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Cycle Ciné-Collection - semaine du 4 au 10 décembre

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19583567&cfilm=2256.html

https://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2019/09/saison-2019-2020.htmlFilm de Charles CHAPLIN. - (1h27 - VOST)

Produit en 1931

Avec : Charles Chaplin, Virginia Cherrill, Harry Myers.

Genre : comédie dramatique, romance.


Scénario.
https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000010182Un vagabond s’éprend d’une belle et jeune vendeuse de fleurs aveugle qui vit avec sa mère, couverte de dettes. Suite à un quiproquo, la fleuriste s’imagine le misérable, qui vient de lui acheter une fleur, en milliardaire... 
Analyse.
Chaplin est la seule star du burlesque à avoir joui d’un prestige si établi que l’avènement du parlant n’a pas enterré sa carrière. Nous voilà donc en 1931 : depuis trois ans, le public se désintéresse graduellement du muet. Le terrain est miné à la sortie de Les Lumières de la ville, et non sans ironie, c’est avec une histoire de cécité que Chaplin reconquiert un public lassé de ne pas entendre.


Outre les qualités intrinsèques au premier film de Chaplin de l’époque du parlant, arrêtons nous un instant sur sa séquence d’introduction. Est célébrée en grande pompe l’inauguration d’un monument pour la « prospérité » (rien d’anodin là-dedans). La foule est rassemblée devant trois notables, deux hommes et une femme, qui se partagent la parole. Paroles ? Pour tout langage, un gazouillis ridicule, joué au kazou, peut-être par Chaplin lui-même. Les élus passent pour de bruyants canards. Charlot, lui, est encore curieusement absent : il semble se jouer là un rituel auquel il n’est plus convié, une nuisance sonore, un charabia qui l’a laissé sur le quai. Bientôt, la notable tire le ruban et découvre la statue : mais sous le drap blanc se cache le tramp, brutalement sorti de son sommeil, lové sur les genoux d’une rutilante sculpture. S’ensuit un numéro de pantomime où Charlot, sous les sifflets de la foule (le cancre, sous les huées des enfants prodiges ?), peine à quitter l’énorme statue, accroche sa culotte sur une épée, s’assoit sur le nez d’un demi-dieu, nargue l’assemblée, puis finit par filer.

« Vous ne vous débarrasserez pas si facilement de moi », semble nous dire Chaplin à travers cette scène, qui ne s’articule aucunement avec le film lui même et a tout d’une allégorie de l’avènement mirobolant du sonore. L’élite a lancé à la foule un nouvel objet de désir, elle a remplacé les vieux jouets. Mais les étoiles du muet entendent bien rester sur le devant de la scène, et pour faire valoir leur droit, n’ont qu’à prouver qu’elles savent encore mieux que tous les parlants faire rire et pleurer. Charlot s’échappe donc par dessus le grillage, et la caméra le suit – loin du vacarme, comme pour lui donner sa chance. Il rencontre bientôt une aveugle qu’il s’emploiera à séduire (en se faisant passer pour un riche gentleman).


Séduire une femme qui ne voit pas, émouvoir un public qui n’entend pas : les deux entreprises se juxtaposent facilement. Chaplin propose un très métalinguistique manifeste pour la privation sensorielle. La surdité – c’est une lapalissade dans toutes les écoles du cinéma – ramène le cinéma à la pure grammaire de son langage : elle le pousse à éviter le bavardage, à signifier à travers lui-même, sa mise en scène, son montage. Les Lumières de la ville est, comme l’a également dit Michel Chion, un véritable manifeste pour le muet, et surtout une démonstration de force pour l’homme à tout faire qu’est Chaplin : scénariste, réalisateur, acteur, monteur, compositeur de la musique et producteur. En effet donc, rien de son talent d’homme-orchestre ne s’est éteint. Le film fait parfois ventre mou en jouant la carte du « patrimoine » Chaplin : Charlot boxeur (1915), un des plus grands succès de la période Essanay, se voit pratiquement rejoué en entier.
Mais si ce n’est cette légère dérive, la flamme Chaplin est bien vive. On rit encore de bon cœur, de même qu’on est souvent touché (et même à la fin, bouleversé) par l’extrême pudeur de cette histoire d’amants qui ne se voient pas et se touchent à peine. Les Lumières de la ville procède par petites touches, pleines d’une humilité inhérente à la concision du muet. Les tours de passe-passe mis en œuvre par Chaplin pour offrir à la jeune aveugle une présence – un regard – dans le monde la rendent bien plus émouvante que ne le serait une voyante. Inutile de voir ou d’entendre : l’imagination fait le reste, comme dans ce champ-contrechamp final où pour tout baiser, Chaplin se contente de tenir une main. La nôtre, sûrement.

