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Cycle Ciné-Collection - semaine du 09 au 15 novembre 2016

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L'histoire officielle. (Argentine)

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19564760&cfilm=1107.html
http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.fr/2016/05/saison-2016-2017.htmlFilm de luis PUENZO. - (1h52 - VOST)
Avec : Norma Aleandro, Héctor Alterio, Hugo Arana.
Genre : drame.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19564760&cfilm=1107.htmlScénario - Trois ans après la fin de la dictature argentine, Luis Puenzo construit en 1985, dans L’Histoire officielle, une fiction qui décrit l’époque de transition du gouvernement de Raúl Alfonsín, lorsque les langues vont se délier sur les années noires. Alicia est professeure d’histoire, mais « ne sait pas son histoire ». Elle cherche à la connaître et entre dans ce que Puenzo nomme une tragédie : « Quand tout ce que tu fais va à l’encontre de tes intérêts, mais que tu ne peux pas faire autrement. » En découvrant les liens de son mari, homme d’affaires, avec le pouvoir militaire, l’origine de sa fille adoptive, les tortures subies par une amie, elle peut enfin comprendre ce que lui explique un collègue : « C’est toujours plus facile de croire que c’est impossible. Parce que si c’était possible, il faudrait des complices, et beaucoup de gens qui ne veulent pas croire ce qu’ils ont vu. » Cette œuvre majeure, en montrant les mécanismes qui entretiennent l’oppression plutôt que l’oppression elle-même, rappelle qu’une dictature est avant tout une « maladie collective ».
[Le Monde diplomatique - nov. 2016 - Philippe Person]


Analyse - Malgré une forme un tant soi peu classique, L’histoire Officielle extraie sa force des différents thèmes abordés, tous plus épineux et inhumains les uns que les autres. Dans son récit, Luis Puenzo aborde la torture, les disparus, et principalement les bébés volés aux mères emprisonnés, qui furent ensuite recueillis par des familles proches du gouvernement, et du pouvoir en place. La dimension historique de l’oeuvre fait de L’histoire Officielle un travail de mémoire après la dictature de la Junte. Les argentins tentent d’exorciser leurs démons, désireux de faire de cette sombre période une force pour le futur et l’avenir de leur pays.
Le scénario de Luis Puenzo est un magnifique portrait de femmes, magnifiquement porté par des actrices, et acteurs, au sommet de leur art, avec une mention spéciale pour Norma Aleandro qui s’offre aux spectateurs sous toutes ses coutures, ce qui ne peut que l’embellir et faire de cette battante une héroïne a part entière.

Malencontreusement, malgré les différents prix remportés lors de son exploitation mondiale, L’histoire Officielle peine à s’imposer comme un grand film. Outre l’oubli de cette œuvre par le public, on reprochera au long-métrage de trop jouer et insister sur la corde sentimentale. Luis Penzo vient au spectateur pour lui tirer les larmes, faisant de son film une oeuvre trop sépulcrale, virant parfois même au misérabilisme. La mise en scène est académique et ne peut que rappeler bon nombre de films américains contemporains se contentant de filmer et d’émouvoir sans intégrer une « patte » cinématographique à l’œuvre et à la réalisation. Les nombreux gros plans, qui exhibent les actrices dans toute leur détresse, sont parfois larmoyants, voire pathétiques, ce qui nous éloigne de toute dimension attendrissante qui aurait été désirée. Mais par ces choix techniques et scénaristiques, Luis Puenzo fait de ce travail de mémoire une œuvre accessible, qui tend à se rapprocher du documentaire, car beaucoup apprendront sur ce passé tragique de l’Argentine.

Pourquoi ce titre, L’histoire Officielle ? Luis Puenzo, par son travail de mémoire, fait le choix de mettre au premier plan trois histoires officielles qui furent longtemps remises en cause. Les trois histoires peuvent clairement être distinguées, mais parviennent à former une unité de laquelle le film tire toute sa puissance. A l’histoire retravaillée par de nombreux médias ainsi que par le régime dictatorial se mêle l’histoire enseignée par Alicia, qui devra affronter bon nombre de détracteurs, que sont ses élèves, qui dénigreront et feront tort à de nombreux préceptes. Enfin, Luis Puenzo conte l’histoire personnelle d’Alicia, balisée par de nombreuses incertitudes, des faits biaisés, des prises de conscience et des doutes qui feront de sa vie ordinaire une véritable débâcle, sous une des dictatures les plus terribles que les pays sud-américains aient connu. 
[www.cineseries-mag.fr]