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Ciné-Collection - du 5 au 9 juin 2014

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Obsession. (U.S.A)

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19440387&cfilm=3927.html
Film de Brian DE PALMA. - (1h38 - VOST)
Produit en 1977
Avec : Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow.
Genre : thriller, drame.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19440387&cfilm=3927.htmlScénario. La Nouvelle-Orléans, en 1959. Michael Courtland, riche homme d'affaires, et sa femme Elizabeth donnent une réception pour célébrer leur dixième anniversaire de mariage en compagnie de nombreux amis. A l'issue de la soirée, Elizabeth et leur fille Amy sont kidnappées. Les ravisseurs fixent le montant de la rançon à 500 000 dollars en espèces.  Faute d'avoir payé la rançon exigée par leurs kidnappeurs, sa femme va mourir...
Michael Courtland rencontre un jour en Italie une femme lui ressemblant comme deux gouttes d'eau. Malgré les avertissements de son entourage, il y voit une seconde chance qu'il ne veut pas laisser passer. Au risque de réveiller un passé douloureux...

Analyse - L'idée de départ d'OBSESSION naît en 1974, durant un repas entre Paul Schrader et Brian De Palma. Les deux amis discutent de Sueurs froides, chef d'œuvre d'Hitchcock qu'ils viennent de redécouvrir. Mais De Palma est encore jeune réalisateur, le projet n'est donc pas si facile à monter. Il parvient à s'adjoindre les services de deux grands noms du cinéma : Vilmos Zsigmond et  Bernard Herrmann, compositeur attitré d'Hitchcock. Et sans ces deux hommes, OBSESSION ne serait pas le bijou qu'il est.

Car OBSESSION est sans doute le plus beau film de son réalisateur. Formellement, le film est exemplaire,  la mise en scène de De Palma aussi sobre que classique. Tournant en Panavision, il parvient à maîtriser parfaitement ce nouveau format, avec les somptueux cadrages dont il a le secret. Mise en scène reste inventive, virtuose et, par moments, audacieuse.
Le travail effectué sur la photographie par Vilmos Zsigmond est également remarquable. La lumière est volontairement diffuse, grâce à l'utilisation de filtres, afin d'appuyer sur l'aspect onirique  de l'histoire qui se déroule sous nos yeux. Les couleurs sont douces et volontairement peu ancrées dans l'esthétisme seventies pour mieux gommer les repères temporels des deux périodes du récit. Il ressort de tout ça une esthétique limite surréaliste, envoûtante et romantique, qui peut dérouter l'amateur de thriller.

Car si le film débute comme un thriller, cet aspect de la trame est rapidement expédié, peut-être même un peu trop rapidement... On comprend très vite de quoi il retourne, le mystère n'est pas si difficile à percer et c'est tant mieux ! Car le but de De Palma n'était pas de nous surprendre par le récit, étant donné que celui-ci s'inspire ouvertement de Sueurs froides. Non, OBSESSION est une nouvelle peinture qui se calque sur son modèle tout en le faisant irrémédiablement disparaître. Une des scènes dans l'église, à Florence, est d'ailleurs très symbolique : la fresque que Geneviève Bujold est en train de restaurer recouvre une autre œuvre qui pourrait bien être le brouillon de l'autre...

OBSESSION réussit donc le tour de force de nous embarquer, presque malgré nous, dans cette histoire pas si mystérieuse mais pourtant tellement fascinante. La partition musicale est le champ du cygne d'Herrmann et, selon son compositeur lui-même, sa meilleure bande originale de film.

Mais ce n'est pas gratuitement que De Palma nous en met plein les yeux et les oreilles : OBSESSION n'est que son troisième film majeur, néanmoins
on retrouve déjà l'ensemble des thèmes qui lui sont chers : le voyeurisme, le double, l'illusion et la manipulation... Car OBSESSION raconte l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une illusion. Et la réussite et la perversité de De Palma résident justement dans sa capacité à nous entraîner nous aussi dans cette illusion, grâce à sa virtuosité seule : rassurant le spectateur afin de mieux l'envoûter par cette histoire onirique et romantique.

