-.- Accès rapide aux rubriques -.-




________________________________________________________________________________________________________________
_

Ciné-concert : music-jazz pour les "Gosses"

-
Le Cinéma les Halles a créé l'événement ce vendredi 5 décembre (20h30), en organisant un ciné-concert, autour du film de Yazujiro OZU, les gosses de Tokyo. Ce film muet, en noir et blanc, réalisé en 1932, raconte comment des enfants, mécontents de l'attitude de leurs parents, décident de faire une grève de la faim et de la parole !  
- 
En ouvrant la séance, Paul Giraud, le président d'Au fil du temps, rappela ce que le public  avait ressenti après la première expérience de ciné-concert en 2012. C'était pour le 25ème anniversaire de l'association, avec le Brass Band Loire-Forez qui avait interprété la bande-son en direct du film Les Virtuoses. "Il faudra renouveler l'opération" avaient souhaité de nombreux spectateurs, à la fin de la séance qui les avait intéressés et émus.
- 
Ce nouveau ciné-concert n'a certes pas connu le même succès. Salle à moitié vide pour les pessimistes ? A moitié pleine pour les optimistes ? Peu importe, ce fut un régal musical pour les présents, le trio jazz se mettant au service du réalisateur Yazujiro OZU, maître du cinéma japonais.
-
Les trois musiciens - Jean-Charles Montibert à la trompette, Pierre-Yves Cote à la contrebasse et Denis Fargeat au piano- passionnés d'images et de sons se sont lancés dans une longue et belle improvisation. Pas de bande-son dans ce film muet de 1932 ? Alors quel plaisir d'en inventer une, de créer des ambiances, des mouvements, des sentiments sur les images qui défilent. Et en imaginant cette musique, ils re-créent une œuvre que nul n'a jamais vu ainsi.

Les musiciens ont fait preuve d'un grand talent et d'une belle entente
Ce fut d'abord la contre-basse qui démarra grave, émouvante sur les premiers plans du générique, puis le clavier et la trompette se mirent au diapason pour inventer de belles séquences. Surtout pas de parodie de musique plus ou moins "japoniaise", pas de surcharge pour artifices émotionnels, pas de thèmes récurrents, juste une interprétation libre, sentie au gré des changements de rythme. Une interprétation unique que seul un modeste enregistrement conservera encore.

Puis les musiciens se sont livrés à un sympathique échange avec le public. En toute modestie et pudeur. Ils avaient dit l'essentiel pendant les deux heures de projection. Ils expliquèrent néanmoins leurs intentions, leur visions et leur méthode de travail. Pas de vraie structuration pré-établie mais un choix de couleurs, de rythmes à partir de repères, d'émotions appuyée sur leur expérience amicale, pour créer un accord des instruments indispensable.

Sans doute cette expérience la renouvelleront-ils ! Et pourquoi pas encore au cinéma Les Halles, avec un autre film, pour une nouvelle création multicolore ?"