[d'après Théo Ribeton - critikat.com]

Cycle Ciné-Collection - semain du 6 au 12 novembre 2019


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19443115&cfilm=3808.html
https://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2019/09/saison-2019-2020.htmlFilm de André TECHINE. - (1h35 - VF)
Produit en 1981
https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000054155Avec : Catherine Deneuve, Patrick Dewaere, Etienne Chicot.
Genre : drame.
Cycle Ciné-Collection 

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000054155Scénario - Un soir qu’il déambule dans sa ville natale de Biarritz, Gilles manque de se faire renverser par la voiture que conduit Hélène. Malgré ce désagrément, Gilles tombe sous le charme de cette jolie anesthésiste parisienne. Les deux individus entament une liaison, mais leur idylle se heurte au spectre de la précédente relation d’Hélène. 

Critique  -  Évolution dans la carrière de André Téchiné Hôtel des Amériques est plus réaliste et surtout plus charnel. C'est le début de ce qui caractérise son cinéma et sera validé dans Rendez-vous (révélation pour J. Binoche et prix de la mise en scène à Cannes), avec le fracas et les exubérances des nouvelles conversions. La forme est toujours très sophistiquée, -la photo est éblouissante et doit beaucoup aux lumières naturelles de Biarritz- mais le romantisme flamboyant prend du relief, s'anime et s'autonomise. Téchiné entre dans la jungle des sentiments et la maîtrise à sa façon, un peu irrationnelle, avec une direction d'acteur héritant des manières de la Nouvelle Vague (ce qui permet, au second plan, à Balasko de se glisser sous une peau plus délicate – loin de ses comédies). C'est aussi la première collaboration avec Deneuve, qualifiée de « sphinx ». Après avoir été une icône, presque une potiche divine, chez Truffaut et Demy, Deneuve va en devenir une plus humaine chez Téchiné. Ils tourneront sept films ensemble (Le Lieu du crime, Les voleurs, Ma saison préférée... jusqu'à L'Homme qu'on aimait trop).

La rencontre entre Deneuve et Dewaere provoque une romance étrange, incarnée par deux âmes en rupture, habituées à la figuration et à la frustration au quotidien. Dewaere apparaît obnubilé par Deneuve, mais plus encore happé par ses démons. Il se tue à communiquer. Deneuve est une jeune veuve, un peu dans la désolation. Au départ elle n'est pas tellement attirée par lui, ce n'est pas son « genre » ; mais elle trouve une brèche et s'y enfonce. Elle le laisse faire, c'est toute sa demande. Lui est perdu, elle est gavée (on dirait aussi 'blasée') ; ils sont associés pour une fuite ou pour une passion aveugle. Deneuve, passive vue de loin et indécise en apparence, trompe sa lassitude, trouvant un autre chose d'exotique, à percer. Dewaere, totalement à fleur de peau quand Deneuve est sobre, semble espérer beaucoup, exige des garanties et des grandes déclarations ; mais se dérobe quand il est invité. Téchiné fait souvent se trouver des caractères très différents, aimantés par des mystères vivants, poussés vers des sentiers sinueux voire impraticables. Ce sera le cas des principaux protagonistes dans Les roseaux sauvages et dans Rendez-vous. Dans Hôtel des Amériques, Deneuve et Dewaere semblent n'avoir aucune raison de graviter l'un autour de l'autre ; sauf ce désir de se noyer dans le désir de l'autre, succomber à ses caprices sans déroger à ses propres rêveries, ou à son confort. Leur aventure est irrégulière. Ils deviennent une espèce de couple déglingué, se croisant régulièrement comme pour se doper et survoler avec plus d'assurance leurs existences entre-temps. Ou s'assurer une fatigue 'pleine' à propos de leur vie. 

