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"Je suis Marie", selon Jean-Pierre AMERIS


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Tandis qu'une grande partie de la France, depuis le 7 janvier, se dit solidaire des victimes de Charlie-Hebdo, on pourrait parodier le slogan et dire avec Jean-Pierre AMERIS "je suis Marie".
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JP Améris explique, tandis qu'il est sur l'écran avec Isabelle Carré

Invité par le Cinéma les Halles ce 19 janvier, le réalisateur a expliqué combien il s'était senti  touché par le personnage de Marie Heurtin dont son dernier film présente l'histoire forte et belle et sur laquelle il a travaillé sept ans.

Quel marathon cette journée ! Débutée à Paris, elle s'est poursuivie dès 10h par la rencontre successive de plusieurs groupes d'élèves : des classe de 5ème du Collège de Chauffailles, puis les 4ème du Collège Michel Servet et, en fin d'après-midi, des Terminales de la section Cinéma de Jérémie de la Rue. Entre temps il avait accepté d'échanger avec une belle assemblée des Aînés de Charlieu, pour clore le soir lors d'une dernière séance publique. Au total près de 350 spectateurs, passionnés et émus par le film, qui ont écouté et questionné le cinéaste avec plaisir. 


Les lycéens ravis de poser avec le réalisateur
Histoire édifiante ? histoire sainte dont le réalisateur serait l'hagiographe ? Non. Une histoire simple, vraie, vécue vers les années 1900, par une jeune adolescente exclue du monde de la communication, donc de la plénitude des rapports humains et qui, grâce aux efforts et à la ténacité d'une éducatrice, réussit à émerger de son isolement pour accéder à sa dignité  de femme. Pas de compassion ni d'émotion gratuites, mais un chemin d'émancipation parce que des femmes -religieuses d'une institution spécialisée près de Poitiers- avaient compris que par l'éducation, l'accès à la pleine humanité était possible à tous ; y compris aux sourds et aux aveugles, voire à ceux qui cumulaient les deux handicaps ! A condition de leur proposer des outils intellectuels adaptés à leurs capacités. Et sœur Marguerite d'inventer une langue des signes appropriée, comme le fit quelques années auparavant aux U.S.A., avec une autre méthode de lecture, Ann Sullivan pour Helen Keller. C'est alors que commence un long combat, une "lutte au couteau" :  cet instrument investi d'affects, de souvenirs et de puissance- sera le déclencheur puis le libérateur du langage et de la personnalité de Marie. La méfiance d'abord installée laissera place à une relation de dépendance, puis de confiance octroyant à la jeune fille son indépendance de vie. L'une de ces deux expériences restera célèbre, l'autre tombera presque dans l'oubli, jusqu'à l'arrivée du réalisateur  lyonnais, toujours aux aguets pour valoriser des cabossés de la vie. 

Le dialogue se poursuit encore dans le hall
Jean-Pierre  AMERIS aime partager. Généreux dans ses explications et anecdotes, il parle avec chaleur du scénario, de ses recherches et lectures, de ses intentions, de ses comédiens surtout. Il admire Isabelle Carré qui avait déjà tourné deux fois pour lui, il apprécie Brigitte Catillon. Il ne tarit pas d'éloge sur la jeune Ariana Rivoire qu'il a découverte dans un institut savoyard pour sourdes et qui a donné vérité et force au rôle de Marie. D'un regard, il a senti qu'elle pourrait incarner l'itinéraire de cette petite fille sale, violente et asociale, pour devenir celle qui lèverait son regard haut vers le ciel dans le plan final du film.
 
Jean-Pierre aime notre ville : depuis son tournage de "Le bateau de mariage" entre Charlieu  et Ecoche en 1993, jusqu'à "L'homme qui rit" adapté de Victor Hugo en 2013, il est venu déjà tant de fois ! Du coup, quand il a annoncé la sortie de son prochain film "La famille à louer", en salle dès juillet prochain, chacun a pensé à une nouvelle visite ! Pour une comédie, renouant avec le genre pratiqué avec "Les émotifs anonymes" en 2010. Et pour le plus grand plaisir de ses amis charliendins.