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Ciné-Collection - du 26 au 29 septembre 2014

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Titre original : North by Northwest
Réalisé par  Alfred HITCHCOCK - 2h16min
Scénario : Ernest LEHMAN
Musique : Bernard HERRMANN 
Sortie :  21 octobre 1959 - Reprise : 30 juillet 2014 en version restaurée

Avec :    Cary Grant (Roger O. Thornhill), Eva Marie Saint (Eve Kendall), James Mason (Philipp Vandamm), Leo G. Carroll (le professeur), Martin Landau (Leonard), etc.
Genre :  Espionnage, aventure, comédie.


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Scénario :
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À la suite d'un quiproquo, le paisible publiciste Roger Thornhill échappe de peu à une tentative d'assassinat, commise par les hommes de main d'un certain Philip Vandamm. Peu après, il se trouve recherché par toutes les polices d'Amérique pour le meurtre d'un diplomate au Palais des Nations-Unies.
Dans le train de Chicago où il s'est réfugié, l'infortuné fait la connaissance d'Eve Kendall, qui n'est autre que la maîtresse de Vandamm, et qui lui obtient un rendez-vous sur une route déserte où il espère enfin comprendre les raisons de son aventure. Mais c'était un piège : un avion le mitraille et Thornhill échappe, une fois encore, à la mort, in extremis.
C'est alors qu'apparaît "Le Professeur", qui explique enfin toute l'affaire : à la suite de la méprise initiale, Thornhill a été pris par les hommes de Vandamm pour Kaplan, un agent du service de contre-espionnage qui était sur les traces de leur organisation. Or, Kaplan n'a jamais existé : il a été "inventé" par les services du "Professeur" pour permettre à leur véritable agent, Eve Kendall, d'agir dans l'entourage immédiat de Vandamm sans être inquiétée.
Devenu bien malgré lui agent du contre-espionnage, Thornhill sauvera Eve des griffes de Vandamm qui avait fini par découvrir les agissements réels de sa maîtresse. Au terme d'une poursuite sur les flancs du Mont Rushmore, Vandamm sera arrêté et ses hommes éliminés. Thornhill et Eve pourront repartir en train, en amoureux...  
[extraits : cineclubdecaen.com]
Analyse :
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La mort aux trousses est un des plus fameux films de A. Hitchcock, en tout cas parmi les plus aboutis. En voici quelques explications :

* un scénario astucieux, à la construction exemplaire, qui a pour point central ce qu’Hitchcock appelait lui-même un "McGuffin", c'est-à-dire un élément qui tout en étant principal moteur d’une intrigue  n'en constitue pas paradoxalement l’intérêt, et qui peut même finir par sembler dérisoire. Ici on ignore ce que contiennent ces fameux microfilms convoités par Vandamm et le FBI, et pendant une bonne partie du métrage le héros Roger Thornhill  traque un homme Kaplan qui n’existe pas. Ce procédé est un leurre qui symbolise, d’une certaine façon, la démarche de Lehman et de Hitchcock où l'intrigue est donc avant tout un prétexte pour mettre en scène une poursuite haletante ponctuée par des séquences d'anthologie, le tout dans des décors iconiques. En ce sens, on peut considérer La mort aux trousses comme une démonstration du style et de la maîtrise d’Alfred Hitchcock.

* un film très moderne pour l’époque et aujourd’hui un exemple du genre, car il est à la fois extrêmement divertissant, spectaculaire et grand public, tout en témoignant des qualités artistiques et esthétiques propres à une œuvre d’art. Des aspects que ne parviennent pas toujours à concilier les grosses productions hollywoodiennes actuelles. Modèle indémodable du film d’aventures, que les spectateurs amateurs de bon cinéma et les cinéphiles les plus pointus peuvent apprécier à égale mesure.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19546461&cfilm=531.html* un style et un cachet visuel dès son générique, signé par un très grand maître du genre, à savoir Saul Bass. Pour sa seconde collaboration avec Hitchcock, après Sueurs froides -il travaillera à nouveau sur Psychose- Saul Bass utilise intelligemment – et de manière alors novatrice – la technique dite de typographie cinétique, alignant les lettres du générique avec les perspectives de la façade d’un building. 

La Mort aux trousses est une énième illustration de la culture et du sens esthétique assez inouïe d’Alfred Hitchcock. C’est perceptible notamment dans la manière dont il utilise les décors, l’architecture et les paysages pour concevoir des images extrêmement abouties sur le plan du cadre et de la composition.

