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Aventure humaine, aventure de la planète ...



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Ciné-débat autour de "LA GLACE ET LE CIEL" 
 film de Luc JACQUET

Il était bienvenu ce ciné-débat à la veille de la COP 21 qui devrait conduire à des mesures consenties par chaque État dans la lutte contre les gaz à effet de serre, afin ne pas transmettre un monde dégradé aux générations à venir.

« La glace et le ciel », avait été choisi dans le cadre de Sol’en films, opération liée à la semaine de la solidarité internationale, comme l’a rappelé le président Paul Giraud avant la projection. Ce très beau film-documentaire avait été remarqué à Cannes, réalisé par Luc Jacquet,  jeune cinéaste comblé par des Oscar et César, avec ses films précédents, notamment « La marche de l’empereur » (2006) et « Il était une fois la forêt » (2014).

Plus qu’un document, c’est une aventure humaine qu’il nous rapporte : celle de Claude Lorius, l’un des plus grands glaciologues au monde, qui a passé plus de 10 ans de sa vie en Antarctique,  entre -25 et -80°, selon les saisons et les tempêtes ! 

Sandrine ANQUETIN, directrice de recherche en hydrologie (CNRS - Grenoble)
Aventure de la science aussi : le film nous fait témoin de la science qui se constitue progressivement, par l’observation, l’intuition, la vérification. D’expédition en expédition, c’est tout le savoir sur les glaces qui nous est dévoilé : chaque couche remontée des profondeurs du pôle (plus de 3000m) laisse éclater de nouvelles bulles d’atmosphère emprisonnées et révèle ainsi les évolutions du climat depuis -20 000 jusqu’à -800 000 ans. Lorius est un pionnier qui a dévoilé l’incidence tragique des activités humaines sur les cycles naturels de la planète. Et a crié « au secours » sans être vraiment entendu !
 
La conférencière Sandrine Anquetin, experte au laboratoire d’hydrologie du CNRS de Grenoble, a bien confirmé cela au nombreux public qui s’était déplacé pour l’entendre : tous les travaux récents vérifient les intuitions et les découvertes de Lorius et ses collègues français, russes ou américains. Il n’y a plus place pour le climato-scepticisme.  Hélas ! comme le laisse entendre Lorius à la fin du film, appelant à s’interroger : que faire désormais ?

Devant le pessimisme de spectateurs --conscients de la gravité de la situation mais percevant peu de réactions des politiques-, Mme Anquetin s’est montrée plus encourageante. D’abord il y a des signes qui marquent quelques changements : l’engagement des ONG, la convergence d’États prêts à faire évoluer les modes de vie et de consommation, les mouvements de citoyens... Rien n’est négligeable : limiter l’effet de serre, c’est consommer moins, c’est produire autrement et s’engager dans une vraie transition énergétique.

Compliqué ? Sûrement. Indispensable ? Encore plus. Sans oublier, ce qu’elle n’a cessé de rappeler au cours du débat, que « l’énergie la moins polluante, c’est celle qui n’est pas consommée !»

Et là, chacun est concerné au plus haut point.