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Cycle Ciné-Collection - semaine du 2 au 8 mai 2018



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19576093&cfilm=9525.html
http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.fr/2017/05/saison-2017-2018.htmlFilm de Vittorio De Sica. - (1h40 - VOST)
Avec : Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo, Renato Salvatori.
https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000023790Genre : drame, guerre.
Cycle Ciné-Collection
 
https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000023790Scénario. En 1943, une jeune femme, veuve, décide de fuir Rome avec sa fille adolescente pour retrouver le calme de son village. Les deux femmes sont prises dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, alors que l'Italie est envahie à la fois par les Allemands et les Alliés. Une partie de l'histoire s'inspire de faits réels...

Analyse.  En 1960, La Ciociara, parfois connu sous l’affreux titre La Paysanne aux pieds nus, réunit pour la deuxième fois (après L’Or de Naples) Vittorio De Sica, dont le nom est encore irrémédiablement attaché au néoréalisme, et Sophia Loren, qui lui inspirera plusieurs films, et lui vaudra ses principaux succès dans les années 1960. "La" Loren vient de passer quelques années à Hollywood, et de tourner pour George Cukor, Henry Hathaway ou Sidney Lumet ; La Ciociara, qui marque son grand retour au pays, lui offre un rôle de femme italianissime, « mamma » au grand cœur et à la forte tête, et qui lui vaudra notamment… un Oscar !


Tout est fait pour Sophia Loren dans La Ciociara. Le producteur du film, Carlo Ponti, est aussi l’époux de la belle, et entend lui offrir un rôle à la mesure de son talent : ce sera celui de Cesira, jeune veuve qui élève seule sa fille de quatorze ans dans l’Italie de 1943, et qui, après un violent bombardement, décide de quitter Rome pour rejoindre son village natal. Là, la mère et la fille font la connaissance d’un jeune homme brillant et engagé qui a la tête – mais pas la voix – de Jean-Paul Belmondo ; la fille s’en éprend, il s’éprend de la mère ; pendant ce temps-là, la guerre continue, le pain se fait plus rare et les bombardements plus fréquents…
Le projet de porter à l’écran le roman d’Alberto Moravia date de quelques années auparavant ; la première fois que l’idée a été abordée, c’était dans la perspective de confier à Cukor la réalisation, à Loren le rôle de l’adolescente, et à Anna Magnani celui de sa mère ! Quand, en 1960, le projet se concrétise, cette fois avec De Sica, l’interprétation de Loren fait la part belle à l’héritage de la Magnani, et des rôles de femmes au fort caractère, à la fois obstinées et généreuses, dans lesquels on l’avait souvent admirée. Ce personnage est sans conteste la plus grande réussite du film : partant du cliché de la « mamma » possessive, intransigeante et d’une ostensible fierté, il le travaille et s’en dégage, mettant progressivement en lumière des failles et des doutes qui ouvrent peu à peu la voie à la perte de contrôle, et au désarroi. Derrière l’imposante beauté, et l’assurance manifeste, derrière la dignité un peu rugueuse et volontiers hautaine, les fêlures sont nombreuses, et Loren exploite admirablement ce glissement progressif vers le déchirement, et l’aveu des fragilités. C’est bien simple : on ne voit qu’elle. Au risque, peut-être, de laisser de côté des personnages qui auraient mérité d’être davantage creusés : le voisin et occasionnel amant qu’incarne Raf Vallone est oublié au bout de dix minutes de film, et même le personnage de Belmondo ne dépasse guère le statut légèrement caricatural du jeune intellectuel lucide et désabusé.

Tout repose sur l’odyssée d’une femme qui, fuyant la violence, s’y retrouve sans cesse confrontée – et qui ne parvient finalement à comprendre la réalité d’une guerre qu’elle passe son temps à éviter (physiquement ou moralement) qu’au prix d’une tragédie. Tout repose sur une star que le film consacrera comme telle : à la sortie de La Ciociara, Sophia Loren récoltera toute une série de récompenses, parmi lesquelles le prix d’interprétation de Cannes, et l’oscar de la meilleure actrice (qui récompensait pour la première fois une prestation non anglophone). Autour de ce personnage fondateur – et passionnant −, le film peine à installer son climat, et à définir ses ambitions ; il reste tiraillé entre une veine néoréaliste mal assumée (pourtant appelée par la double présence, douze ans après Le Voleur de bicyclette, de De Sica et de son scénariste fétiche Cesare Zavattini), et la tentation du mélodrame à tendance hollywoodienne et, plus généralement, du spectaculaire. L’inspiration néoréaliste, encore sous-jacente, ne fonctionne pas vraiment, et la description d’un contexte et d’une époque se laisse devancer par la mise en scène d’un personnage féminin, des épreuves qui le construisent, et des émotions qu’il suscite. Signe, peut-être, d’une victoire du spectacle sur le témoignage.