Tout est à la fois minimaliste et très systématique ; éthéré mais très carré, comme l'est le chassé-croisé. C'est romanesque et limpide, avec des personnages rebelles, peu 'littéraires' ou saisissables ; la seule prise sur eux semble être le cadre. Le metteur en scène tient la matrice dans laquelle ils doivent déambuler et puisqu'ils le peuvent, briller. Comme d'habitude, Dewaere est dans un rôle de 'perdant' et de désespéré, peut-être plus outrancier et fragile encore. Il semble prêt à s'effondrer, avec son personnage ; il n'a pas encore cette façon d'être sublimement résigné, ou de s'assombrir ; il est au moment où la violence explose, les émotions fusent, où il faut s'employer à refuser ce précipice dans lequel on vient pourtant de tremper de façon irréversible. Ce Dewaere n'est pas celui de Série noire ou de Paradis pour tous ; c'est celui d'un homme à l'agonie, malade d'être sans vocation, d'avoir perdu son 'étoile', son guide suprême ou tout ce qui pourrait se rapporter à une telle idée. Dans Hôtel il croit devoir honorer l'apparition Hélène/Deneuve, alors qu'elle n'aspire à rien d'autre que d'entrer dans son monde et lui présenter le sien. Il essaie de se dépasser, de se confier mieux qu'il ne l'aurait jamais fait ; il est à l'origine de ces pressions. Elle n'est que positive et réservée, un spectre fringant, un gouffre harmonieux et fini, dont les intérêts sont bien plus triviaux et aussi bien plus libres que ceux qu'il s'imagine(rait). Forcément elle ne cerne pas tout à fait son agonie, mais voit bien qu'elle se nourrit de mirages empêchant la croissance de leur relation.
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[Sens critique - 13 décembre 2015 - https://zogarok.wordpress.com] -

Cycle Ciné-Collection - semain du 9 au 15 octobre 2019

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19380355&cfilm=13765.html

http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2018/08/saison-2018-2019.htmlFilm de Jim JARMUSCH. - (2h01 - VOST)
Produit en 1996

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000086835Avec : Johnny Depp, Gary Farmer, Crispin Glover.

Genre : western, drame.




https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000086835



Scénario. William Blake prend le train vers l’Ouest pour y exercer le métier de comptable. Arrivé dans la sinistre ville de Machine, il s’y trouve accusé à tort d’un double meurtre et prend la fuite, une balle logée près du cœur. Accompagné de Nobody, un Indien cultivé qui le prend pour le poète anglais William Blake, il s’engage dans un périple à travers l’Ouest sauvage… 

Analyse critique. "Quelques petites années après le chant funèbre orchestré par Clint Eastwood par le biais du magnifique "Unforgiven", Jim Jarmusch donne à son tour sa vision toute personnelle du western, sorte de poème mélancolique hanté par la mort et par William Blake.

Road movie hypnotique et onirique ponctué par les riffs incandescents de Neil Young, "Dead Man" est un voyage sans retour au pays des esprits et de l'au-delà, le portrait d'un ouest sauvage gangréné par une industrialisation galopante et inhumaine, où les fantômes et les croyances ancestrales n'ont plus leur place, étouffées qu'elles sont par le rugissement des machines et celui, moins retentissant mais bien plus vicieux, de la religion unique et du conservatisme.
Dégommant les codes du genre avec une joie non feinte et un humour noir absolument délicieux, Jim Jarmusch accouche de ce qui reste à ce jour son plus beau film, donnant naissance à des images d'une beauté ahurissante, enveloppant le spectateur dans une atmosphère vaporeuse proche du rêve, tout en le réveillant occasionnellement par des éclairs de violence fulgurants.
Porté par un casting prodigieux allant de Johnny Depp en anti-héros romantique à l'extra-terrestre Gary Farmer en passant par de sacrées trognes comme Iggy Pop, Robert Mitchum, John Hurt ou encore Lance Henriksen, "Dead Man" est bien plus que l'énième enterrement du western. C'est la longue marche funèbre d'un homme qui ne se connaitra lui-même que dans la mort, un poète qui signe d'une balle chacun de ses versets écrits dans le sang."
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Jim JARMUSH, réalisateur  et scénariste américain


Jim Jarmusch s'affirme très tôt comme cinéphile. A 17 ans, il étudie la littérature à l'université de Columbia avant de partir un an à Paris, où il fréquente  la Cinémathèque. De retour à New York, il s'essaie à la musique et à la poésie avant de s'inscrire dans la section cinéma.

Jarmusch finance son film de fin d'études, Permanent Vacation, avec l'argent d'une bourse destinée à payer ses frais de scolarité, ce qui lui coûte son diplôme, mais lui vaut d'être remarqué avant de s'atteler à son premier long métrage, Stranger than Paradise (1983), co-financé par Wim Wenders dont il fut l'assistant. Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, ce road-movie contemplatif, tourné en noir et blanc, décroche la Caméra d'Or. Promu nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, il revient sur la Croisette, mais cette fois en compétition, avec Down by Law, ou l'épopée drôle et absurde d'un trio de taulards, formé par deux Américains (Tom Waits et John Lurie) et un Italien (Roberto Benigni).

