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Produit en 1976
Scénario - Trois camarades, frères d'armes pendant la résistance, attachés
au même idéal de justice et de progrès social, célèbrent
la fin de la guerre et la chute du fascisme en Italie. Gianni termine ses
études de droit à Rome. Nicola enseigne dans un lycée
de province. Antonio se retrouve modeste brancardier-infirmier. C'est une
période d'espoir et d'euphorie : la Monarchie est remplacée
par la République. Le temps grignote l'enthousiasme.
Gianni devient
fondé de pouvoir d'un brasseur d'affaires sans scrupules dont il épouse
la fille, insignifiante, stupide mais riche. Nicola végète dans
son trou, anime des séances de ciné-club pour glorifier l'essor
du mouvement "néo-réaliste" italien que les notables
locaux attaquent violemment...|
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Analyse - Scola
trouve dans ce film de quoi alimenter son goût de la caricature et sa
tendresse pour les perpétuels floués de l'existence, les laissés
pour compte des grands idéaux. Comment le pays qui engendra le fascisme
comme la résistance, et qui triompha de ses démons s'est finalement
laissé englué par un miracle économique, occasion de
corruption dangereuse ? Pourquoi le plus intègre et le plus instruit
des trois amis ira-t-il le plus loin dans le naufrage alors que Giani saura
se protéger modestement mais fermement ?
La mise en scène parfois voyante : triple répétition
de la scène d'ouverture, raccord sur la foule en liesse juste après
le plan du dynamitage des véhicules allemands, reprise de l'arrêt
sur image inspiré de la pièce de théâtre de O Neil
qu'ils vont voir au début .
Le récit est tour à tour vu des trois points de vue mais, au
fil du récit, Scola s'écarte de chacune de ces visions subjectives
pour tirer un constat relativement objectif de chacune des situations : solitude
de l'homme riche, regrets de l'abandon de la famille, fierté toute
relative de celui qui a su concilier vie publique et vie privée.
Ettore SCOLA
Réalisateur et scénariste italien né en 1931. Après des études de droit, il fait du
journalisme et collabore notamment à des revues humoristiques. Puis il écrit une bonne cinquantaine de scénarios, comédies pour la plupart,
dont plusieurs pour Dino Risi (Le Fanfaron, Il mattatore, La marche sur Rome,
Les monstres, Moi la femme...) et pour un autre réalisateur Antonio Pietrangeli. Avec Age et Scarpelli,
Maccari et Sonego, Ettore Scola a été le scénariste qui
a porté la comédie italienne à son plus grand degré
de perfection.
En 1964, Ettore Scola passe à la mise en scène pour le film
avec Vittorio Gassman Parlons femmes. Au fil
des années, le réalisateur s'affirme et écrit des films
très différents les uns des autres : Drame de la jalousie
avec Marcello Mastroianni, Nous nous
sommes tant aimés qui lui vaut le grand prix du festival d'humour
de Chamrousse en 1976, Affreux, sales
et méchants, prix de la mise en scène à Cannes, et
le triomphe dans le monde entier d'Une
journée particulière et des Nouveaux
monstres qu'il a co-réalisé avec Dino Risi et Mario Monicelli.
S'il excelle avant tout dans la comédie, il adopte un ton plus mélancolique dans Nous nous sommes tant aimés
(1974) avec Vittorio Gassman où il dépeint l'évolution contemporaine
de l'Italie.
Cinéaste engagé, il se pose en défenseur des petites gens
et des marginaux tout en pointant du doigt les conditions de vie dans
les bidonvilles autour de Rome dans Affreux, sales et méchants
(1976). En 1977, il dénonce également la persécution des homosexuels dans Une journée particulière avec Sophia Loren.
Ettore Scola tisse également des liens étroits avec la France puisqu'il évoque la Révolution française dans La Nuit de Varennes et tourne Le Bal
qui lui vaut le César du meilleur film et du meilleur réalisateur en
1984. Il a également l'occasion de travailler avec bon nombre de
comédiens français comme Fanny Ardant (La Famille, 1987, Le Dîner, 2000), Vincent Perez, Emmanuelle Béart (Le Voyage du capitaine Fracasse, 1991), etc.
A partir des années 90, le public suit toutefois moins le réalisateur italien qui ne perd pas pour autant de sa justesse avec Le roman d'un jeune homme pauvre
qui obtient un Lion d'Or à Venise en 1995. Poursuivant des films aux
castings prestigieux, il revient une nouvelle fois à Rome en 2003 pour y
tourner Gente di Roma, avec pour toile de fond les
manifestations contre Silvio Berlusconi. Alors qu’il avait annoncé sa
retraite, Ettore Scola a donné un dernier film, un documentaire présenté
à la Mostra de Venise en 2013 intitulé Qu’il est étrange de s’appeler
Federico, dans lequel Scola évoquait son aîné, son ancien collègue de
Marc’Aurelio, Fellini.
Il meurt le mardi 19 janvier 2016, dans une
clinique romaine, à 84 ans.
[Tiré de cineclubdecaen.com]












