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Festival du film palestinien en Auvergne-Rhône-Alpes

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De nombreuses villes de la nouvelle grande région Auvergne-Rhône-Alpes ont mis en l'honneur le cinéma palestinien, à l'occasion du deuxième festival  "Palestine en vue", qui s'est déroulé du 24 au 31 mai 2016.

Charlieu se félicite d'avoir pu s'inscrire dans ce mouvement, en présentant 4 séances du film

 DÉGRADÉ, des frères Arab et Tarzan NASSER.


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Présenté à la Semaine de la Critique -Cannes 2015- ce film met en valeur les femmes palestiniennes -c'est d'ailleurs le thème de cette 2e  édition- dans leur quotidien de la vie à Gaza. L'intrigue se déroule dans un salon de coiffure ; certes c'est le lieu privilégié pour s'occuper de soi, mais aussi pour établir des rencontres, voire échanger quelques papotages. Instants  insignifiants, amusants, caustiques, qui traduisent apparemment l'insouciance du monde. 

Bien vite, le salon n'est plus simplement un ilot de beauté et de cordialité ; il devient la représentation, l'image d'un monde particulier, celui des affrontements entre le parti au pouvoir et des partis d'opposition voire des milices provocatrices ; il est lieu d'angoisse, pour les enfants, les maris, les amis, dont elles s'inquiètent en entendant les bombardements et les rafales de kalachnikov. Il devient bunker quand la menace se déroule juste derrière la porte de fer qu'il faut à toute vitesse tirer pour se protéger.

Bref ce salon est la métaphore -côté séduction puis côté destruction- de ce pays qui souhaiterait vivre sereinement mais est bloqué politiquement, économiquement, balloté entre les intérêts ou les négligences des puissances du monde.

Rien n'est dit des événements et des drames des palestiniens mais tout transparaît dans les dialogues entre ces 13 femmes enfermées lors d'un banal après-midi. Treize portraits magnifiques dans leur diversité : toutes les opinions sont sans doute là, les croyances, les convictions, les choix de vie ou de mœurs. Et le temps du film, on aperçoit la dynamique des personnages évoluer au gré des événements extérieurs, des réactions intérieures, des crispations, des coupures de courant, des bagarres ou même  des cris de douleur de celle sur le point d'accoucher dans ces conditions inattendues. Et à la fin, c'est la solidarité qui semble l'emporter...

Rien n'est dit ;  tout est dit pourtant de façon subtile, intelligente. Et le spectateur découvre à travers ces propos et gestes insignifiants, la grande difficulté de vivre en ce pays de 370 km2 pour 2 millions d'habitants.

Les cinéastes -les frères NASSER- sont remarquables dans ce choix de la suggestion, jouant sur les tous les ressorts techniques : angles de vue, jeux de miroirs dont le salon de coiffure est couvert,  lumières fluctuant au gré des moments de beauté ou de drame, etc. Sans oublier la finesse des mots !

Au cours des deux séances du vendredi 27, le Cinéma les Halles a eu le plaisir d'accueillir Christiane PREBET présidente de l'E.R.A.A.P., - association d’Échanges Rhône-Alpes Auvergne Palestine - ainsi que Pierre THIVEND.  

Ils nous ont fait part de leur connaissance du terrain, nous ont expliqué la complexité du conflit entre Palestine et Israël, des difficultés  mais aussi des espoirs à voir évoluer les choses. Ils nous ont aidés également à comprendre et mettre en valeur le film et les actrices, dont deux seules sont professionnelles. 

Les  échanges lors de l'après-midi  furent nourris, évoquant l'histoire, la situation politique et diplomatique, les conditions de contacts et de voyage dans ce territoire. Le soir, les spectateurs ont semblé plus réservés, plus émus par le film et les questions  furent moins nombreuses. Ce fut l'occasion d'un commentaire plus construit et d'une mise en valeur filmique plus évidente.

Un grand merci aux deux intervenants. Et sans doute à une prochaine année pour de nouvelles découvertes.
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Ci-dessous, le compte-rendu de la projection, paru dans Le Progrès -édition de Roanne-, le dimanche 29 mai.

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