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Ciné-Collection - du 16 au 19 mai 2014

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19542528&cfilm=225767.html
Film de Ingmar BERGMAN. - (1h32 - VOST)
Produit en 1957
Avec : Victor Sjostrom, Bibi Andersson, Ingrid Thulin.
Genre : drame.

Cycle Ciné Collection

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19542528&cfilm=225767.htmlScénario - Un vieux professeur de médecine, Isak Borg (Victor Sjöström), doit se rendre à Lund où il sera honoré lors de son jubilé. La veille de son départ, il fait un rêve étrange, lui faisant craindre de mourir. Il annule son voyage en avion et décide de traverser le pays en voiture, accompagné de sa belle-fille Marianne (Ingrid Thulin). Ce voyage, ponctué de rencontres et d’incidents, lui permet, entre songes et réalité, de faire son examen de conscience…

Analyse - Un des films essentiel de I.Bergman où l'humanité y transparaît pleinement, dans ses faiblesses et ses espoirs, dans ses qualités et ses défauts qui ne sont souvent que leur face inversée.
La compétence et la rigueur professionnelle de Isak sont  sa fierté et peut-être aussi son regret : au moment où ses collègues vont célébrer sa carrière irréprochable, pointe  une impression d'avoir mal construit certains rapports humains autour de lui. Réalité ? Illusion rétrospective ?  Retour du refoulé ? Sans doute, tout cela à la fois. Le voyage qu'il entame auprès de sa bru est un itinéraire-retour sur soi, que ses rêves et ses souvenirs alimentent.
La structure narrative du film est à l'image de ce flux de conscience toujours en mouvement entre passé et présent. Seule la première séance, celle qui précède le générique est clairement identifiable et circonstanciée : Isak solitaire attablé à son bureau,  s'entretenant  avec sa gouvernante de ses projets- ; on est dans l'aujourd'hui, juste avant d'entreprendre son voyage vers Lund.  Mais bientôt les deux voyages sont se superposer, à celui qu'il accomplit en voiture se superpose celui qu'il amorce en lui-même, comme un bilan de vie humaine. Là il revoit ou repense à sa jeunesse à la Sarah qu'il n'a pas su aimer, son enfance où la stature de la mère-potentat décidait de tout, où les relations étaient artifices et les sentiments  incompris ; son épouse et ses écarts de conduite qu'il assumait mais qui témoignaient de leur difficulté à former une couple au-delà de l'apparence et des conventions ; son fils éduqué à son image et enfermé dans l'étroitesse de ses principes. Bien d'autres choses éclairent sa solitude et le mal qu'il en ressent, ses insatisfactions, ses regrets, ses remords. Même ses compétences pourtout reconnues de tous deviennent l'objet de ses doutes, de ses angoisses. La solitude, la mort, l'échec le hantent. Quelle est la vérité des choses ? Réalité, imagination, obsession, mauvaise conscience... Les séquences se succèdent, s'entremêlent. Le spectateur a parfois du mal à s'y retrouver -à la première vision- mais c'est à l'image du ressenti du personnage et, au-delà, c'est à l'image de l'humain.  Isak est un archétype de l'homme qui, inévitablement, à la fin de sa vie, revoie et évalue sa vie.
Peu à peu, ce voyage intérieur conduit  le professeur à plus de lucidité ; à tenter de changer  ses habitudes ou comportements ; mais il demeure une inertie évidente. Les dernières images ouvrent sur quelque espérance notamment pour ceux qu'il côtoie. Là encore, vérité ou illusion ? C'est la force du film et de son réalisateur d'ouvrir sur de multiples interrogations ou interprétations.

La copie restaurée et numérisée des "Fraises sauvages" présentée actuellement est remarquable, avec son noir et blanc parfait et ses contrastes retrouvés.