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Ciné-Collection : du 9 au 11 janvier 2015

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Charulata. (Inde) 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19543941&cfilm=65008.html Film de Satyajit RAY. - (1h57 - VOST) - (Produit en 1981)
Avec : Madhabi Mukherjee, S. Chatterjee, D. Bose.
Genre : drame, romance.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19513021&cfilm=65008.htmlScénario
1879, dans une Inde en effervescence et un Bengale en pleine renaissance culturelle... Le riche bourgeois libéral Bhupati s'efforce de lutter contre la domination britannique et rêve d'une défaite des Conservateurs aux prochaines élections qui amènerait un gouvernement tenant compte des intérêts de l'Inde.
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Pour cela, il consacre son temps et sa fortune au petit journal politique qu'il a créé, ce qui l'éloigne peu à peu de Charulata, son épouse ; vivant dans leur immense demeure victorienne, elle mène une vie quasi oisive (broderie, lecture, observation du monde derrière ses jumelles de théâtre).
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Conscient de cet ennui, Bhupati, qui vient de confier la gestion du journal à Umapada, le frère de Charulata, se décide à faire venir Amal, son jeune cousin pour la distraire. Drôle et séduisant, Amal rêve d'être écrivain. Libre de son temps, il encourage Charulata à écrire. Les deux jeunes gens se prennent rapidement au jeu et publient chacun une nouvelle dans un journal littéraire. Charulata retrouve la joie de vivre et l'amitié pour Amal devient un sentiment plus fort... Trahi par Umapada, Bhupati est ruiné. Apprenant la nouvelle, Amal, refusant d'être une charge, quitte la maison pour mais cause le désespoir de Charulata. Bhupati comprend tout ; pourtant, Charulata n'a pas changé de sentiments envers son époux et lui tend en silence la main...    [d'après cineclubdecaen.com]

Analyse
Derrière cette intrigue banale que Satyajit Ray (adaptée d’une nouvelle du poète  Rabindranath Tagore) le cinéaste réussit à fusionner des éléments très disparates dans une même composition :
- le mouvement brahmoïste né à Calcutta, qui prônait à la fin du XIXe siècle l’émancipation de la femme et l’ouverture de l’Inde aux valeurs de l’Occident, 
- l’hommage à l’écriture, dont plusieurs scènes de calligraphie soulignent la beauté plastique, et qui s’incarne dans les revues littéraires concurrentes où publient Charu et Amal comme dans le journal de Bhupati, 
- la description de la cristallisation amoureuse ou encore la musique et la chanson indiennes, qui surgissent tout d’un coup dans l’espace clos d’un intérieur bourgeois.

« Charu » fait le lien entre tous ces éléments, et entre les trois temps du film : celui du journalisme moderne et de la politique, celui de la cristallisation amoureuse et de la littérature, celui de l’effondrement du journal floué par le frère de Charulata.
C’est encore elle, à l’arrivée, qui formulera le compromis qui permettra au journal de renaître et au couple de continuer à vivre ensemble. À l’image de ces premières scènes lumineuses où elle guette les mouvements de la rue à l’aide de sa paire de jumelles dans un mouvement circulaire qui englobe le monde extérieur, Charulata rassemble et unifie toutes les lignes narratives d’un récit riche mais fluide, touchant, divers, d’où l’humour mutin ou l’ironie ne sont jamais absents.
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Charulata s’inscrit dans une vision progressiste de l’histoire de l’Inde : le film rend un hommage explicite, par la voix de Bhupati, au grand personnage de la révolution bengalie : Rammohan Roy – même si par ailleurs l’idéalisme altruiste mais naïf de Bhupati est voué à l’échec. Charulata est aussi un hommage au cinéma, celui de Renoir en particulier, lui aussi cité dans la caméra qui suit les mouvements de Charulata sur sa balançoire, comme celle de Renoir trente ans plus tôt voulait soulever les jupons de Sylvia Bataille dans Partie de campagne. Charulata prolonge la poésie à la fois sensible et réaliste de Renoir, dont on sait l’influence qu’il eut sur l’œuvre de Satyajit Ray : tous deux avaient en commun de ne pas distinguer la poésie du monde de l’humanisme qu’elle se devait d’exprimer. [d'après critikat.com]


Le réalisateur : Satyajit RAY
 
Fils d'une famille aux multiples activités artistiques, Satyajit Ray est né à Calcutta le 2 mai 1921. Deux ans plus tard, son père meurt; l'entreprise familiale (une imprimerie) est liquidée et le jeune enfant confié à son oncle maternel.Après avoir obtenu une licence d'économie, Satyajit Ray s'initie à toutes les formes d'arts graphiques et étudie les arts de tous les pays sans  sacrifier les traditions indiennes et leurs idéaux. De retour à Calcutta, il crée le premier ciné-club indien puis devient directeur artistique dans une agence de publicité britannique. A Londres, il profite pour découvrir tous les grands classiques du cinéma européen. C'est la méthode de tournage employée par De Sica dans Le voleur de bicyclette qui l'encouragea à préparer, en indépendant, son premier film.
Le tournage de ce film, premier d'une trilogie sur l'enfance (Aparajito, Apur Sansar) dura deux ans et demi. Ces difficultés n'apparurent pas à l'écran puisqu'il reçut le Prix du Document Humain à Cannes en 1956 et obtint un très grand succès en Inde. Satyajit Ray s'intéressa aussi à la condition de la femme dans Mahanajdeva et Charulata.

Puis, dans les années 70, il cessa de tourner des films situés dans le passé pour explorer les problèmes contemporains de l'Inde. Il est l'auteur de toutes les musiques de ses films dont il assure également les cadrages. 

Pour sa filmographie : cliquer ici