Genre : western, drame.

Scénario. William Blake prend le train
vers l’Ouest pour y exercer le métier de comptable. Arrivé dans la
sinistre ville de Machine, il s’y trouve accusé à tort d’un double
meurtre et prend la fuite, une balle logée près du cœur. Accompagné de
Nobody, un Indien cultivé qui le prend pour le poète anglais William
Blake, il s’engage dans un périple à travers l’Ouest sauvage…
Analyse critique. "Quelques petites années après le chant funèbre orchestré par Clint Eastwood par le biais du magnifique "Unforgiven", Jim Jarmusch donne à son tour sa vision toute personnelle du western, sorte de poème mélancolique hanté par la mort et par William Blake.
Road movie hypnotique et onirique ponctué par les riffs incandescents
de Neil Young, "Dead Man" est un voyage sans retour au pays des esprits
et de l'au-delà, le portrait d'un ouest sauvage gangréné par une
industrialisation galopante et inhumaine, où les fantômes et les
croyances ancestrales n'ont plus leur place, étouffées qu'elles sont par
le rugissement des machines et celui, moins retentissant mais bien plus
vicieux, de la religion unique et du conservatisme.
Dégommant les codes du genre avec une joie non feinte et un humour noir absolument délicieux, Jim Jarmusch accouche de ce qui reste à ce jour son plus beau film, donnant naissance à des images d'une beauté ahurissante, enveloppant le spectateur dans une atmosphère vaporeuse proche du rêve, tout en le réveillant occasionnellement par des éclairs de violence fulgurants.
Porté par un casting prodigieux allant de Johnny Depp en anti-héros romantique à l'extra-terrestre Gary Farmer en passant par de sacrées trognes comme Iggy Pop, Robert Mitchum, John Hurt ou encore Lance Henriksen, "Dead Man" est bien plus que l'énième enterrement du western. C'est la longue marche funèbre d'un homme qui ne se connaitra lui-même que dans la mort, un poète qui signe d'une balle chacun de ses versets écrits dans le sang."
Jim JARMUSH, réalisateur et scénariste américain
Jim Jarmusch s'affirme très tôt comme cinéphile. A 17 ans, il étudie la littérature à l'université de Columbia avant de partir un an à Paris, où il fréquente la Cinémathèque. De retour à New York, il s'essaie à la musique et à la poésie avant de s'inscrire dans la section cinéma.
Jarmusch finance son film de fin d'études, Permanent Vacation, avec l'argent d'une bourse destinée à payer ses frais de scolarité, ce qui lui coûte son diplôme, mais lui vaut d'être remarqué avant de s'atteler à son premier long métrage, Stranger than Paradise (1983), co-financé par Wim Wenders dont il fut l'assistant. Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, ce road-movie contemplatif, tourné en noir et blanc, décroche la Caméra d'Or. Promu nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, il revient sur la Croisette, mais cette fois en compétition, avec Down by Law, ou l'épopée drôle et absurde d'un trio de taulards, formé par deux Américains (Tom Waits et John Lurie) et un Italien (Roberto Benigni).
Ce goût pour la confrontation des cultures se retrouve dans Mystery train (1989), film-puzzle qui croise les destins de marginaux à Memphis. Lui-même fan de rock, le cinéaste signe un documentaire sur une tournée de Neil Young et propose volontiers des rôles à des musiciens comme Iggy Pop ou Tom Waits. Adepte du format court, il réalise en 1991 le film à sketches Night on Earth, qui relate cinq rencontres entre un chauffeur de taxi et un(e) passager(e), dans cinq villes du monde. De même, il tourne une série de courts-métrages intitulés Coffee and cigarettes (qui seront regroupés en 2004) dans lesquels on retrouve son univers décalé et ses comédiens fétiches - l'un de ces films est couronné d'une Palme d'or en 1993.
En 1995, Jim Jarmusch revisite le western avec Dead Man, oeuvre onirique présentée à Cannes, portée par un Johnny Depp à la présence magnétique. Le cinéaste s'amuse ensuite à détourner d'autres codes, ceux du film de samouraï, dans Ghost Dog : la voie du samourai (1999), portrait d'un tueur à gages zen incarné par Forest Whitaker. Quinquagénaire à l'allure d'éternel adolescent, Jim Jarmusch signe en 2005 un road-movie mélancolique Broken flowers, avec Bill Murray dans le rôle d'un Don Juan vieillissant qui part à la recherche de son fils. Plus accessible que ses précédents films, cette comédie récolte le Grand Prix à Cannes.
Quatre ans plus tard, Jarmusch propose une variation énigmatique autour du film noir, The Limits of Control : Tilda Swinton, Bill Murray ou John Hurt se succèdent face au loner Isaach de Bankolé. Du film au noir au film de vampire, il n'y a qu'un pas. Cinq ans après The Limits of Control, Jim Jarmusch réalise, avec de grosses difficultés financières, Only Lovers Left Alive. Il met en scène un couple de vampires, Adam et Eve, à la recherche de sang humain dans les ruelles de Tanger et de Détroit. Sélectionné au Festival de Cannes 2013, cette histoire d'amour non conventionnelle signe le retour de la collaboration entre le réalisateur et sa muse, Tilda Swinton. Le réalisateur retrouve la croisette en 2016 avec Gimme Danger, un documentaire sur les Stooges qui marque les retrouvailles du réalisateur avec le lézard Iggy Pop, et Paterson, film tendre et poétique qui met en scène sept jours de la vie d'Adam Driver et Golshifteh Farahani.
