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Cycle Ciné-Collection - projections du 04 au 06 décembre 2015

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19481970&cfilm=314.html
Film de Mark RYDELL. - (2h14 - VOST)
Produit en 1980
Avec : Bette Midler, Allan Bates, Frederic Forrest.
Genre : musical, drame, romance.
Cycle Ciné-Collection

Scénario. Évocation de la vie tourmentée d'une chanteuse de rock à la fin des années 60.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19481970&cfilm=314.htmlAnalyse. À l’origine de ce film emblématique de la carrière de Bette Midler, il y a la vie -et la mort- de Janis Joplin et les années hippies, entre «flower-power», alcool et piquouses. Conçu dès 1970, au lendemain du décès par overdose de la chanteuse, le projet initial s’intitulait Pearl, surnom de Janis Joplin et titre de son dernier album posthume. Déjà proposé à Bette Midler, qui le refuse, le film n’aboutira que huit ans plus tard, au prix de réécritures multiples par des auteurs aussi illustres que Michael Cimino pressenti un moment, Ken Russell ou le scénariste de Vol au dessus d’un nid de coucou, Bo Goldman.
The Rose sort sur les écrans américains en 1979, la même année que le musical All That Jazz – ce dernier raflant à Cannes et à Hollywood tous les prix dont il pouvait rêver. Les deux films partagent le même culte romantique de la star excessive, fragile et hystérique qui, à l’heure où la vie tumultueuse et triste d’Amy Winehouse fait recette, connaîtra peut-être un regain de fortune : la « Rose » à fleur de peau et à la voix cassée qu’incarne avec fureur Bette Midler a elle aussi son lot de blessures narcissiques, de traumas sans remèdes et de désespoir, le tout sublimé par l’intensité de son chant. Chant du cygne, émouvant et électrique (les scènes de concert, dans le cadre de Vilmos Zsigmond, sont très convaincantes), qui sacrifie aussi au topos de la rock-star martyr : le temps n’est pas encore à la toute-puissance couillue et sportive d’une Madonna, les bêtes de scène sont encore les fauves en cage enfermées dans leurs névroses et dans l’avidité du star system américain. Mais d’une star (et d’une ère) à l’autre, le narcissisme est intact : Bette Midler, en mode live recording, occupe tout l’écran. Pas le moindre hors-champ, pas le moindre interstice sur un autre monde que le sien – celui de l’amoureuse transie, de la chanteuse survoltée et de la girl next door du Tennessee dont le physique et la dégaine peu glamour reflètent un autre temps. 
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L’ombre d’un doute. - Curieuse fiction toutefois que cette vie d’une rock star inventée à partir d’une figure bien réelle. The Rose est en effet fondé sur une ambiguïté : bien que le film repose sur le souvenir nostalgique d’une artiste sulfureuse dont tout rappelle les prouesses et la personnalité (amours malheureuses, dégaine white-trash, traumas de jeunesse – jusque la voix mimétique de Bette Midler), cette ombre planante est totalement évacuée. La fiction, où les crises de nerfs et les nuits d’ivresse se succèdent, ranime les années Woodstock, le remue-ménage scénique encore brouillon et les tenues hippies de Janis Joplin ; or cette « Mary Rose », extrêmement touchante et talentueuse par ailleurs, prétend affirmer son autonomie, sa vie propre, comme si en quelque sorte le long-métrage déployait le biopic d’une rock-star bien réelle nommée… Mary-Rose Foster « The Rose ». Fermement refusé par les gardiens du souvenir de Janis Joplin, The Rose n’est rien sans son modèle, mais fait pourtant comme s’il n’avait pas existé. D’où sans doute l’inconfort d’une fiction qui ne trouve pas pleinement son rythme mais s’anime surtout dans les scènes de concert, où d’authentiques musiciens (issus des groupes de Cher, Alice Cooper ou Lou Reed) jouent leur propre rôle.

In bed with Bette Midler. The Rose, projet né d’une disparition prématurée, c’est aussi l’histoire d’une agonie ; peu d’ellipses dans ce récit intense mais inégal d’une tournée rocambolesque – « rock’n roll » – où Rose ne s’appartient plus mais rêve de se retrouver enfin, de se reposer. Malheureuse comme la pierre dont les mythes bâtissent leurs églises, la Rose de Mark Rydell est un personnage coupé en deux, séparé, un peu à la manière du personnage de Myrtle dans Opening Night, le chef d’œuvre de Cassavetes sorti deux ans plus tôt : entre la scène et l’intime (que Rose partage avec le fringant Frederic Forrest), les deux actrices ont en commun une forme à la fois extrême et subtile de jouer la tension entre leur personnage public et cette petite chose folle, agitée et pleurnicharde qui n’est pas assez forte pour l’affronter et lui survivre.
The Rose témoigne aussi, grâce notamment à la foi contagieuse de son actrice et à la sincérité de sa composition, d’un autre âge où la figure de l’artiste, encore maudit, était un contre-modèle entier et absolu : encore loin du professionnalisme et de la subversion aux intérêts bien compris de la décennie qui suivra (In Bed with Madonna, 1991) ou du vertueux combat d’une femme contre le pouvoir machiste (Tina, 1993), The Rose n’a rien à proposer que le culte de son désespoir, incorrect et musical. Ce qu’il fait avec brio, grâce notamment à la force et la conviction de son interprète.
[extrait de critikat.com]

Mark RYDELL 

Cinéaste et acteur américain (1934-New York).
Après des études cinématographiques, Mark Rydell choisit pourtant de se consacrer à la musique jazz. Au milieu des années 50, après avoir fait ses débuts sur les planches de Broadway et organisé des spectacles pour les militaires américains, il fréquente l'Actor's studio puis se lance dans une carrière télévisée, se distinguant notamment dans le soap-opera Days of our lives.

C'est en 1956 qu'il fait ses débuts au cinéma en incarnant un maniaque dans Face au crime de Don Siegel, où il côtoie John Cassavetes. S'ensuit alors un longue parenthèse de douze ans durant laquelle il se consacre exclusivement à la réalisation de téléfilms. En 1968, il réalise son premier long métrage, Le Renard, puis enchaîne un an plus tard avec Reivers, une comédie portée par Steve McQueen et adaptée d'un roman de William Faulkner.

En 1972, Mark Rydell réalise le western Les Cow-boys dans lequel il dirige la légende John Wayne (qu'il fait tuer aux 3/4 du film !). Puis il revient devant la caméra et joue sous la direction de son ami Robert Altman dans le film policier Le Privé. Un retour à la case acteur qui ne l'empêche pas de vite se remettre à la réalisation avec Permission d'aimer, une romance menée par James Caan.

En 1979, Mark Rydell signe The Rose, le film s'inspirant de la vie de Janis Joplin où Bette Midler se révèle au grand public, prouvant qu'il est à l'aise dans tous les registres. Mais la récompense suprême arrive en 1981 avec La Maison du lac, un drame familial qui réunit Henry Fonda et sa fille Jane, ainsi que Katharine Hepburn, et qui lui rapporte l'Oscar du meilleur réalisateur.

En 1984, Mark Rydell dirige Mel Gibson dans La Rivière puis retrouve Bette Midler et James Caan, deux de ses complices, pour For the Boys en 1991. Le drame Intersection (remake américanisé des Choses de la vie), avec Richard Gere et Sharon Stone, est sa dernière mise en scène en 1994.
En tant qu'acteur, il apparaît en 1990 dans le Havana de Sydney Pollack puis en 2002 dans Hollywood ending de Woody Allen.
[extrait de allo-ciné.com]