Film de Juan Antonio BARDEM. - (1h28 - VOST) – Produit en 1952
Avec : Lucia Bose, Bruna Corra, Otello Toso.
Genre : drame.
SynopsisÉpouse d’un riche industriel, Maria-José est la maîtresse d’un intellectuel, professeur d’université, Juan. Au cours d’une promenade en voiture avec lui, elle écrase un ouvrier à bicyclette et prend la fuite. Tandis que son amant est bouleversé par ce drame, elle ne redoute qu’un scandale public et s’inquiète des insinuations d’un maître chanteur, Rafà. Profondément tourmenté, Juan prend conscience de sa veulerie au contact des étudiants : il démissionne de l’université et demande à sa maîtresse d’aller à la police avec lui pour avouer leur responsabilité dans la mort du cycliste...
Critique
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| Juan Antonio Bardem |
Si la charge semble aujourd'hui
quelque peu épaisse, elle n'en demeure pas moins le précieux écho d'une époque tant
sur le plan historique qu'artistique qui vaudra d'ailleurs à Juan Antonio
Bardem d'être considéré depuis, et à juste titre, comme l'architecte du cinéma
espagnol moderne. C'est qu'au-delà des classes sociales qu'il oppose, Bardem nous
parle aussi de deux générations qui cohabitent encore. Celle qui a fait la
Guerre Civile et qui s'est soumise (ex-Républicains mais aussi pro-Franquistes)
et la jeunesse qui se rebelle déjà. En tant que sympathisant communiste, Bardem y
livre sa vision d'une société débarrassée de tous ceux qui ont baissé les bras
et dont le salut ne peut venir que par le réveil intellectuel des masses. Position
qui lui vaudra d'ailleurs plus tard la prison. Dans Mort d'un cycliste cette
jeunesse est représentée par cette étudiante qui considère avoir été
injustement notée lors de son examen final occasionnant donc la révolte de ses
camarades vis-à-vis de ce professeur de géométrie (l'un des deux auteurs de la
mort du cycliste) en place uniquement grâce à ses connections familiales.
La critique internationale, lors
du Festival de Cannes 1955, a dû être sensible à tout cela en lui
attribuant le Prix FIPRESCI. Elle qui fut certainement aussi perméable
au
magnifique N&B qui force encore plus le trait ou à l'étonnante mise
en
scène qui joue admirablement des codes du mélodrame pour les plier à une
grammaire binaire d'un montage efficace (les champs/contre-champs
impliquant à chaque fois deux lieux bien distincts, la longueur des
plans permettant de mettre en valeur des
cadrages sur-signifiants...). On trouvera même, quant à nous, que la fin
imposée
par la censure n'altère pas trop le propos qui lorgnait alors du côté de
la rédemption.
Film iconoclaste ou contrebandier (selon la définition chère à Scorsese), Mort d'un cycliste est sans conteste une date au sein d'un cinéma espagnol de cette époque (des années 50 jusqu'à la fin des années 70) qui n'en comporte malheureusement que très peu. Raison déjà bien suffisante pour le (re)découvrir.
[Extrait de EcranLarge.com]