* Quelques séquences sont particulièrement révélatrices de cela : la scène qui se déroule à l’ONU, où des plans s'opposent dans leur esthétique, mais renvoyant manifestement au peintre Edward Hopper ;  l’intérieur de la maison de Vandamm, près du Mont Rushmore, qui s'inspire des constructions de l'architecte Frank Lloyd Wright ; la célèbre scène sur le Mont Rushmore, où Thornhill et Eve Kendall  tentent de s’enfuir en descendant le long des sculptures des 4 célèbres présidents américains  permet une série de plans mythiques, immortalisant ainsi la séquence au même titre que les sculptures ont immortalisé leurs modèles.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19480293&cfilm=531.htmlRetenons en particulier la scène culte de l’avion traquant le héros, où  un paysage plat, vaste et vide permet d’utiliser l’espace et la profondeur afin d’instaurer une tension solennelle ; scène considérée comme l’une des plus grandes scènes de l’histoire du cinéma, surréaliste, extravagante  mais  à l'absurde si assumé ! On est en plein cinéma où seul compte l’impact des images. Cette traque est symboliquement celle de la mort même, incarnée par un avion de guerre fantomatique et sans pilote visible, dans un paysage désert, épuré, lequel donne à la confrontation un caractère solennel.

Bien d'autres aspects pourraient être mis en valeur : le montage du sauvetage d'Eve, certains fondus-enchaînés superposant visages et décors, les allusions à la guerre froide, la mythologie de l'espionnage et ses héros, voire la dimension métaphorique, voire freudienne, de la scène finale du  couple  Cary Grant/Eva Marie Saint, enlacés dans le compartiment d'un train qui file vers le tunnel...

Mais l'urgence est de voir et revoir ce film d'anthologie, efficace, virtuose et qui fut modèle pour tant de cinéastes ensuite.
[synthèse et/ou extraits : citizenpoulpe.com]

Alfred HITCHCOCK

Après des études d'ingénieur, Alfred Hitchcock entre à la compagnie des télégraphes Hanley. En 1920, il intègre la compagnie Famous Players Lasky (filiale de la Paramount à Londres) où il s'occupe des sous-titres pour les films muets. Cette expérience lui permet de se familiariser avec tous les métiers du cinéma. En 1922, il fait une première tentative de réalisation avec Number thirteen qu'il ne terminera jamais. Avec Le Jardin du plaisir (1925), il signe son véritable premier film. Son style et ses thèmes de prédilection pointent avec The Lodger (1926) et Chantage (1929). Son apogée en Angleterre est marquée par des films tels que L'Homme qui en savait trop (1934), Les Trente-Neuf Marches (1935), Agent secret - Quatre de l'espionnage (1936) et Une femme disparaît (1938).

A la veille de la guerre, il a déjà une solide réputation. David O. Selznick invite Hitchcock à Hollywood où il finira par se fixer. Le premier film de sa période américaine, Rebecca (1940), est un triomphe. A la différence de nombreux cinéastes, il tente avant tout de séduire, manipuler et surprendre le public. Il aime jouer avec ce dernier pour qu'il fasse partie intégrante de l'action de ses longs. Il devient le maître du suspense adulé par le public ainsi que par la critique alors qu'il ne prétend qu'au divertissement.

Malgré les apparences, son cinéma cultive une certaine forme d'intellectualité comme La Corde (1948), un film de réflexion sur le mal qui s'appuie sur la philosophie nietzschéenne. Ce film plus expérimental par ses thèmes et le peu de succès qu'il rencontra à l'époque le poussèrent à retourner au thriller plus conventionnel comme L'Inconnu du nord-express (1951), Le Crime était presque parfait (1954), et Fenetre sur cour (1954). En 1956, il fait le "remake" de L'Homme qui en savait trop, version quelque peu éloignée de l'original.
Les années 50 marquent une période prolifique où il réalise des chefs d’œuvres tels que Sueurs froides -Vertigo- (1958), La Mort aux trousses (1959), Psychose (1960) et enfin Les Oiseaux (1963). Le succès d'Hitchcock a été aussi dû au choix de ses acteurs, James Stewart, Cary Grant, Grace Kelly qui ont su porter de façon monumentale ses films. Autre facteur déterminant, le compositeur Bernard Herrmann qui crée la musique de tous ses films à partir de 1957, compositions en parfaite harmonie avec les ambiances recherchées par Hitchcock.La seconde moitié des années 60 est marquée par des films comme Pas de printemps pour Marnie (1964) et Le Rideau déchiré (1966). En 1972, il tourne Frenzy, son premier "thriller" britannique après plus de 30 ans aux Etats-Unis. Complot de famille (1976) est sa dernière œuvre. 

Avec 54 films à son actif, Hitchcock s'est imposé comme le maître incontestable du suspense et de l'angoisse sur grand écran.  
[extrait de Allo-Ciné.fr]