Il réalise en 2019 The dead d'nt die, "une amusante fable à zombies, qui croule sous les références et les stars" (Libération).
Analyse critique. "Quelques petites années après le chant funèbre orchestré par Clint Eastwood par le biais du magnifique "Unforgiven", Jim Jarmusch donne à son tour sa vision toute personnelle du western, sorte de poème mélancolique hanté par la mort et par William Blake.
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Dégommant les codes du genre avec une joie non feinte et un humour noir absolument délicieux, Jim Jarmusch accouche de ce qui reste à ce jour son plus beau film, donnant naissance à des images d'une beauté ahurissante, enveloppant le spectateur dans une atmosphère vaporeuse proche du rêve, tout en le réveillant occasionnellement par des éclairs de violence fulgurants.
Porté par un casting prodigieux allant de Johnny Depp en anti-héros romantique à l'extra-terrestre Gary Farmer en passant par de sacrées trognes comme Iggy Pop, Robert Mitchum, John Hurt ou encore Lance Henriksen, "Dead Man" est bien plus que l'énième enterrement du western. C'est la longue marche funèbre d'un homme qui ne se connaitra lui-même que dans la mort, un poète qui signe d'une balle chacun de ses versets écrits dans le sang."
[Gand-Alf
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Jim Jarmusch s'affirme très tôt comme cinéphile. A 17 ans, il étudie la littérature à l'université de Columbia avant de partir un an à Paris, où il fréquente la Cinémathèque. De retour à New York, il s'essaie à la musique et à la poésie avant de s'inscrire dans la section cinéma.
Jarmusch finance son film de fin d'études, Permanent Vacation, avec l'argent d'une bourse destinée à payer ses frais de scolarité, ce qui lui coûte son diplôme, mais lui vaut d'être remarqué avant de s'atteler à son premier long métrage, Stranger than Paradise (1983), co-financé par Wim Wenders dont il fut l'assistant. Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, ce road-movie contemplatif, tourné en noir et blanc, décroche la Caméra d'Or. Promu nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, il revient sur la Croisette, mais cette fois en compétition, avec Down by Law, ou l'épopée drôle et absurde d'un trio de taulards, formé par deux Américains (Tom Waits et John Lurie) et un Italien (Roberto Benigni).
Ce goût pour la confrontation des cultures se retrouve dans Mystery train (1989), film-puzzle qui croise les destins de marginaux à Memphis. Lui-même fan de rock, le cinéaste signe un documentaire sur une tournée de Neil Young et propose volontiers des rôles à des musiciens comme Iggy Pop ou Tom Waits. Adepte du format court, il réalise en 1991 le film à sketches Night on Earth, qui relate cinq rencontres entre un chauffeur de taxi et un(e) passager(e), dans cinq villes du monde. De même, il tourne une série de courts-métrages intitulés Coffee and cigarettes (qui seront regroupés en 2004) dans lesquels on retrouve son univers décalé et ses comédiens fétiches - l'un de ces films est couronné d'une Palme d'or en 1993.
En 1995, Jim Jarmusch revisite le western avec Dead Man, oeuvre onirique présentée à Cannes, portée par un Johnny Depp à la présence magnétique. Le cinéaste s'amuse ensuite à détourner d'autres codes, ceux du film de samouraï, dans Ghost Dog : la voie du samourai (1999), portrait d'un tueur à gages zen incarné par Forest Whitaker. Quinquagénaire à l'allure d'éternel adolescent, Jim Jarmusch signe en 2005 un road-movie mélancolique Broken flowers, avec Bill Murray dans le rôle d'un Don Juan vieillissant qui part à la recherche de son fils. Plus accessible que ses précédents films, cette comédie récolte le Grand Prix à Cannes.
Quatre ans plus tard, Jarmusch propose une variation énigmatique autour du film noir, The Limits of Control : Tilda Swinton, Bill Murray ou John Hurt se succèdent face au loner Isaach de Bankolé. Du film au noir au film de vampire, il n'y a qu'un pas. Cinq ans après The Limits of Control, Jim Jarmusch réalise, avec de grosses difficultés financières, Only Lovers Left Alive. Il met en scène un couple de vampires, Adam et Eve, à la recherche de sang humain dans les ruelles de Tanger et de Détroit. Sélectionné au Festival de Cannes 2013, cette histoire d'amour non conventionnelle signe le retour de la collaboration entre le réalisateur et sa muse, Tilda Swinton. Le réalisateur retrouve la croisette en 2016 avec Gimme Danger, un documentaire sur les Stooges qui marque les retrouvailles du réalisateur avec le lézard Iggy Pop, et Paterson, film tendre et poétique qui met en scène sept jours de la vie d'Adam Driver et Golshifteh Farahani.
Il réalise en 2019 The dead d'nt die, "une amusante fable à zombies, qui croule sous les références et les stars" (Libération).
[d'après Allo Ciné]