Ce goût pour la confrontation des cultures se retrouve dans Mystery train (1989), film-puzzle qui croise les destins de marginaux à Memphis. Lui-même fan de rock, le cinéaste signe un documentaire sur une tournée de Neil Young et propose volontiers des rôles à des musiciens comme Iggy Pop ou Tom Waits. Adepte du format court, il réalise en 1991 le film à sketches Night on Earth, qui relate cinq rencontres entre un chauffeur de taxi et un(e) passager(e), dans cinq villes du monde. De même, il tourne une série de courts-métrages intitulés Coffee and cigarettes (qui seront regroupés en 2004) dans lesquels on retrouve son univers décalé et ses comédiens fétiches - l'un de ces films est couronné d'une Palme d'or en 1993.

En 1995, Jim Jarmusch revisite le western avec Dead Man, oeuvre onirique présentée à Cannes, portée par un Johnny Depp à la présence magnétique. Le cinéaste s'amuse ensuite à détourner d'autres codes, ceux du film de samouraï, dans Ghost Dog : la voie du samourai (1999), portrait d'un tueur à gages zen incarné par Forest Whitaker. Quinquagénaire à l'allure d'éternel adolescent, Jim Jarmusch signe en 2005 un road-movie mélancolique Broken flowers, avec Bill Murray dans le rôle d'un Don Juan vieillissant qui part à la recherche de son fils. Plus accessible que ses précédents films, cette comédie récolte le Grand Prix à Cannes.

Quatre ans plus tard, Jarmusch propose une variation énigmatique autour du film noir, The Limits of Control : Tilda Swinton, Bill Murray ou John Hurt se succèdent face au loner Isaach de Bankolé. Du film au noir au film de vampire, il n'y a qu'un pas. Cinq ans après The Limits of Control, Jim Jarmusch réalise, avec de grosses difficultés financières, Only Lovers Left Alive. Il met en scène un couple de vampires, Adam et Eve, à la recherche de sang humain dans les ruelles de Tanger et de Détroit. Sélectionné au Festival de Cannes 2013, cette histoire d'amour non conventionnelle signe le retour de la collaboration entre le réalisateur et sa muse, Tilda Swinton. Le réalisateur retrouve la croisette en 2016 avec Gimme Danger, un documentaire sur les Stooges qui marque les retrouvailles du réalisateur avec le lézard Iggy Pop, et Paterson, film tendre et poétique qui met en scène sept jours de la vie d'Adam Driver et Golshifteh Farahani.
Il réalise en 2019 The dead d'nt die, "une amusante fable à zombies, qui croule sous les références et les stars" (Libération).
[d'après Allo Ciné]

Cycle Ciné-Collection - semaine du 10 au 16 avril 2019

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19367102&cfilm=253.html

Film de John CARPENTER. - (1h34 - VOST)

Avec : Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine.

Genre : action, science fiction.



Scénario
En 1997, Manhattan est devenu une immense prison ghetto où vivent, en micro-société, trois millions de prisonniers. Victime d’un attentat, l’avion du Président des États-Unis s’écrase en plein Manhattan avec des documents ultra-secrets. Snake, un dangereux criminel, est chargé, en échange de sa grâce, de partir à la recherche du Président. Parachuté dans Manhattan, il dispose de vingt-quatre heures pour mener à bien sa mission…  

Analyse par L. Vachaud (Les Inrocks)

Lorsqu'il réalise New York 1997, au début des années 80, John Carpenter est toujours un cinéaste en qui la critique américaine place de grands espoirs. Capable d'alterner une brillante parodie des films de science-fiction des années 50 (l'amusant Dark star) avec un hommage déguisé à Howard Hawks (Assaut), le réalisateur d'Halloween connaîtra encore cinq années bénies avant de tomber en disgrâce, avec l'échec financier de son hommage aux serials, Les Aventures de Jack Burton


Depuis, bien qu'adulé en Europe, Carpenter alterne les films personnels, souvent réussis (le magnifique They live), avec les commandes de studios sans retrouver ses succès passés. Vingt-deux ans après ses débuts, il reste néanmoins le seul cinéaste américain contemporain à avoir toujours œuvré dans le registre du fantastique.

Et New York 1997 ­ dont la suite, Los Angeles 2013, est sortie la semaine dernière (1)­ reste à coup sûr l'une des plus grandes réussites du cinéma de science-fiction. Synthèse de l'amateurisme fauché, façon Roger Corman, et de la nouvelle vague américaine, il permet à Carpenter de laisser libre cours à son goût de la série B, sa maîtrise du Cinémascope et son inclinaison pour les personnages de solitaires anarchistes (le désormais mythique Snake Plissken, qui donna à Kurt Russell son meilleur rôle). 


