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Cycle Ciné-Collection - semaine du 13 au 19 mars 2019

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569779&cfilm=1316.html

http://charlieu-cinemaleshalles.blogspot.com/2018/08/saison-2018-2019.htmlFilm de Mario MONICELLI. - (2h10 - VOST)

Avec : Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Bernard Blier.

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000027375Genre : comédie dramatique.

https://www.ticketingcine.fr/?NC=1104&nv=0000027375Scénario - A la fin du XIXème siècle, dans une fabrique textile de Turin, les ouvriers, soumis à un rythme de travail infernal, voient se multiplier les accidents. Trois d’entre eux entrent en conflit avec le contremaître à la suite d’un nouveau drame. Il est alors décidé, en guise de protestation, que tous partiront une heure plus tôt ce soir-là. Mais cette action n’est pas du goût des patrons, qui profitent de l’inexpérience de ces hommes simples pour les berner. Les sanctions tombent. L’instituteur Sinigaglia, un militant socialiste, fraîchement débarqué de Gênes, pousse les ouvriers à s’organiser…

Analyse - Les premières images nous mettent rapidement dans l'ambiance : l'univers entrevu nous apparaît effroyablement sombre et glacial ; le noir et blanc, quant à lui, installe immédiatement une atmosphère pesante et poisseuse qui ne se fera jamais démentir...
Nous sommes dans l'Italie du nord à la fin du 19ème siècle, une époque dominée par l'industrialisation triomphante qui transforme peu à peu le travail en une forme moderne d'esclavage.
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- Forcement, la vie est loin d'être aisée surtout pour ceux qui n'ont que leurs bras pour travailler. Longues et éreintantes journées de labeur, peu de repos hebdomadaire, conditions de travail précaires font que les accidents sont inévitables. Un ouvrier se retrouve manchot, sa famille est menacée et c'est toute l'entreprise qui est en émoi.
Autour d'un professeur gauchiste, Sinigaglia (M. Mastroianni), le monde ouvrier s'organise et réclame ses droits, la grève débute et avec elle commence un terrible bras de fer entre les ouvriers et le patronat ; une situation délicate dans laquelle la loi du plus fort est bien souvent la meilleure.
Monicelli arrive à nous faire vivre avec force cette grande grève ouvrière, son style proche du documentaire permet à la fois de transposer avec précision la condition ouvrière de l'époque à l'écran mais aussi de nous montrer un état des lieux bien plus nuancé qu'il n'y paraît. Si la représentation du patron en bourgeois cupide paraît un peu archétypale, Monicelli évite de glorifier l'action ouvrière, les différents personnages sont montrés dans toute leur humanité : ils sont nobles, lâches, orgueilleux et guidés par "l'appel" du ventre ; la caméra s'essayant juste de retranscrire, le plus honnêtement possible, cette réalité sociale.

Le sujet grave est traité avec sobriété, Monicelli ne se laisse pas aller au pathos bien au contraire, malin comme un singe, il arrive à nous faire passer du rire aux larmes en un instant. Il parsème son récit de pointe d'humour, souvent grinçante, n'hésitant pas à se moquer de ces idéalistes convaincus comme le professeur Sinigaglia, le montrant plus pathétique que véritablement brillant.
Outre la réalisation parfaite, il faut saluer le travail de cette incroyable brochette d'acteurs qui voient Salvatori, Blier, Mastroianni, Lulli et Girardot donner chair à une multitude de personnages hauts en couleur et fort attachants. Un beau film d'acteur comme on en voit peu souvent.
[Extrait de Sens Critique - le
Jérémie Couston Publié le 30/10/2018].

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