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Soirée spéciale avec Valérie GAUDISSART

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Après la soirée - rencontre avec


Valérie GAUDISSART la réalisatrice de 



Jean-Paul GUINARD, il y a quelques jours, quelques  semaines ; Jean-Pierre AMERIS, ce sera le 15 février ... Vendredi 18 janvier, c'était la venue de Valérie GAUDISSART au Cinéma les Halles, poursuivant ainsi les animations  réactivées  à la réouverture des salles.

Documentariste et auteure de courts et moyens métrages ("Apesanteurs", "Mes insomnies", "Céleste") qui lui ont valu de nombreux prix, en particulier au festival international de Clermont-Ferrand, Valérie GAUDISSART signe là son premier long-métrage. 

"C'est le récit d'un parcours initiatique libre, drôle et émouvant, hors des sentiers battus, dit le Magazine féminin Causette. "Un journal de bord jalonné de chansons : un film contestataire dans lequel la vie se mélange au rêve, la politique à l'utopie".


Avec : Mathilde Besse, Huguette Besse, Benoît Giros.
Genre : conte, comédie, itinérance.  -1h37-



Scénario 
Violette, 11 ans et 3 mois, une belle nuit va ficher le camp. Dans son baluchon, quelques choco BN, l’urne des cendres de sa grand-mère communiste et chérie et un livre : « Les Lettres de prison de Rosa Luxemburg ». Les lettres de Rosa, sa Rosa, cette grande grande grande révolutionnaire allemande, assassinée en 1919 dont elle se sent aujourd’hui l’héritière. Elle ira donc marcher dans ses pas, prendra de longs trains de nuit, s’enfoncera de plus en plus loin vers l’Est, et essaiera avec son insouciance de gaminage et son précieux bouquin de changer le monde à sa manière.  

 Et le critique de Le Monde poursuit ainsi : "

Exhumer la mémoire de Rosa Luxemburg pour le faire revivre dans l'esprit d'une gamine : en chansons, en serments éternels imaginaires, en jeux superstitieux... La naïveté de l'approche, son aspect en apparence réducteur, a de quoi faire peur. Pourtant, le film ne manque pas de charme.
  
En suivant cette petite Violaine, [...] Valérie Gaudissart jette la jeune fille sur les routes d'Europe, dans un train en direction de l'Allemagne, et de la Pologne, sur les traces de Rosa Luxemburg. Violaine est partie sans rien dire à personne, épuisée par la médiocrité de ses parents. Dans ce périple qui s'apparente autant à un pèlerinage laïc qu'à un voyage initiatique [...]

De rencontres en rencontres, elle traverse toutes sortes de groupes. [...] Au contact de la misère sociale, dont ils offrent chacun un visage particulier, et de la chaleur humaine que font naître leurs actions collectives, elle forge son expérience d'héritière contemporaine de Rosa Luxemburg.
(Le Monde - 5 juin 2012)


Quant à Charles Gaubert, dans un article rédigé pour quelques salles amies, il écrivait récemment :
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"C’est un film charmant. Frais, de la fraîcheur de l’enfance, frais de l’enthousiasme, de la révolte. Loin des renoncements adultes, Violette porte haut et fort, tel un étendard, la fidélité au passé, à commencer à sa grand-mère morte et à ses valeurs que l’histoire s’apprête à passer à la trappe. Elle est une vraie révolutionnaire, la preuve, elle a quitté sans se retourner sa rue tranquille. Bien sûr, Violette joue à Rosa la rouge, heureusement qu’il ne s’agit que d’un jeu, que de jouer dans un film, sinon, tout ceci, en forme d’héritage, serait bien difficile à porter. Mais il questionne sur ce que nous adultes faisons de notre histoire.

Et puis il y a cette formidable jeune fille  qui colle à son personnage sans distance. Comment fait-elle ?"



Le temps n'était certes pas propice aux sorties, ce soir-là. 
Il n'y eut pas grande affluence... Dommage !

Le film est de qualité et Valérie Gaudissart a éclairé les participants sur son univers de cinéaste. Répondant aux questions, elle a également éclairé sur son aptitude à mêler le conte, l'imaginaire d'une jeune fille avec la réalité du jour. Passant de l'un à l'autre sans effet, sans dramatisation, elle reconstruit le monde passionnant d'une enfant, à peine adolescente.

Idéaliste, rebelle,  cette jeune fille va au-devant des gens, comme en son temps Rosa Luxembourg l'aurait fait, portant leur contestation pour leur apporter un peu de dignité. Ces gens-là, elle les aime : les déracinés, les modestes, les victimes du monde industriel, etc. 

Mais qui est donc cette Violette ? On risque peu de se tromper en pensant qu'elle aurait pu s'appeler ... Valérie, tant notre réalisatrice a mis d'elle-même dans ses contacts, dans ces déplacements : Berlin, Wroclaw, l'Auvergne, la Lorraine, la Bourgogne. Autant de lieux de tournage, autant de vraies rencontres qu'elle intègre dans son scénario, dût-elle en couper d'autres scènes au montage, comme elle l'a dit aux élèves du lycée Jérémie de la Rue en animant deux ateliers cinéma, ce même après-midi.