Très inventif, le film s'articule autour de trois thèmes majeurs de la fantaisie pulp : 1) le Président des Etats-Unis a disparu, 2) New York est une jungle et 3) le héros est une bombe à retardement (des explosifs ont été placés dans les artères de Snake). Il reste aussi, en regard des méga-budgets actuels, une époustouflante leçon d'économie : on a en effet l'impression de voir beaucoup plus que ce qui est montré. Film visionnaire, mais jamais esthétisant : Carpenter s'attache aux personnages, pas aux effets spéciaux ; il reste avec Phantom of the paradise l'un des rares cult-movies à avoir bien franchi l'épreuve du temps. Mention spéciale à l'extraordinaire photo du maître de l'extérieur nuit, Dean Cundey.

(1)­  L'article est paru en janvier 1981

Cycle Ciné-Collection - semaine du 13 au 19 mars 2019

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569779&cfilm=1316.html

http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2018/08/saison-2018-2019.htmlFilm de Mario MONICELLI. - (2h10 - VOST)

Avec : Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Bernard Blier.

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000027375Genre : comédie dramatique.

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000027375Scénario - A la fin du XIXème siècle, dans une fabrique textile de Turin, les ouvriers, soumis à un rythme de travail infernal, voient se multiplier les accidents. Trois d’entre eux entrent en conflit avec le contremaître à la suite d’un nouveau drame. Il est alors décidé, en guise de protestation, que tous partiront une heure plus tôt ce soir-là. Mais cette action n’est pas du goût des patrons, qui profitent de l’inexpérience de ces hommes simples pour les berner. Les sanctions tombent. L’instituteur Sinigaglia, un militant socialiste, fraîchement débarqué de Gênes, pousse les ouvriers à s’organiser…

Analyse - Les premières images nous mettent rapidement dans l'ambiance : l'univers entrevu nous apparaît effroyablement sombre et glacial ; le noir et blanc, quant à lui, installe immédiatement une atmosphère pesante et poisseuse qui ne se fera jamais démentir...
Nous sommes dans l'Italie du nord à la fin du 19ème siècle, une époque dominée par l'industrialisation triomphante qui transforme peu à peu le travail en une forme moderne d'esclavage.
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- Forcement, la vie est loin d'être aisée surtout pour ceux qui n'ont que leurs bras pour travailler. Longues et éreintantes journées de labeur, peu de repos hebdomadaire, conditions de travail précaires font que les accidents sont inévitables. Un ouvrier se retrouve manchot, sa famille est menacée et c'est toute l'entreprise qui est en émoi.
Autour d'un professeur gauchiste, Sinigaglia (M. Mastroianni), le monde ouvrier s'organise et réclame ses droits, la grève débute et avec elle commence un terrible bras de fer entre les ouvriers et le patronat ; une situation délicate dans laquelle la loi du plus fort est bien souvent la meilleure.
Monicelli arrive à nous faire vivre avec force cette grande grève ouvrière, son style proche du documentaire permet à la fois de transposer avec précision la condition ouvrière de l'époque à l'écran mais aussi de nous montrer un état des lieux bien plus nuancé qu'il n'y paraît. Si la représentation du patron en bourgeois cupide paraît un peu archétypale, Monicelli évite de glorifier l'action ouvrière, les différents personnages sont montrés dans toute leur humanité : ils sont nobles, lâches, orgueilleux et guidés par "l'appel" du ventre ; la caméra s'essayant juste de retranscrire, le plus honnêtement possible, cette réalité sociale.

Le sujet grave est traité avec sobriété, Monicelli ne se laisse pas aller au pathos bien au contraire, malin comme un singe, il arrive à nous faire passer du rire aux larmes en un instant. Il parsème son récit de pointe d'humour, souvent grinçante, n'hésitant pas à se moquer de ces idéalistes convaincus comme le professeur Sinigaglia, le montrant plus pathétique que véritablement brillant.
Outre la réalisation parfaite, il faut saluer le travail de cette incroyable brochette d'acteurs qui voient Salvatori, Blier, Mastroianni, Lulli et Girardot donner chair à une multitude de personnages hauts en couleur et fort attachants. Un beau film d'acteur comme on en voit peu souvent.
[Extrait de Sens Critique - le
Jérémie Couston Publié le 30/10/2018].

Cycle Ciné-Collection - semaine du 4 au 10 février 2019

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BREAKING AWAY  
(LA BANDE DES QUATRE). (U.S.A)

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19579506&cfilm=46820.html

Film de Peter YATES. - (1h40 - VOST)

Produit en 1980

Avec : Dennis Christopher, Dennis Quaid, Daniel Stern.

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000051405Genre : comédie dramatique.



https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000051405A Bloomington, petite ville de l'Indiana, quatre adolescents issus de la classe ouvrière trompent leur ennui entre baignades dans une carrière abandonnée, bagarres et drague. L'un d'entre eux, est passionné par le cyclisme ... 
    
