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Des "rêves d'or" à la prison dorée !

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Dans le cadre du festival « Sol’en film » ...
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La soirée Sol'en Film (1) a proposé, vendredi 22 novembre, la projection  du film de  Diego QUEMADA-DIEZ, "Rêves d'Or"

Un beau moment pour le petit nombre de spectateurs qui n'avait pas redouté les intempéries de cette semaine hivernale. Mais un moment grave, si l'on songe au thème traité par le réalisateur : quatre jeunes adolescents quittent le Guatemala où leur avenir semble réduit au bidonville, à la pauvreté, et condamnés à trier des ordures dans de vastes décharges pour y trouver un peu de subsistance grâce à de minables trafics.
Ils bâtissent un rêve -un rêve d'or- : traverser le Mexique pour rejoindre La Californie où ils sont sûrs d'y trouver l'opulence, la démocratie, la liberté. C'est le même mythe que se construisent tous les émigrants convaincus que la vie qu'ils bâtiront dans les pays espérés sera -quoi qu'il arrive- meilleure que celle qui leur est destinée.
Alors ils partent et bientôt les malheurs les rattrapent : chantage, arnaque, embuscade, violence, police, trafiquants, gangsters, rien ne leur est préservé. Le réalisateur propose des images fortes de tous ces incidents de voyage, perchés sur les toits de wagons de marchandises qui traversent le Mexique. Gros plans sur les visages, la détermination, la peur, le désespoir.

Leur projet commun saura-t-il produire de l'amitié, de la solidarité, de la rivalité ? Arriveront-ils à destination ? Que pourront-ils à l'approche de l'immense mur-frontière entre le Mexique et les USA ?
Et quelle vie, ce monde nouveau -temple du progrès, de la consommation- réservera-t-il ?

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538114&cfilm=220802.htmlSans dévoiler le scénario plus avant, on perçoit l'intérêt des échanges qui ont suivi la projection. 
A partir de quelques données démographiques, économiques et politiques, l'invité de la soirée Pierre ROYET (2), permit à chacun de mieux comprendre la réalité qui pousse ces gens à  choisir l'exil.

Au-delà des raisons et contraintes extérieures, il y a aussi la personnalité de chacun. Le trajet vers l'avenir est vécu avec des approches différentes, une sensibilité singulière. Le film nous donne à voir des images renversantes, à travers les visages et les attitudes des trois acteurs principaux, jusqu'au bout du parcours... 

En fait, peu de questions posées mais plus des confidences ressenties, tant le film montrait l'évidence et la brutalité de la réalité.  Quemada-Diez a construit un scénario autour de témoignages recueillis et de rencontres recherchées ; sa fiction rend si bien compte des choses que l'on sent qu'il ne trahit la vérité ni des êtres ni des faits. 

Juste un clin d’œil grinçant : 
le titre retenu par la version française du film est "les rêves d'or". La version originale espagnole s'intitule "la jaula de oro", "la prison d'or" ! Un glissement de sens ? Non,  un itinéraire courageux, intrépide, douloureux. Les deux faces d'un même monde ; d'une même illusion peut-être, d'une même nécessité sûrement.

(1) Cette manifestation est le fruit d’un partenariat entre le Réseau Silyon, le GRAC (Groupement Régional d’Actions Cinématographiques) et le Service de Coopération au Développement ; elle bénéficie d’un soutien de la Région Rhône-Alpes, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale. 
(2) Pierre ROYET, professeur d'économie ; a exercé au lycée Sainte-Anne de Roanne.