Reste un film qui construit une fiction plus qu’il ne cherche à capter une réalité, et qui met en scène les émotions plus qu’il ne les intercepte. Un film de cinéma, où le cinéma se montre, s’exhibe. Un film qui, loin des ambitions quasi documentaires de l’immédiat après-guerre, joue la carte du star-system, et qui l’assume. Puisque la star en question a le talent et la classe de Sophia Loren, on aurait tort de lui en tenir rigueur, et de se priver de quelques belles larmes.
[Tiré de : critikat.com]


Vittorio DE SICA (1901-1974)

Enfance à Naples, puis Florence et Rome. C’est là qu’il suit des études de comptabilité et met à profit les talents d’acteur exercés pendant le conflit, dans des pièces jouées pour les soldats hospitalisés. Grâce à un ami de ses parents, il décroche en effet son premier rôle au cinéma, dans L'Affaire Clémenceau (1917).

Théâtre ensuite, qu’il fréquente exclusivement entre 1923 et 1932 ; il se fait remarquer  grâce à son rôle dans la comédie Les Hommes, quels mufles !. Il se fait alors de plus en plus présent au cinéma, avec les réalisateurs tels que Mario Camerini, Amleto Palermi ou Carlo Ludovico Bragaglia, qui lui offrent surtout des comédies.

Passé à la réalisation à partir de 1940, Vittorio De Sica reste dans le même genre avec Roses écarlates, Madeleine, zéro de conduite ou Mademoiselle Vendredi. Le metteur en scène participe au courant néoréalisme italien dès 1944, avec Les Enfants nous regardent, qui marque la première de ses seize collaborations avec Marcello Mastroianni (en tant qu’acteur ou réalisateur), mais surtout son explosion auprès du public.

La confirmation ne se fera d’ailleurs pas attendre. Mettant en images des scripts qu’il a notamment co-écrits avec Cesare Zavattini, l’une des figures de proue du néoréalisme, De Sica ausculte les ravages causés par la Seconde Guerre Mondiale sur son pays, avec Sciuscia, La Porte du ciel et – surtout – Le Voleur de bicyclette, encore considéré comme son plus grand film aujourd’hui. De moins en moins en vue, à cause d’un gouvernement qui affiche un optimisme de façade, le mouvement s’éteint petit-à-petit, et le metteur en scène lui fait ses adieux avec Miracle à Milan (1951) puis Umberto D. (1952), l’un de ses films les plus personnels puisqu’il y rend hommage à son père.

Le succès, lui, se fait moins fréquent. Un peu refroidi par le désastre public d’Umberto D., Vittorio De Sica revient alors à un registre plus léger. Très présent devant et derrière la caméra, il se fait remarquer grâce à son rôle dans Madame de... (1953), et des réalisations telles que L'Or de Naples et La Paysanne aux pieds nus, qui vaut à Sophia Loren une flopée de récompenses, parmi lesquelles le Prix d’Interprétation à Cannes et l’Oscar de la Meilleure Actrice. Egérie de son cinéma de 1954 à 1974, celle-ci se voit d’ailleurs consacrée à diverses reprises à travers le monde, grâce à Hier, aujourd'hui et demain, Mariage à l'Italienne, Les Fleurs du soleil et Le Voyage, sa dernière collaboration avec De Sica, qui est aussi l'ultime film de ce dernier.

Décédé le 13 novembre 1974, des suites d'une opération, Vittorio De Sica termine  sa carrière ainsi, peu de temps après avoir signé un dernier coup d’éclat grâce au Jardin des Finzi-Contini (1970) : auréolé de l’Ours d’Or à Berlin et de l’Oscar du Meilleur Film Etranger, ce film qui mêle drame, Histoire et guerre, genres qui ont justement contribué à en faire l’un des cinéastes italiens les plus importants.
[Extrait de allociné.fr]