Breaking Away, quatre garçons dans un entre-deux de l’existence

Le film de Peter Yates, qui ressort sur les écrans en version restaurée, est une évocation sensible de l’adolescence américaine en milieu populaire.

C’est sous son titre original que ressort, en copie restaurée, le film le plus tendre et attachant de Peter Yates, connu précédemment comme La Bande des quatre (titre de sa première exploitation en France, en janvier 1980)


Peter YATES -1929-2011
Peter YATES

Réalisateur d’origine britannique aussi modeste qu’efficace, remarqué pour le brio de ses scènes d’action, Yates fit le saut à Hollywood en 1968, sur l’invitation de Steve McQueen, pour tourner avec lui le polar Bullitt, resté célèbre pour ses mémorables poursuites en voiture.

Après dix ans à s’illustrer de préférence dans la comédie criminelle tendance pop et le succès public rencontré par Les Grands Fonds (1977), thriller d’exploration sous-marine, Yates s’engage, avec Breaking Away (1979), sur une voie plus personnelle, en produisant et en réalisant lui-même un scénario de l’écrivain serbo-américain Steve Tesich, inspiré de sa jeunesse universitaire dans l’Indiana. Yates en tire une évocation sensible, réaliste et rêveuse, de l’adolescence en milieu populaire, comme un temps suspendu entre aspirations et renoncements.
 

Scénario - Analyse

A Bloomington, Dave (Dennis Christopher), Mike (Dennis Quaid), Cyril (Daniel Stern) et Moocher (Jackie Earle Haley), quatre jeunes fils d’ouvriers, lambinent entre la fin du lycée et une vie adulte indéfiniment repoussée, qu’il s’agisse de trouver un emploi ou de raccrocher le wagon des études. Ils se rendent régulièrement sur le site de l’ancienne carrière de la ville pour se baigner dans son lac artificiel ou se dorer au soleil sur les grands blocs de pierre obliques qui la sillonnent.Mais la proximité du campus les oppose souvent à d’autres adolescents, les étudiants aisés, qui les méprisent en les traitant de cutters (les « coupeurs » de pierre, en référence au métier de leurs parents) et auxquels ils n’hésitent pas à se frotter. Parmi les quatre amis, Dave se passionne pour le cyclisme et s’immerge dans la culture italienne, au grand désespoir de son père (Paul Dooley), ancien cariste reconverti en vendeur de voitures d’occasion. Ses camarades convainquent Dave de courir avec eux la Little 500, la traditionnelle course de relais à vélo, afin d’affronter les équipes du campus.
Une classe ouvrière en déclin

Breaking Away se déroule ainsi sur le registre d’une chronique douce-amère, alternant entre moments de pure fantaisie (les nombreuses courses de Dave à vélo sur des airs d’opéra) et portrait mélancolique des outsiders comme de leur adolescence qui ne veut pas mourir. La grande beauté du film est, en effet, de saisir ses jeunes personnages dans un entre-deux de l’existence. Déscolarisés, les quatre amis habitent un temps ouvert, un sursis d’enfance qui se retourne parfois contre eux, puisqu’il apparaît aussi comme une sortie de piste, un isolement, voire un déclassement.

Leur liberté ne va pas sans une profonde appréhension de l’avenir ni l’impression concomitante d’une perte irrémédiable. C’est ce sentiment mêlé, celui des promesses qui s’estompent, qui rend tout du long le film si émouvant. Il s’amplifie d’une conscience rétrospective : celle que ses jeunes comédiens, tous infiniment prometteurs, n’ont pour beaucoup pas connu la carrière qu’ils méritaient (hormis Dennis Quaid).




Breaking Away ne décrit pas seulement un passage à l’âge adulte, mais surtout la naissance d’une conscience : celle d’appartenir à une classe ouvrière en déclin. Si Dave s’identifie aux cyclistes italiens, c’est surtout pour s’inventer une parenté plus glorieuse, avant de pouvoir assumer la sienne complètement. De très belles scènes montrent son père retournant sur les lieux de son ancien travail ou expliquant à son fils que ce sont eux, les derniers tailleurs de pierre de sa génération, qui ont construit les bâtiments de cette université tant convoitée.

A travers cette relation père-fils, le film évoque également le démantèlement amorcé de la condition ouvrière : les licenciements économiques, les requalifications, la disparition des savoir-faire… C’est aussi de cette mémoire-là que les quatre adolescents ne parviennent pas complètement à faire le deuil.


