bonne trentaine d'années. Bill Wilder tourne ses derniers films en Europe et prend sa retraite en 1981. Il meurt d'une pneumonie en Californie en mars 2002.
 
Principaux films :
Assurance sur la mort (1944)
Boulevard du crépuscule (1950 - Oscar du meilleur scénario)
Stalag 17 (1953)
Sabrina (1954)
Sept Ans de réflexion (1955, avec Marilyn Monroe)
Certains l'aiment chaud (1959, avec Jack Lemmon et Tony Curtis)
La Garçonnière (1960)
Embrasse-moi, idiot (1964)
La Vie privée de Sherlock Holmes (1970)
Avanti!  (1972)