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Cycle Ciné-Collection - du 21 au 26 septembre 2016

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Little Big man. (U.S.A)http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.fr/2015/08/saison-2015-2016.html

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19427398&cfilm=1352.html
Film d’Arthur PENN. - (2h19 - VOST)
Avec : Dustin Hoffman, Faye Dunaway, Martin Balsam.
Genre : western, aventure.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19427398&cfilm=1352.htmlScénario.
Un journaliste vient recueillir le témoignage de Jack Crabb, 121 ans, dernier survivant de la bataille de Little Bighorn qui vit la victoire des Indiens sur les troupes du général Custer. Le vieil homme se met à raconter l’histoire de sa vie : le massacre de ses parents par les Indiens pawnees, son adoption par les Cheyennes -un pasteur et sa femme-  où il reçut le surnom de Little Big Man, puis son retour parmi les Blancs en pleines guerres indiennes. Mais le jeune homme est partagé entre ses origines indiennes et son nouveau peuple... 

Analyse.

Dustin Hoffman
Little Big Man s’ouvre et se clôt sur le gros plan d’un visage ruiné par la vieillesse, celui de Jack Crabb (Dustin Hoffman). Ce visage-cicatrice, témoignage de la vie extrêmement chaotique du personnage, finit par se superposer à l’image d’un paysage américain où gisent les vestiges d’un conflit entre Blancs et Indiens. La fresque existentielle poignante de ce paumé magnifique sera ainsi le miroir d’une Amérique aux prises avec sa propre violence. Ce chef d’œuvre d’Arthur Penn poursuit bien l’œuvre « néo-hollywoodienne » du cinéaste fondée sur le questionnement des valeurs de l’Amérique et le possible surgissement salutaire d’une autre société.
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Little Big Man est le récit initiatique de l’enfance et la vie d’adulte du personnage jusqu’à la débâcle de Little Bighorn. Le jeune anti-héros, adopté enfant par le chef Cheyenne puis sans cesse ballotté d’un camp à l’autre, découvre alors tour à tour les usages Cheyennes et ceux des WASP. En choisissant le point de vue unique d’un ingénu, le western met à égalité de manière inédite les mœurs des Blancs et celles des Indiens.
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Faye Dunaway
Adapté du roman de Thomas Berger Little Big Man, Mémoires d’un visage pâle, le scénario en reprend les détails  qui mettent en valeur la liberté et la tolérance du peuple Cheyenne. Dans cette société monogame, l’on permet soudainement à un homme d’avoir quatre épouses, parce que des temps particulièrement difficiles l’exigent. À la sagesse et à l’authenticité des mœurs indiennes s’oppose un portrait-charge aux accents voltairiens de l’Amérique « blanche », reposant sur une galerie de personnages à la limite du clownesque. La femme du révérend Pendrake, incarnée par Faye Dunaway dans une de ses plus belles performances d’actrice, est, avec le général Custer, une des deux figures clés incarnant cette Amérique à la fois drôle et déliquescente.  Le général Custer est le pendant masculin bouffon et terrifiant de cette critique de l’Amérique triomphante. Au fur et à mesure, il dévoile un personnage d’opérette vaniteux et cruel, parlant de lui à la troisième personne et, surtout, prêt à massacrer poneys, femmes et enfants. La sauvagerie des trois grandes séquences d’assaut contre le peuple Cheyenne forment un tragique écho avec les images de la guerre du Vietnam qui inondaient alors les postes de télévision. La mise en scène d’Arthur Penn en fait avant tout un spectacle traumatique. La violence surgit plein champ, démultipliée par les nombreux changements d’axes de prise de vue, filmée à coups de panoramiques fulgurants, en alternance avec le visage horrifié de Jack Crabb, témoin impuissant du massacre. Les séquences de dialogue apaisé avec le vieux chef forment un contraste saisissant face à ces moments de prolifération enragée de la violence. C'est lui qui porte un discours pacifiste « Les Blancs pensent que tout est mort. Nous, les êtres humains, pensons au contraire que tout est vivant. »  

La fulgurance du montage de Little Big Man n’est pas seulement au service de la violence des scènes de guerre, elle souligne, à travers le récit plein d’ellipses rapides comme l’éclair de la vie de Jack, le vertige existentiel où l’on se sent soudainement étranger à son propre passé.
[d'après critiket.com]

Arthur PENN

Né le 27 septembre 1922 à Philadelphie, c'est un réalisateur américain. Après avoir fait ses armes à la télévision, il réalise son premier long-métrage en 1958, Le Gaucher avec Paul Newman. Film en rupture avec Hollywood, montrant son goût pour le cinéma européen et la fascination qu'il emprunte à la Nouvelle vague française. 
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Après avoir réalisé Miracle en Alabama, il met en scène en 1966 La Poursuite impitoyable qui montre un lynchage dans une Amérique sudiste avec Marlon Brando et Robert Redford. Le film sera saboté par le producteur et désavoué par Penn et ses deux acteurs. Il réalisera deux autres western avec Little big man en 1970 avec Dustin Hoffman et Missouri Breaks en 1976 avec Marlon Brando et Jack Nicholson. Son chef d'œuvre reste sans doute Bonnie and Clyde en 1967 avec Warren Beatty et Faye Dunaway. Il réalise en 1975 La Fugue avec Gene Hackman et James Woods. 
La filmographie d'Arthur Penn montre l'évolution de l'Amérique, comme le dit Olivier Eyquem "une parabole de l'Amérique moderne" avec la dépression montrée dans Bonny and Clyde, l'après Viêtnam dans La Fugue. Arthur Penn filme l'individu anormal dans Miracle en Alabama, le hors-la-loi dans Le Gaucher, le marginal dans La Poursuite impitoyable, l'indien dans Little big man, le hippie dans Alice's restaurant face auxquels la société ne peut répondre que par la violence, en tuant Bonny et Clyde, en massacrant les indiens, en lynchant un évadé. 
Dans les années 80, il cède à un cinéma plus commercial comme les thrillers Target (1985) ou Froid comme la mort (1986). 

Il décède le 28 septembre 2010.