[extrait de l'analyse de Francis Trento - devildead.com]
  
BRIAN DE PALMA  

Il naît en 1940 et grandit à Philadelphie dans l'ombre d'un frère aîné brillant scientifique adulé par la famille. Lui-même doué pour l'électronique, il s'inscrit à la Columbia University de New York. Marqué par la vision, à 18 ans, de Sueurs froides d'Hitchcock, il découvre avec émerveillement le monde du spectacle durant ses années de fac.

Ayant acheté pour une poignée de dollars une caméra 16 mm, Brian De Palma signe au début des années 60 une poignée de courts et moyens métrages. Il tourne avec ses camarades en 1963 son premier long, The Wedding party avec Robert De Niro, un débutant qu'il présentera en 1970 à son ami Martin Scorsese. Le 7e art est pour De Palma un terrain d'expérimentations formelles tous azimuts, comme en témoigne l'utilisation du split screen.
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De Palma accède à la reconnaissance en 1973 avec Soeurs de sang, thriller d'épouvante dans lequel il développe deux de ses thèmes fétiches, le double et le voyeurisme. C'est le premier d'une série de films d'horreur truffés de références, tels le psychédélique Phantom of the Paradise (1974) et Carrie au bal du diable (1976), deux films qui remportent le Grand Prix à Avoriaz.

Cinéaste de l'Obsession (film de 1977) et de la manipulation (Pulsions, Blow out), De Palma s'éloigne du fantastique dans les annnées 80. En 1983, il réalise, sur un scénario d'Oliver Stone, Scarface, relecture du chef d'oeuvre de Hawks avec Al Pacino en baron de la drogue. Après ce film-culte, il s'inspire encore de la mythologie des gangsters pour Les Incorruptibles (d'après la fameuse série), avec Costner et De Niro, qui fait un tabac en salles. Mais un brillant casting ne garantit pas le succès -l'échec retentissant du Bûcher des vanités le prouve en 1991. En 1993, L'Impasse, film noir dont le brio est salué par la critique, marque les retrouvailles du cinéaste avec Pacino.
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Considéré comme un "auteur" à l'européenne en raison de la dimension personnelle de films conçus au coeur du système, De Palma est sollicité par la star Tom Cruise pour réaliser Mission : impossible (1996), premier volet des aventures de l'agent Ethan Hunt, dérivées de la série d'espionnage du même nom. Après ce carton au box-office mondial, il signe le plus complexe Snake eyes, nouvelle réflexion sur les faux-semblants. Se plaisant à revisiter les genres, il s'essaie en 2000 à la SF avec Mission to Mars, qui déconcerte public et critiques, tout comme Femme Fatale (2002), que ce francophile tourne entre Paris et Cannes. Ces revers n'entament en rien son amour du cinéma, qui transparaît dans le troublant Dahlia noir, adaptation du roman d'Ellroy au casting glamour, présentée à Venise en 2006.
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L'année suivante, le metteur en scène dirige Redacted. L'oeuvre est engagée et dénonce le pouvoir médiatique par rapport aux évènements historiques et les mensonges qui peuvent en découler, faussant l'Histoire en manipulant les images. Bien qu'ayant reçu le Lion d'Argent de la mise en scène lors de la 64e Mostra de Venise en 2007, le film est un échec cuisant et vivement critiqué aux USA pour sa façon de dépeindre l'armée américaine. Suite à cette déconvenue, De Palma reste 5 années sans réaliser. Le cinéaste est de retour en 2012 et trouve des financements franco-allemands pour tourner Passion à Berlin. Le film est un remake du dernier film d'Alain Corneau, Crime d'amour, et met en scène Rachel McAdams et Noomi Rapace se livrant à un jeu pervers érotico-sadique. 

[d'après Allo-Ciné]