Extrait de : lemonde.fr - 31 octobre 2018 - Par Mathieu Macheret

Cycle Ciné-Collection - semaine du 9 au 15 janvier 2019

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https://www.youtube.com/watch?v=WdEIALi5OzY&t=24s

http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2018/08/saison-2018-2019.htmlFilm de Youssef CHAHINE. - (2h15 - VOST)

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000089029Produit en 1997

Avec : Nour El-Sherif, Hani Salama, Faris Rahoma.

Genre : drame, comédie, historique.




https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000089029Désirant amadouer les intégristes, le calife el-Mansou ordonne l'autodafe de toutes les oeuvres du philosophe andalou Averroes dont les concepts influenceront non seulement l'age des Lumières en Occident, mais toute la pensée humaine. Les disciples d'Averroes et ses proches décident d'en faire des copies et de les passer à travers les frontières. 

Analyse
"Le Destin"  est un film égyptien, 33e long-métrage de Youssef Chahine, sorti en 1997. Traitant de la tolérance et de l'intégrisme dans une histoire située au XIIe siècle, c'est surtout un film d'une étonnante actualité. En 1997, le film remporte le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes.

À travers la vie du savant Averroès est évoquée l'Andalousie du XIIe siècle, lieu d'affrontements entre extrémistes musulmans et savants soucieux de la diffusion des connaissances. Le philosophe Averroès, premier conseiller du Calife al-Mansur, est reconnu pour sa sagesse, sa tolérance et son équité. Mais le Calife, désirant amadouer les intégristes, ordonne l'autodafé de toutes les œuvres du philosophe, dont les concepts influenceront non seulement l'âge des Lumières en Occident, mais toute la pensée humaine. Les disciples d'Averroès et ses proches décident alors d'en faire des copies et de les passer au-delà des frontières.

Ce film, d'un point de vue documentaire, nous informe également sur les caractéristiques des trois grandes civilisations de l'espace méditerranéen au XIIe siècle. Le contexte géographique et historique prouve à quel point les contacts entre celles-ci étaient forts, qu'ils soient pacifiques ou violents. Youssef Chahine livre un portrait du savant Averroès, homme de savoirs variés, qui contribua largement à leur enrichissement. Prix Humanum 1997 de l'Union de la presse cinématographique belge.

À propos de Averroès (1126-1198)
 

Ibn Rochd de Cordoue, plus connu en Occident sous son nom latinisé d'Averroès, est un philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, né en 1126 à Cordoue en Andalousie et mort le 10 décembre 1198 à Marrakech (actuel Maroc). Il exerce les fonctions de grand cadi (juge suprême) à Séville et à Cordoue, et de médecin privé des sultans almohades, à Marrakech à une époque charnière où le pouvoir passe des Almoravides aux Almohades.

Lecteur critique d'Al-Fârâbî, Al-Ghazâlî et Avicenne, il est considéré comme l'un des plus grands philosophes de la civilisation islamique même s'il a été accusé d'hérésie à la fin de sa vie et s'il n'a pas eu de postérité immédiate dans le monde musulman. Il n'a été redécouvert en Islam que lors de la Nahda au XIXe siècle, la Renaissance arabe, durant laquelle il inspire les courants rationalistes, réformateurs et émancipateurs. Dans son œuvre, Averroès a mis l'accent sur la nécessité pour les savants de pratiquer la philosophie et d'étudier la nature créée par Dieu. De ce fait, il pratique et recommande les sciences profanes, notamment la logique et la physique, en plus de la médecine.

Son œuvre a une grande importance en Europe occidentale, où il a influencé les philosophes médiévaux latins et juifs dits averroïstes, comme Siger de Brabant, Boèce de Dacie, Isaac Albalag et Moïse Narboni. À la Renaissance, sa philosophie est très étudiée à Padoue. De façon générale, il est estimé des scolastiques qui l'appellent le « Commentateur » du « Philosophe » (Aristote) pour lequel ils ont une vénération commune. En revanche, Thomas d'Aquin puis les néoplatoniciens de Florence lui reprochent de nier l'immortalité et la pensée de l'âme individuelle, au profit d'un Intellect unique pour tous les hommes qui active en nous les idées intelligibles. 

(Extrait de Wikipédia)

https://www.mouvement-quebec.com/blog/le-destin-youssef-chahine.html
 

Cycle Ciné-Collection : semaine du 5 au 11 décembre 2018

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18364936&cfilm=27995.html

http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2018/08/saison-2018-2019.htmlFilm de Ettore SCOLA. - (1h55 - VOST)
Produit en 1976
https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000045754 
Avec : Nino Manfredi, Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli.
Genre : comédie sociale.
 https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000045754
Scénario - Trois camarades, frères d'armes pendant la résistance, attachés au même idéal de justice et de progrès social, célèbrent la fin de la guerre et la chute du fascisme en Italie. Gianni termine ses études de droit à Rome. Nicola enseigne dans un lycée de province. Antonio se retrouve modeste brancardier-infirmier. C'est une période d'espoir et d'euphorie : la Monarchie est remplacée par la République. Le temps grignote l'enthousiasme. 

