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Cycle Ciné-Collection - semaine du 4 au 10 janvier 2017

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19424384&cfilm=340.html
http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.fr/2016/05/saison-2016-2017.htmlFilm de Tod BROWNING. - (1h02 - VOST)
Produit en 1932
Avec : Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova.
http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.fr/2016/10/cycle-cine-collection-semaine-du-09-au.htmlGenre :  drame, épouvante-horreur.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18653128&cfilm=340.htmlScénario. Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s'exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l'écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l'acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d'une belle somme, celle-ci décide de l'épouser pour l'empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger... 
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Analyse :  [extraits tirés de telerama.fr -14/11/2016]
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Film de Tod Browning (1932) : œuvre majeure du cinéma jetée aux oubliettes pendant trente ans qui en influença plus d'un… de Lynch à Burton, en passant par “American Horror Story”.


On raconte, à propos d’une première à San Diego, en janvier 1932, qu'une femme serait sortie en hurlant, qu'une autre aurait fait une fausse couche… Le film, c’était Freaks, la monstrueuse parade (1932), de Tod Browning, l’histoire d’une communauté de « vrais » monstres de foire : un homme fort, un homme-tronc, une femme à barbe, des sœurs siamoises, etc. Et surtout, celle d’un nain qui délaisse sa fiancée (naine elle aussi), pour une trapéziste « normale », vénale et méprisable, qui subira une vengeance traumatisante.

Si le cinéaste a choqué, c’est qu’il montrait frontalement les anomalies physiques d’êtres "anormaux"  et interrogeait sans concession la frontière entre humanité et monstruosité, avec, à la clé, une vision désespérante de la condition humaine.

A l’époque, la MGM veut capitaliser sur le succès des films d’horreur. Freaks se retrouve rapidement dans le viseur des groupes de pression catholiques, qui y voient une œuvre dépravée. Il est retiré des salles au cours de l’été. Un échec qui sonne le glas de la carrière du cinéaste.
Trop avant-gardiste pour son temps, Freaks est jeté aux oubliettes pendant trois décennies avant d’être redécouvert dans les années 60, notamment par le festival de Venise, qui le diffuse en novembre 1962, soit un mois après la mort du réalisateur.

Depuis, Freaks est considéré comme une œuvre majeure du cinéma. Outre Federico Fellini (les visages monstrueux du Satyricon, 1969), Alejandro Jodorowsky (les malformations congénitales des acteurs d’El Topo, 1970) ou David Cronenberg (la transformation d’un homme en ectoplasme dans La Mouche, 1986), il a particulièrement influencé Werner Herzog, David Lynch et Tim Burton.
Werner Herzog et les marginaux

Fasciné par l’anormalité et la folie, Herzog met en scène, dès son premier court métrage (Herakles, 1962), des culturistes dans une salle de musculation. Ces hommes forts à la Browning, dont les muscles saillent jusqu’à la difformité, le cinéaste les confronte, par images interposées, aux horreurs du monde (accidents de voiture, bombes, décharges publiques). Et les renvoie in fine à leur impuissance. 

Les Nains aussi ont commencé petits (1970) est sans doute l’œuvre, chez lui, qui s’inspire le plus directement de Browning. Elle raconte une violente révolte dans un asile de nains, devenant absurde et incontrôlée. Un déchaînement des pires pulsions humaines.

David Lynch et son “Elephant Man” : ce chef-d’œuvre de noirceur et d’humanisme, reste sans doute à ce jour le plus beau descendant de Freaks. C’est une adaptation romancée de la vie de Joseph Merrick, monstre de foire atteint d'une maladie génétique qui déforme irrémédiablement le corps et le visage.
Lynch l’envisage comme une sculpture et, à l'instar de Browning, tire une vertigineuse réflexion sur la monstruosité : « Je ne suis pas un animal ! Je suis un homme ! »

Tim Burton, l’amour des “freaks”. Il a toujours fait preuve, comme Browning, d’une profonde compassion pour les inadaptés. On connaît surtout Edward aux mains d’argent, et ses handicapants doigts en forme de ciseaux, ou Le Pingouin de Batman, le défi, et ses paluches palmées. Chez lui, les « anormaux » prennent aussi la forme d’artistes à contre-courant.
Dans Miss Peregrine et les enfants particuliers, sorti en octobre 2016, il imagine une communauté d’étranges créatures (dont une fille avec une mâchoire sur la nuque), auxquelles il s’identifie. « Ces enfants n’ont pas de super-pouvoirs. Juste une particularité un peu embarrassante. C’est comme cela que je me sentais quand j’étais petit », déclarait-il lors d’une rencontre en septembre dernier.D’autres influences. Aujourd’hui, Freaks continue d’influencer. Des réalisateurs contemporains le citent comme référence (Asia Argento, Guillaume Nicloux) ou influence revendiquée (Jacques Audiard pour De rouille et d’os, 2012). Guy Maddin multiplie les références à Browning (Des trous dans la tête !), Pablo Berger met en scène des nains (Blancanieves), et les frères Farrelly explorent le potentiel comique des frères siamois (Deux en un). Dans Planète terreur, de Robert Rodriguez (2007), hommage pop à la contre-culture, la femme avec une mitraillette à la place de la jambe est, en somme, une lointaine descendante de Freaks.

Récemment, les déclinaisons de l’univers de Browning sont plutôt apparues à la télévision : La Caravane de l’étrange (2003-2005) et, surtout, la saison 4 d’Ame
rican Horror Story (2014-2015) qui se déroule dans un « freak show » des années 50 et reprend la plupart des éléments du film. Sans oublier les hommages sur scène, comme Obludárium, des jumeaux Forman (fils de Milos). Car, au-delà du film d’horreur, Freaks reste un film de cirque.