Gianni devient fondé de pouvoir d'un brasseur d'affaires sans scrupules dont il épouse la fille, insignifiante, stupide mais riche. Nicola végète dans son trou, anime des séances de ciné-club pour glorifier l'essor du mouvement "néo-réaliste" italien que les notables locaux attaquent violemment...
 
Analyse - Scola trouve dans ce film de quoi alimenter son goût de la caricature et sa tendresse pour les perpétuels floués de l'existence, les laissés pour compte des grands idéaux. Comment le pays qui engendra le fascisme comme la résistance, et qui triompha de ses démons s'est finalement laissé englué par un miracle économique, occasion de corruption dangereuse ? Pourquoi le plus intègre et le plus instruit des trois amis ira-t-il le plus loin dans le naufrage alors que Giani saura se protéger modestement mais fermement ?

La mise en scène parfois voyante : triple répétition de la scène d'ouverture, raccord sur la foule en liesse juste après le plan du dynamitage des véhicules allemands, reprise de l'arrêt sur image inspiré de la pièce de théâtre de O Neil qu'ils vont voir au début . 

Le récit est tour à tour vu des trois points de vue mais, au fil du récit, Scola s'écarte de chacune de ces visions subjectives pour tirer un constat relativement objectif de chacune des situations : solitude de l'homme riche, regrets de l'abandon de la famille, fierté toute relative de celui qui a su concilier vie publique et vie privée.

Ettore SCOLA

Réalisateur et scénariste italien né en 1931. Après des études de droit, il fait du journalisme et collabore notamment à des revues humoristiques. Puis il écrit  une bonne cinquantaine de scénarios, comédies pour la plupart, dont plusieurs pour Dino Risi (Le Fanfaron, Il mattatore, La marche sur Rome, Les monstres, Moi la femme...) et pour un autre réalisateur Antonio Pietrangeli. Avec Age et Scarpelli, Maccari et Sonego, Ettore Scola a été le scénariste qui a porté la comédie italienne à son plus grand degré de perfection.

En 1964, Ettore Scola passe à la mise en scène pour le film avec Vittorio Gassman Parlons femmes. Au fil des années, le réalisateur s'affirme et écrit des films très différents les uns des autres : Drame de la jalousie avec Marcello Mastroianni, Nous nous sommes tant aimés qui lui vaut le grand prix du festival d'humour de Chamrousse en 1976, Affreux, sales et méchants, prix de la mise en scène à Cannes, et le triomphe dans le monde entier d'Une journée particulière et des Nouveaux monstres qu'il a co-réalisé avec Dino Risi et Mario Monicelli.
S'il excelle avant tout dans la comédie, il adopte un ton plus mélancolique dans Nous nous sommes tant aimés (1974) avec Vittorio Gassman où il dépeint l'évolution contemporaine de l'Italie. 
Cinéaste engagé, il se pose en défenseur des petites gens et des marginaux tout en pointant du doigt les conditions de vie dans les bidonvilles autour de Rome dans Affreux, sales et méchants (1976). En 1977, il dénonce également la persécution des homosexuels dans Une journée particulière avec Sophia Loren.

Ettore Scola tisse également des liens étroits avec la France puisqu'il évoque la Révolution française dans La Nuit de Varennes et tourne Le Bal qui lui vaut le César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1984. Il a également l'occasion de travailler avec bon nombre de comédiens français comme Fanny Ardant (La Famille, 1987, Le Dîner, 2000), Vincent Perez, Emmanuelle Béart (Le Voyage du capitaine Fracasse, 1991), etc. 

A partir des années 90, le public suit toutefois moins le réalisateur italien qui ne perd pas pour autant de sa justesse avec Le roman d'un jeune homme pauvre qui obtient un Lion d'Or à Venise en 1995. Poursuivant des films aux castings prestigieux, il revient une nouvelle fois à Rome en 2003 pour y tourner Gente di Roma, avec pour toile de fond les manifestations contre Silvio Berlusconi. Alors qu’il avait annoncé sa retraite, Ettore Scola a donné un dernier film, un documentaire présenté à la Mostra de Venise en 2013 intitulé Qu’il est étrange de s’appeler Federico, dans lequel Scola évoquait son aîné, son ancien collègue de Marc’Aurelio, Fellini. 

Il meurt le mardi 19 janvier 2016, dans une clinique romaine, à 84 ans.
[Tiré de cineclubdecaen.com]